Par Alexandre Roberge  | a.roberge@cursus.edu

Susciter l'esprit d'équipe avec le jeu

Créé le dimanche 19 octobre 2014  |  Mise à jour le mercredi 19 novembre 2014

Susciter l'esprit d'équipe avec le jeu

La place du jeu grandit en milieu de travail. Et non, ce n'est pas seulement parce que la génération « Super Mario Bros » y est de plus en plus présente. De nombreux gestionnaires d'entreprise voient le jeu comme un allié dans les milieux de travail. Quitte parfois à commettre des fautes ou simplement gamifier une tâche ennuyeuse sans jamais se préoccuper d'améliorer celle-ci.

Toutefois, les responsables d'entreprises semblent oublier que le jeu peut servir la cohésion sociale. Il suffit de voir le succès des jeux massivement multijoueurs ou des jeux de société pour comprendre que le fait de jouer peut radicalement rapprocher des inconnus, les aider à former des alliances pour atteindre un but commun. Un effet non négligeable dans un milieu de travail...

Du jeu dans toutes sortes de contexte

Le jeu, comme le rappelle le blogue « Life is a serious game », offre de multiples possibilités. Il peut s'avérer utile pour la formation d'un groupe de travailleurs, exercice délicat s'il en est. Quels liens se formeront? Qui fera quoi ? Les membres seront-ils capables de travailler ensemble et d'atteindre les objectifs ? Les jeux "brise-glace" peuvent alors aider les collègues à faire connaissance et installer une ambiance conviviale. Quant aux animateurs, ils peuvent voir ce qui fonctionne ou pas dans un collectif. Généralement, ces jeux, qu'ils consistent à construire des ponts en papier ou des tours avec des spaghettis et des guimauves, sont très révélateurs des personnalités et permettent, lors de débriefings, de mieux comprendre comment naît la synergie dans un groupe. Aujourd'hui, on pourrait utiliser avec les mêmes objectifs des jeux vidéo comme Minecraft, par exemple, en demandant à des groupes de bâtir des structures dans un temps imparti et analyser ensuite le travail collaboratif.

Les séances de remue-méninges peuvent aussi bénéficier du jeu. Par exemple, la Brainstorming Box commercialisée en France est une véritable boîte de jeux permettant d'améliorer cet exercice créatif qui, parfois, n'apporte pas autant qu'il le devrait. La boîte fournit, entre autres, des cartes d'échauffement avant la séance. Comme avant une séance de jogging, il faut dérouiller ses neurones pour stimuler l'inspiration. Il sera donc demandé aux participants de se présenter et de répondre à une question choisie aléatoirement. Il y aura aussi des cartons suggérant des exercices de créativité comme, par exemple, de réfléchir à la problématique en se mettant dans la peau d'un grand personnage : quelles solutions apporterait Napoléon (par exemple) dans un tel contexte?

Et puis, le jeu peut servir à prioriser des problématiques ou obtenir un consensus. « Life is a serious game » propose d'ailleurs à cet effet un jeu de poker que l'on peut imprimer. Il est composé de cartes avec des numéros et des icônes. L'animateur de la réunion posera une question au groupe et les membres placeront une carte sur la table pour donner leur avis. Exemple : La question est « Doit-on prioriser ce type de marché? ». En supposant que la valeur la plus haute est 100 (absolument prioritaire), le « meneur de jeu » donne la parole à ceux qui ont noté le plus fortement et le plus faiblement la proposition et les invite à défendre leur opinion. Après les argumentaires, tout le monde vote à nouveau et on reprend le même exercice jusqu'à ce qu'il y ait un consensus de note. Certaines cartes permettent aussi aux participants de poser des questions ouvertes auxquelles tous peuvent répondre, de demander que tous prennent une pause, etc.

Jouer en milieu de travail ne peut donc être considéré uniquement comme une carotte tendue aux employés pour les motiver à travailler. Cela peut être une façon de développer un esprit d'équipe et de collaboration au sein même d'une entreprise. Et, fait d'autant plus intéressant, ces jeux ne s'appliquent pas exclusivement au milieu professionnel. Ils peuvent favoriser la composition de groupes de travail en classe, dans des organismes à but non lucratif, dans des formations à distance, etc. Tous ont donc fortement intérêt à considérer le jeu comme un instrument de cohésion sociale.

Illustration : Monkik, shutterstock

Références :

LIFE IS A SERIOUS GAME. "Et si le jeu en entreprise, c'était la meilleure façon de travailler." Dernière mise à jour : 15 juin 2014. http://www.lifeisaseriousgame.com/jeu-entreprise-meilleure-facon-de-travailler/.

LIFE IS A SERIOUS GAME. "Les icebreakers : 8 jeux pour faire passer des messages (épisode 3)." Dernière mise à jour : 11 novembre 2013. http://www.lifeisaseriousgame.com/icebreakers-jeux-demarrer-reunion-faire-passer-messages/.

Roberge, Alexandre. "Faire du travail un jeu ? Attention aux pièges!" Thot Cursus. Dernière mise à jour : 16 juin 2014. http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/22218/faire-travail-jeu-attention-aux-pieges/#.VEAl51cwJlc.

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