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Bamako 2000 invite les chefs d’État africains à instaurer une politique nationale de la FAD. -

Par Louis-Martin Essono , le 27 février 2000 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Pendant cinq jours, l’atelier 7 de cette conférence sur l’éducation, consacré à la recherche et à la formation, a réfléchi sur l’utilisation des TIC. Ses conclusions sont audacieuses et concrètes.

Une rencontre internationale idéale

La récente conférence internationale de Bamako semble avoir tenu toutes ses promesses. Elle avait pour thème :

Internet : les passerelles du développement.

Le Palais des Congrès, qui devait initialement accueillir 600 personnes, en a reçu plus de 1 500. Les participants, exposants, journalistes, chercheurs et enseignants ont animé les cinq jours de la rencontre; les trois premières journées ont été exclusivement réservées aux travaux en ateliers.

Chacun des dix ateliers a abordé un thème en rapport avec le développement et l’utilisation d’Internet en Afrique. Des discussions pratiques, des expériences ou des projets en cours en Afrique, confrontés au savoir-faire du Nord ou aux propositions d’aide ont ainsi contribué à particulariser la rencontre de Bamako 2000. Chaque acteur a exprimé ses inquiétudes ou ses espoirs en échangeant avec les concepteurs, les chercheurs ou avec les utilisateurs des TIC dans des domaines précis. À en croire la plupart des participants et des organisateurs, la satisfaction, à la fin des travaux, a été totale.

Une demande de reconnaissance de la formation à distance

L’atelier 7 s’est particulièrement penché sur la recherche et la formation. Plusieurs communications ont été présentées : pour offrir, par les TIC, la formation dans les établissements universitaires du Sud; pour participer localement à cette formation grâce à l’extension de l’expertise locale dans le domaine des TIC et du multimédia; pour partager des expériences réalisées dans les villages, les villes et dans les quartiers en vue d’améliorer, grâce aux TIC, la vie des habitants.

À la fin de la réflexion, les participants de l’atelier sur l’utilisation des technologies de l’information dans les domaines de l’éducation, la formation et la recherche scientifique ont dressé une série de recommandations portant, notamment, sur la diminution des coûts de téléphone et d’accès à Internet, comme cela s’est récemment passé en Tunisie, au Maroc ou au Sénégal. Ils se sont aussi engagés à poursuivre le travail commencé et ont enfin invité les chefs d’État à entreprendre des actions concrètes pour réveiller l’Afrique de son long sommeil.

Recommandations

  • Encourager les initiatives utilisant les technologies de l’information et de la communication en général, et le multimédia en particulier, en vue de l’accès à l’information au plus grand nombre dans les langues locales et de contribuer ainsi à la réduction de l’analphabétisme.
  • Prendre en compte la spécificité du secteur de l’éducation, de la formation et de la recherche dans les politiques d’incitation à l’accès aux technologies de l’information et de la communication. Favoriser la coopération et la mutualisation des ressources dans l’approche et la définition des politiques éducatives des masses, de la formation permanente et professionnelle.
  • Tenir compte de la demande accrue concernant les filières nouvelles de formation dans les domaines du multimédia et des technologies de l’information et de la communication.

Invitation aux États

  • Définir et adopter une politique nationale cohérente, hardie et fédératrice pour une intégration optimale des TIC pour le développement économique et social.
  • Élaborer des plans d’action conséquents de formation à distance intégrant les technologies de l’information et la communication.
  • Soutenir le processus en cours par la suppression des taxes et autres prélèvements indirects par le biais d’un moratoire de cinq ans. Appuyer et encourager toute initiative de création d’entreprises fournissant des produits et des services dans les secteurs de l’informatique des télécommunications. Encourager la formation à l’entreprenariat pour la création d’entreprises spécialisées dans les TIC, secteur à la plus forte croissance économique et grand pourvoyeur d’emploi.

Demande aux partenaires du développement

  • Soutenir en priorité les projets de développement des infrastructures, de production de contenus et de formation, en particulier celle des jeunes et des femmes.

Engagements des participants de l’atelier formation et recherche

  • Promouvoir l’utilisation des logiciels libres de droit pour la formation et l’enseignement, l’exploitation courante et les développements nouveaux.
  • Inventorier et valoriser la production scientifique de nos établissements de recherche en vue de leur numérisation et de leur diffusion par le biais des technologies de l’information et de la communication.
  • Densifier et élargir les réseaux d’enseignants et de chercheurs aux niveaux régional et inter-africain pour une meilleure insertion dans les réseaux d’échanges internationaux.

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