Par Christine Vaufrey  | redaction@cursus.edu

Blended learning : du mélange des ingrédients naît la formation réussie

Créé le lundi 19 septembre 2011  |  Mise à jour le samedi 6 octobre 2012

Recommander cette page à un(e) ami(e)

Blended learning : du mélange des ingrédients naît la formation réussie

Dans le monde professionnel, le blended learning (formation hybride, composée d'une part de séquences d'apprentissage en ligne et d'autre part de séquences de formation en présence) est en train de rattrapper l'e-learning pur et de se faire une place significative à côté de la formation tout en présentiel, qui conserve les faveurs d'un grand nombre de travailleurs.

Mais les animateurs du blog d'Obifive, cabinet "de conseil, assessment, formation et coaching 
centrée sur l'accompagnement des transformations", mettent en garde les prestataires de formation aussi bien que ceux qui achètent les produits de ces derniers : le blended learning n'est efficace que si l'on considère ses deux composantes essentielles comme étroitement imbriquées et d'égale valeur dans un dispositif unique.

Cela semble évident, mais dans la réalité que voit-on en matière de blended learning ? Des contenus théoriques en ligne, à peine médiatisés, ne sollicitant pas l'apprenant (faible interaction); des activités en présence, sollicitant fortement l'apprenant, étroitement reliées à l'environnement et à l'expérience professionnelle.

Et entre les deux... pas grand chose. 

Améliorer les contenus en ligne, y intégrer des activités et de l'interaction

 

Les auteurs du billet intitulé La réussite du blended learning préconisent donc d'améliorer l'articulation entre les deux catégories de séquences de formation, de manière à ce que les apprenants aient la certitude d'être dans un dispositif unique et tirant le meilleur profit des différentes modalités de formation.

Cet effort de cohérence passe notamment par l'amélioration des contenus distribués à distance, en faisant plus largement appel à l'interaction (entre les apprenants, entre les apprenants et le formateur ou le tuteur), en présentant des situations inspirées de la réalité professionnelle et pas seulement de la théorie abstraite. 

La responsabilité du formateur en présence

 

Le formateur en présence a aussi sa part de responsabilité dans la faible valeur perçue des contenus en ligne. Ceux-ci ne doivent pas être présentés comme des compléments au présentiel, mais comme des parties incontournables d'une expérience globale de formation. 

Si les auteurs du billet appellent à "une modification substantielle des techniques de conception et d'animation de la formation", ils se gardent bien d'en donner des exemples concrets pour aider leurs lecteurs à mesurer l'ampleur du changement... Ce qui est bien légitime, compte-tenu du fait qu'ils espèrent sans doute vendre de la formation et du conseil à ces derniers.

Allons donc plus loin qu'eux, et suggérons quelques principes et activités qui témoigneront de la volonté du formateur en présence d'exploiter au mieux les deux modalités de distribution de la formation dans un dispositif hybride :

- En début de formation, présenter le dispositif global, accorder aux apprenants un temps de familiarisation avec le matériel de formation en ligne;

- Intégrer aux contenus en ligne des activités dont les apprenants devront présenter les résultats lors des journées de formation en présence;

- Lorsqu'une journée de formation en présence suit une séquence en ligne, organiser en début de matinée une "revue d'apprentissage" sous forme de jeu, dans lequel les apprenants devront rendre compte de leurs apprentissages / activités en ligne;

- Penser également à faire réaliser en groupe des synthèses des apprentissages en ligne, par exemple sous forme de carte mentale, et faire déposer les travaux sur le site de formation à distance;

- Toujours en présence, faire réaliser des activités, des études de cas... en veillant à ce qu'une partie au moins des informations nécessaires se trouve dans le contenu vu précédemment en ligne;

- Pendant les journées en présence, consacrer quelques séquences à des activités en ligne, réalisées en présence du formateur;

- Plus que tout, le formateur se doit d'être cohérent dans ses approches : si l'on privilégie l'appel à l'expérience et la résolution de problème en présence, il ne faut pas à distance retomber brutalement dans une séquence de formation abstraite cantonnant l'apprenant dans un rôle passif qui freine les apprentissages ! 

Ne considérons pas les séquences de formation en présence et à distance comme deux ingrédients aussi peu miscibles que l'eau et l'huile. Préférons y voir plutôt le pain et le beurre, le café et l'eau bouillante, la fraise et la crème... qui donnent le meilleur d'eux-mêmes lorsqu'ils sont réunis. 

Peut-être connaissez-vous des dispositifs hybrides de formation réussis. N'hésitez pas à les mentionner en commentaire à cet article, en soulignant les éléments essentiels de leur succès. 

La réussite du blended learning. Le blog d'Obifive, 18 juillet 2011.

Illustration : Calgary reviews, Flickr, licence CC - BY - 2.0

 

Poster un commentaire

Commentaires

0 commentaire