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Esclavage et traite négrière : le souvenir de Bordeaux

Par Louis-Martin Essono , le 08 juin 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 30 mars 2013

Peut-on imaginer la charge historique que porte la cité portuaire de Bordeaux, aujourd’hui ouverte à toutes les races ! Bordeaux entretient avec l’Afrique des relations d’un grand amour qu’il convient d’actualiser. Bordeaux a accueilli, des années durant, des générations d’intellectuels africains. Coïncidence (!?) l’Afrique noire francophone dépendait de l’Académie de Bordeaux.

En 2005, à travers la Région d’Aquitaine et le Conseil de la Gironde, Bordeaux, le port négrier du 18ème siècle, va célébrer le 8ème mémorial de la traite des Noirs. Et, sutout, rompre l’amnésie où elle semblait s’être réfugiée. Si, en 2001, le parlement français a décidé que la traite des Noirs était un crime contre l’humanité, rien, à Bordeaux, ne rappelait fortement cette douloureuse histoire dans sa région. Ni rue, ni monument, ni stèle, ni stade, ni école.

Dans sa plaquette très didactique et abondamment conative, le site Diverscités.eu (qui n'est plus en ligne) distingue entre esclavage et traite des Noirs. Mais, surtout, on montre la nécessité de la ville à rétablir son rôle dans ces tristes événements. Les Antilles et l’Afrique ont besoin du souvenir bordelais pour renforcer l’intimité profonde qui les lie à jamais.

Diverscités.eu apporte, au plan didactique, des informations simples et claires. Dures et vraies. Cruelles et irésistibles pour informer le public et montrer aux élève la réalité historique des faits souvent confondus.

D’une utilisation très difficile, ce site hyper-lent comporte quatre rubriques relatives à la présentation du projet de ce mémorial, à la distinction entre l’esclavage et la traite, au rôle complexe de Bordeaux à travers des études de haut niveau.

La partie didactique achève cette présentation et explique le processus du commerce triangulaire, d’autre part, donne des voies pour parvenir, par l’histoire, à la compréhension de l’événement pour une construction future, enfin, analyse les conséquences de cette histoire dans le monde comtemporain pour dénoncer toutes formes actuelles et universelles de traite.

La semaine se déroule jusqu’au 17 juin 2005, et comporte des débats et un colloque. La sensibilisation de cet événement paraît inexistante, même et surtout du point de vue didactique, les programmes d’histoire comportant l’esclavage et la traite. Cet événement demeure inconnu en Afrique, pourvoyeur obligé d’esclaves qui ont fait escale à Bordeaux.

L’histoire de la traite est abordée dans les programmes scolaires africains de manière rapide. Occasion est offerte ici pour expliquer aux Africains les raisons de l’esclavage et de la traite. Surtout que, maintenant, chaque afro-noir-américain entreprend la marche inverse pour retrouver ses racines.

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