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J'expérimente un robot de téléprésence et j'aime ça !

Expérimentation robot de téléprésence

Par Denis Cristol , le 13 novembre 2017 | Dernière mise à jour de l'article le 14 décembre 2017

Contexte

Christophe Batier m'a initié au robot de téléprésence (merci Christophe) et la première fois ce fut avec un collègue malade.

Je me souviens encore l'émotion dans la salle de formation de revoir ce collègue absent depuis plusieurs semaines et la façon dont, en quelques minutes, ce n'était plus au visage du collègue dans l'écran du robot mais véritablement au collègue que chacun s'adressait.

Les déplacements des dirigeants, conférenciers ou participants aux groupes de travail consomment beaucoup de temps et d’argent (par ex : 8 heures d’avion et 900 euros pour un aller-retour Fort de France – Paris). L’hypothèse d’une participation à distance est posée pour économiser de l’énergie et améliorer l'empreinte carbone des sociétés et augmenter les moyens d’interaction à distance, d’une variété d’acteurs.

Présentation du matériel

Il existe de nombreuses solutions de robots de téléprésence, cependant, cet article s'appuie sur une expérience réalisée avec le robot Beam.

La société Awabot[1] commercialise des robots de téléprésence. Le modèle prêté ci était un Beam. Il coûte aux alentours de 5 000 euros et pèse 45 kilos. Il comprend une caméra de navigation qui vise le sol et une caméra à hauteur de visage pour interagir, un microphone et un haut-parleur. Il est dirigé à distance à l’aide d’un logiciel téléchargeable sur un téléphone portable ou une tablette. Il dispose d’un bac de rechargement au sol pour se recharger en électricité. Le robot est pilotable à distance grâce à une clé 3G qui lui permet de recevoir des signaux en wifi. Les manœuvres de rangement en proximité du robot sont pilotées automatiquement lorsque le robot est à 20 centimètres de son bac de rangement. Cette opération est donc extrêmement simple.

Test réalisé lors d’un séminaire

La mise en place et la compréhension du fonctionnement du robot a pris une journée à l’équipe technique : connexion au wifi, ouverture des ports de navigation et contrôle de la sécurité interne à l’organisation. L’installation sur une tablette et un téléphone portable du logiciel de navigation BEAM téléchargeable sur Apple Store ou Google Store est très simple et rapide. La webcam de la tablette utilisée pour piloter le robot capte le visage du pilote et donne une « personnalité » au robot.

Au travers des gens et de l'activité

Dans un contexte d’occupation dense d'un laboratoire d’apprentissage de 250 métres carrés (plus de 90 participants, sièges et tables), le robot se déplace avec beaucoup d’aisance. La vision et le son sont excellents pour des interactions en petit groupe.

il est plus difficile d’avoir une vision nette d’un écran ou de capter un QRCode. Un exercice utilisant le collecticiel Yellow a été réalisable. L’envoi de post-it numérique via Yellow a été rendu possible par une connexion directe sur le logiciel à partir d’un hyper lien. Il faut alors disposer d’un moniteur (tablette ou téléphone portable) pour se déplacer et d’un ordinateur pour se connecter à un logiciel d’écriture collaborative ou un collecticiel de travail en groupe et  interagir avec le groupe.

L’acceptabilité sociale du robot a été bonne. Les émotions ont été perceptibles de part et d’autre des écrans. La distraction des participants à l’occasion de leur programme de travail a été mineure et les déplacements fluides ont permis de ne pas gêner le travail en sous-groupes. Une participante a été surprise par l’arrivée silencieuse du robot, une autre aurait aimé un réglage plus bas de l’écran pour que le visage du pilote du robot soit à la hauteur de la table de travail.

Un déplacement par une porte comprenant une petite marche n’a pas été possible et le robot a dû faire marche arrière. Le déplacement du robot dans un laboratoire d’apprentissage a été excellent malgré l’affluence, (plus de 90 personnes dans 250 m carrés), la connexion wifi a été plus fragile pour accéder à une cafétéria attenante. Cependant les échanges informels dans cet espace cafétéria ont été excellents et ont montré le potentiel de la télé-présence y compris lors de temps de pause.

Perspectives

À voir l'exemple japonais, les robots de télé-présence vont probablement se multiplier pour faciliter l’accès à la formation. Ils le feront d’autant plus que les espaces de formation et les approches associées en grands groupes se font plus fréquents. Les robots de téléprésence vont permettre de rendre plus facile les accès aux participants ou conférenciers empêchés par la maladie, la distance ou tous autres motifs qui empêchent de partager un temps présentiel.

La facilité avec laquelle cette modalité a été accepté dans un groupe de dirigeants laisse entrevoir de bonnes perspectives pour multiplier ce type d'expérience en formation. Par ailleurs si les robots viennent compléter les interactions des formateurs ils ne les remplaceront jamais. Il s'agit bien de compléter et d'enrichir les pratiques et non de les substituer.

Sources :

Christophe Batier (vidéo de 9 minutes) - https://www.youtube.com/watch?v=8XXTJERPsAo
 
Thot Cursus Edu- Cristol Denis - La leçon japonaise d'apprenance - http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/28819/lecon-japonaise-matiere-apprenance
 
 
 

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