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Génération M : la saturation médiatique face à la pédagogie traditionnelle. Changement de paradigme*

Par Denys Lamontagne , le 22 novembre 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Un intéressant rapport « Génération M: Media in the Lives of 8-18 Year-olds» nous apprend que les jeunes américains passent en moyenne 6 h 21 par jour avec les médias. 44 heures par semaine ! Mieux encore, 25% du temps ils en utilisent plusieurs: Télé+Internet, Internet + musique, téléphone + Internet + Télé, radio + jeu vidéo, etc, sans compter plusieurs modes dans le même appareil : vidéos, images, sons, chat, interactivité, messages, etc.

Loin de s’arrêter à la maison, on retrouve ces jeunes manipulant des lecteurs DVD dans les voitures, des téléphones cellulaires-télé, des mémoires musicales, des radio satellite-cartes-agendas, des consoles de jeu-vidéo-chat et le multimédiateur iPod et ses variantes, tout en continuant leurs activités : marche, transport, lecture, rédaction, sport ou même conversation ...

Et soudainement, vous regroupez 20 à 30 de ces multicasteurs dans un local, vous les privez de toute connexion et installez devant eux un animateur enthousiaste avec un livre et une craie ou quelque chose s’en approchant. L’expérience est intéressante.

Saturation médiatique positive

La saturation médiatique et l’attention multiple modulent une forme d’apprentissage jamais rencontrée avant. Ce fonctionnement, pour plus de 40 heures par semaine, est beaucoup plus réel, fréquent et intéressant pour les jeunes que ne l’est l’expérience scolaire habituelle.

La saturation médiatique va de pair avec la répétition à volonté

; en d’autres termes si une partie de ce qui se passe requiert moins d’attention ou perd de sa pertinence, votre attention peut se porter sur autre chose de plus intéressant ou prioritaire. Ainsi, au bout du compte, ce qui globalement se passe autour de vous demeure intéressant même si des parties ne le sont pas. Si vous en manquez une partie, vous pouvez la recommencer ou la répéter, la regarder sous un autre point de vue, partager vos impressions avec d’autres, la modifier, l’intégrer, etc., sans par ailleurs qu’il y ait préjudice pour qui que ce soit. Comme d’écrire des commentaires dans un livre, sans que l’écriture apparaisse pour le suivant.

La formation à distance peut s’accommoder assez bien de cette nouvelle approche. À part le conservatisme de l’école et d’une partie de ses acteurs, je ne vois pas pourquoi l’école ne s’en accommoderait pas non plus. Avec les ressources des élèves déjà disponibles, même sans technologies propres à l’école, le fonctionnement d’une classe peut favoriser plus d’interactions et de participation, quitte à laisser la médiatisation des résultats à l’extérieur.

Ce qui est sûr c’est que si l’école ne s’y met pas plutôt rapidement, la formation à distance, en ligne et en réseau aura le champ libre pour prospérer : favorite, répétable, intégrable, partageable, utilisable, accessible et disponible à volonté.

« Generation M: Media in the Lives of 8-18 Year-olds», Sommaire des points-clés. Document .pdf.

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