Articles

Au Cameroun, le Président de la République introduit Internet dans les lycées-

Par Louis-Martin Essono , le 01 novembre 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le booom de l’e-éducation

À la faveur du sommet des Chefs d’État tenu à Yaoundé à la mi-janvier 2001, les résolutions prises portant sur la mondialisation et l’évolution des TIC ont commencé à se concrétiser. Le Président camerounais a décidé, le 10 février dernier, de faire introduire dans les programmes scolaires, l’informatique et l’initiation à l’Internet, pour

précéder le mouvement de la globalisation

et ne pas être

victime de la marginalisation

malgré les

insuffisances des télécommunications et les coûts énormes des matériels.

Depuis plusieurs jours, en effet, le vent des TIC souffle fort sur le Cameroun. Un vaste forum, y@ounde.net-com, annoncé il y a juste un an par le Président Biya, vient d’ouvrir ses portes.

Ce salon sur les nouvelles technologies va permettre de faire l’état des lieux dans ce secteur et, surtout, d’exposer les nouvelles applications et les découvertes sur le multimédia ou sur l’Internet. Plusieurs conférences et débats sont animés et parrainés par des partenaires comme Radio-France International (RFI) ou encore CFI-TV.

Le plus important semble être la synergie cohérente qui habite le Gouvernement camerounais : celui-ci accorde la plus grande part de son budget à l’Éducation nationale, soit 167 milliards de francs CFA. Le Président entend donc voir ce budget rationnellement utilisé pour la formation et l’initiation de la jeunesse à l’éducation, à l’instruction et à l’insertion dans la mondialisation.

Des attentes encore nombreuses

Dans sa livraison du 6 février,

l’Action

, journal du parti au pouvoir, regrettait l’absence criante de l’informatique dans les lycées publics du Cameroun. Même l’École normale supérieure de Yaoundé, qui forme les futurs enseignants, n’abrite plus aucun poste informatique, encore moins une connexion Internet pour l’initiation aux TICE. Les élèves-professeurs se plaignent de cette carence et s’inquiètent de leur avenir professionnel.

L’annonce du Président vient apaiser toutes ces inquiétudes puisque les institutions et l’ensemble des départements ministériels s’occupent désormais à se connecter. Le ministère de l’Enseignement a engagé une démarche prospective en direction du Canada pour la rénovation du futur Centre Universitaire des nouvelles technologies de Yaoundé et pour l’interconnexion des six universités d’État. Il vient également de produire un CD-ROM sur les actions gouvernementales concernant le sida, l’éducation civique et les droits de l’homme. L’ École Polytechnique de Yaoundé a déjà de nombreux cours en ligne.

Pour éviter la précipitation, une étude est en cours pour la mise en route définitive d’une politique nationale de formation à distance qui s’accompagne d’une logistique conséquente relative à ce dispositif de formation. L’annonce de la

défiscalisation

des produits informatiques ne signifie pas seulement la vente, à très bas prix, des ordinateurs, ce qui profiterait encore aux producteurs du Nord. Elle ne doit pas servir seulement à l’e-commerce en voie d’expansion. Elle devra impliquer, outre le développement de la télé-médecine, la baisse des coûts de téléphone, des connexions Internet, voire leur gratuité pour les personnels éducatifs.

L’implantation des points Internet dans les lycées provinciaux est une bonne initiative qui réduira la marginalisation numérique à l’intérieur du pays. C’est une manifestation concrète des promesses faites par le Cameroun aux Institutions financières internationales : on se rappellera qu’elles avaient exigé, pour participer à la réduction de la pauvreté, que soient privilégiés les secteurs sociaux comme l’éducation et la santé.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur