Par Sandrine Benard  | phenix974@me.com

Expertise linguistique

Créé le dimanche 6 mars 2016  |  Mise à jour le lundi 14 mars 2016

Expertise linguistique

« Dans la vie, on fait ce qu’on peut, pas ce qu’on veut », comme le disait la serveuse automate de l’opéra rock Starmania. Et pourtant, qui n’a jamais rêvé de vivre de sa passion ? De travailler dans le domaine de ses rêves, de faire ce qu’il aime pour de bon ? Les conditions socio-économiques étant ce qu'elles sont, aussi ne faut-il pas s’étonner de devoir souvent changer de domaine, voire de pays, pour enfin s’épanouir professionnellement.

Un des meilleurs moyens d'y arriver est d’approfondir au maximum ses connaissances afin de devenir... un expert.

Persévérance demandée

Devenir expert, pas facile… et surtout très long, car finalement, personne ne peut se targuer d’être un expert ni avoir la prétention de tout connaître. La progression vers l'expertise se fait tout au long de la vie. En dépit d’études poussées, universitaires, approfondies s’il le faut par une maîtrise ou un doctorat, ces études resteront un savoir purement théorique si aucune mise en pratique n'est effectuée. L'expertise comprend études et pratique, l’un ne peut se faire sans l’autre et surtout sans une certaine volonté de toujours vouloir se dépasser et reconnaître qu’on n’est pas omniscient.

Délicat de parler de ce qu’on ne maîtrise pas, aussi me permettrai-je de parler de mon expérience personnelle en ce domaine, en tant que «postulante» experte en langues.

Parcours typique…

Après un Baccalauréat Littéraire, option langues vivantes (anglais, allemand, espagnol), je me suis naturellement dirigée vers des études universitaires littéraires en suivant un DEUG de Lettres Modernes. Lors de ces deux années, j’ai pu découvrir la littérature française, mais aussi la linguistique, la grammaire, la critique, la stylistique et poétique, les techniques d’expression… bref, approfondir au mieux mes connaissances de la langue française sous toutes ses coutures.

Par la suite, je me suis inscrite en Maîtrise de Sciences de l’Éducation, où j’ai donc radicalement choisi de poursuivre la carrière littéraire, mais intensivement axée sur l’aspect pédagogique et didactique de ce domaine. En effet, j’ai pu y découvrir les sciences sociales, la psycho-pédagogie, l’évaluation comparative, l’histoire de l’éducation, les statistiques, les politiques éducatives… sans oublier le fameux mémoire à réaliser et à présenter. Dès lors, le choix de mon mémoire s’est porté sur un aspect linguistique éducatif, mais à l’échelle internationale, ce qui relevait exactement, finalement, de mes principaux attraits en la matière.

Et, en juillet 2003, la bibliothèque de l’université de la Réunion recevait dans ses étagères mon travail de recherche, intitulé : «La correspondance scolaire internationale, objectifs et enjeux». Cependant, j’étais loin de me douter que ce sujet me mènerait si loin, professionnellement et géographiquement parlant, quelques années plus tard.

Expertise pratique

Mon expertise théorique semblait donc faite, à l’époque (en 1998), le titulaire d’une Maîtrise pouvait porter le titre d’ingénieur-maître.

Certes, tout cela est fort satisfaisant, mais dans la pratique, sur le terrain, comment mettre tout cela en application ? À la Réunion, voire en France, les opportunités n'étaient pas légion …. Et voilà que les publicités d’immigration au Québec semblaient offrir un avenir radieux. Le sort en était jeté et l’aventure venait de démarrer.

En arrivant au Québec, j’ai rapidement pu mettre à contribution mes connaissances socio-linguistiques, mais aussi pédagogiques et didactiques. Oui, les études avaient été utiles finalement ! Surtout, j’avais une approche différente de celle de mes collègues en présence et cela marchait bien.

Cependant, bien que je sois professeur de français langue étrangère, je remarquais, honteusement, que j’avais toutefois quelques lacunes en grammaire. Voulant absolument corriger ce manque et surtout, avec l’esprit de toujours aller de l’avant, j’ai donc personnellement tenu à mettre à jour mes connaissances et à devenir incollable sur le sujet. Oui, je pense maîtriser maintenant les finesses de la langue (enfin, j’espère !) et je continue encore ardemment à le faire.

Comment rester toujours un expert au top ? 

Toujours rester au top, être sûr de ne jamais se faire piéger, c’est un peu difficile. Toutefois, on peut essayer de toujours se maintenir à un certain niveau et pour cela, il ne faut pas hésiter à passer de longues heures le nez plongé dans les livres ou les yeux rivés à l’écran de notre ordinateur. En effet, aujourd’hui, avec l’explosion médiatique dans laquelle nous évoluons, impossible de passer à côté des innovations, quelque soit le domaine étudié.

Personnellement, je lis la presse spécialisée (le magazine Le Français dans le Monde), les sites de Français langue étrangère (fle.fr, lepointdufle…), les réseaux sociaux, les pages LinkedIn Alliances Françaises, CIEP, je participe activement aux formations et rencontres offertes aux enseignants (à l’université Laval de Québec, au Bureau des Services Pédagogiques ou au Cégep de Ste-Foy), mais aussi, et plus récemment, je m’inscris et suis assidument les MOOC professionnels linguistiques et littéraires (Enseigner et former avec le numérique en langues ou encore La francophonie, essence culturelle, nécessité politique).

Ces quelques méthodes, aussi variées que diverses du point de vue de leur support (lecture, informatique, rencontres, forums, études…) permettent justement, par cette diversité, de varier le type d’apprentissage et donc, de continuer à susciter l’intérêt de la découverte continue.

Finalement…

Aujourd’hui, plus de dix ans après avoir quitté les bancs de la fac, je me rends compte que si je n’avais pas quitté la Réunion après mes études pour venir au Canada, je n’aurais sans doute jamais connu cette carrière professionnelle.

Je pense pouvoir dire que maintenant, je suis une experte dans mon domaine et que surtout, je tends à le rester, c’est pourquoi j’estime qu’il ne faut jamais affirmer tout connaître, mais rester humble en se disant que bien qu’on en sache beaucoup, on n’a pas la science infuse. On apprend tous les jours, partout et par tous. Il ne faut jamais craindre de dire « je ne sais pas », mais bien « j’aimerais le savoir ».

On ne naît pas expert, on le devient, et surtout, on le cultive…

Illustrations : snapgalleria et  liravega - Shutterstock

RÉFÉRENCES

FLE.FR
Français dans le monde
Le point du FLE
Alliances Françaises
CIEP
Université Laval
Cégep Ste-Foy
MOOC Enseigner et former avec le numérique en langues
MOOC La Francophonie, essence culturelle, nécessité politique

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