Par Alexandre Roberge  | a.roberge@cursus.edu

Un safari photo pour repérer les plantes sauvages en ville

Créé le dimanche 24 juin 2012  |  Mise à jour le lundi 25 juin 2012

Un safari photo pour repérer les plantes sauvages en ville

La nature a horreur du vide. Et même lorsque l'environnement semble entièrement investi par les traces des activités humaines, elle parvient à se frayer un petit chemin pour se rappeler à nous. c'est ainsi qu'on voit des plantes investir le moindre terrain vague, quelques jours seulement après une démolition. Sasn même parler des herbes qui parviennent à crever le bitume, ou des arbres dont les racines s'aggrippent entre les pierres des vieux murs.

En plus de nous rappeler la durée somme toute limitée de nos efforts d'urbanisation, cette présence naturelle joue un rôle important en termes d'assainissement de l'air, de dépollution des sols et de préservation de la biodiversité.

Le Muséum national d'Histoire naturelle de Paris et Tela Botanica proposent aux résidents de France, particulièrement pendant la belle saison, de recenser les plantes urbaines sauvages. L'objectif est de créer un observatoire de cette forme naturelle particulière. Le projet Sauvages de ma rue, expérimenté à Paris lors de l'été 2011, est maintenant étendu à toutes les villes de l'Hexagone.

Nul besoin d'être un botaniste confirmé pour participer. Il suffit de choisir un quartier de la ville, d'imprimer la fiche de terrain correspondante, d'observer, de photographier et d'identifier les plantes pour finalement envoyer les données à Tela Botanica qui inventoriera le tout. Mais comment reconnaître les espèces quand on n'a pas les connaissances en la matière? Ceux qui désirent les identifier directement sur le terrain pourront se procurer le guide Sauvages de ma rue qui sera mis en vente à la fin de juin 2012. Quant aux autres, ils pourront se fier au site Internet qui comprend une section très complète sur l'identification des plantes.

Si un tel projet peut être un formidable passe-temps pour les petits et les grands au cours des vacances d'été, il y a derrière celui-ci une étude scientifique rigoureuse. En effet, ce recensement permettra aux botanistes de comprendre, par exemple :

  • Comment sont réparties les espèces dans une ville en particulier et sur l'ensemble du territoire national;
  • L'impact de l'aménagement et des modes d'intervention des services municipaux sur les plantes sauvages; 
  • Les conditions favorables à une riche biodiversité naturelles; 
  • Les différences de végétalisation entre les quartiers, selon leurs caractéristiques propres (aménagements, densité de la population, voies de communication, etc.).

 

Cette expérience est également intéressante au niveau sociologique. Elle fournira de précieuses informations sur notre perception de cette flore sauvage urbaine et permettra d'élaborer des stratégies de protection ayant quelques chances d'être appliquées par les services municipaux et les particuliers. 

Alors, cet été, les Français sont conviés à consacrer quelques heures de leurs congés pour dénicher fleurs et végétaux poussant dans le béton et l'asphalte de leur quartier. Cela fournira un passe-temps original à ceux qui doivent rester en ville, tout en aidant la communauté scientifique française à analyser la présence de ces plantes qui survivent dans les villes sans l'intervention humaine.

Sauvages de ma rue

Crédit photo: Cranky Old Mission Guy via photo pin cc

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Commentaires

2 commentaires

Icône - Visage inconnu
  • Noname
  • 25 juin 2012 à 10 h 10

Sosie de Mission Printemps ?

Ce projet ressemble beaucoup à celui de Mission Printemps (ou Mission Printemps ressemble beaucoup à ce projet). J'espère qu'ils mettent leur résultat en commun du coup :) 

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Icône - isagr
  • isabelle gruet
  • 26 juin 2012 à 08 h 08

Re : projets sosies

Bonjour

Effectivement de loin ces 2 projets se ressemblent en tant que projet de sciences participatives  : ce sont les citoyens qui participent aux observations (voir article Les bénévoles de la science). Mais la nature c'est tellement vaste qu'il y a un bon nombre d'observations différentes à faire sur les plantes et les animaux, Misssion printemps en proposent d'ailleurs plusieurs. Sauvages de ma rue, projet spécifique à la flore urbaine date de l'été 2011 et Missions Printems a été mis en place au printemps 2012, le projet bénéficie d'applications mobiles, ce qui rend aussi la participation plus aisée sur le terrain. Comme ces 2 projets ont des partenaires communs, il est effectivement possible qu'ils mettent en commun certaines observations, en tout cas c'est assez souhaitable.

Cordialement

Isabelle

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