Par Denys Lamontagne  | direction@cursus.edu

Se rappeler à la mémoire, le contraire de se faire oublier, même mort.

Créé le mardi 17 juin 2014  |  Mise à jour le mardi 17 juin 2014

Ils sont partis

Ceux qui sont actifs dans Internet n’ont aucun souci à se faire, Internet se rappellera d’eux bien après leur mort. Encore plus s’ils figurent dans Wikipédia, qui est presque la consécration officielle de l’éclat des réalisations, positives ou non, de nos contemporains ou de ceux qui nous ont précédé.

Si certains essaient de faire oublier leurs frasques ou leurs déboires (services de gestion de la e-réputation), d’autres au contraire paient pour faire mousser leurs histoires, les relationnistes réseaux et autres «community manager» pullulent.  Mais quand on est mort, qui s’occupe de nous débrancher du réseau actif et de nous faire migrer vers le mausolée du web ?

Des services de mise en valeur

On trouve des dizaines de cimetières virtuels dont, curieusement, plusieurs pour les animaux. La plupart offrent des accès aux survivants pour déposer leurs souvenirs en une forme de e-thérapie et de cérémonie virtuelle pour les proches et amis.  Déjà que l’on peut écrire ses bons mots en ligne avec les services virtuels offerts par des salons funéraires, l’effet est rassurant pour les survivants de lire tous ces témoignages de la part d’amis inconnus de la famille ou de parents éloignés presque oubliés. Mais le suivi n'est pas assuré, une fois le deuil terminé, on efface tout et on passe au suivant.

Du coté «effacement», la tâche est plus rude. On coupe le téléphone, les abonnements, mais les rappels automatiques continuent d’affluer. On à beau couper tous les comptes de courriel, les pages Facebook et les blogues continuent d’exister et le défunt est parti avec ses codes… À chaque fois que l’on googlise le nom du disparu, ce sont des dizaines ou des milliers de références qui paraissent et qui sont souvent associés aux noms des survivants.

Et si nos proches ne sont pas «technos», ce qui est souvent le cas des conjoints agés survivants, le cimetière virtuel sera plutôt triste et l’activité du disparu paraîtra négligée plutôt que gérée.

De nouveaux services à venir aux morts

En regardant au niveau de l’assurance obsèques, on constate que si les services assurés sont variés et complets du coté traditionnel, on est frappé par l’absence de toute référence au monde virtuel, là où pourtant migre la gestion du souvenir. 

Quand nous verrons des services de gestion du souvenir virtuel ajoutés à ces contrats, nous saurons que le monde virtuel est arrivé à maturité. Et il y en aura, ce sont des Giga et des Terabits qui s’accumulent pour chaque personne moindrement active dans Internet. On pourra faire des biographies en ligne pour chacun ou au contraire travailler avec acharnement à faire disparaître toute référence à un paria ou un honni. 

Les notaires prévoiront les dispositions testamentaires quant à la mémoire virtuelle. Les avocats se disputeront les droits, les petits enfants feront des travaux scolaires à partir des souvenirs familiaux de leurs grands-parents et arrièes grand-parents...

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