Par Julie Trevily  | j.trevily@cursus.edu

La facilitation graphique au service de l'apprentissage

Créé le lundi 23 février 2015  |  Mise à jour le mercredi 25 mars 2015

La facilitation graphique au service de l'apprentissage Carte mentale des règles de politesse par Pierre Mongin

La facilitation graphique, c’est la contextualisation du propos, pour en conserver toute l’essence, toute la dynamique, même lorsque les parties prenantes ne sont plus en présence. Devenu outil de mémoire, cette mémorisation prend une forme plus ludique, différente qui s’appuie sur une autre manière de modélisation l’information.

Qu’est-ce que la facilité graphique ?

Si elle prend différentes formes, la facilitation graphique répond toujours à la même définition de base. C’est l’action de rendre les éléments de réflexion ou de discussion visuellement compréhensibles, par le biais de symboles, dessins, ou autres modèles conceptuels adaptés à la situation. Les cartes heuristiques sont une forme de facilitation mais il en existe de nombreuses autres, dont la modélisation.

Sur le site web facilitationgraphique.com, les auteurs donnent la définition suivante:

« art d’aider un groupe de personnes avec des outils graphiques, à partager et à construire une vision collective, à faire émerger des idées, à transformer des actions par le choix d’outils et techniques de visualisation adaptés ».

Si elle peut être effectuée en parallèle d’une intervention, la captation graphique qui semble la plus appropriée dans la pédagogie est celle qui vient plutôt a posteriori. Cette représentation simplifiée et dynamique, n’est en aucun cas de l’art et ne requiert pas de compétences en dessin particulière.

L’idée est de condenser les informations pour en fournir une version synthétique et dynamique.  Y figureront les éléments de causalité, de cycle, d’opposition, d’interaction, à partir d’un « dictionnaire » de symboles préalablement établis. Par exemple, pour valider les règles appliquées à une classe, Pierre Mongin propose d’afficher une carte mentale reprenant les différents éléments liées aux valeurs. Esthétique et très claire, cette affiche permet les rappels à la règle, tandis que son aspect joyeux crée une ouverture qui en facilite l’apprentissage.

L’affichage est une méthode fréquemment utilisée dans la pédagogie : elle permet de fixer les choses par écrit, ce qui implique un certain engagement de la part de ceux qui la réalisent. Ensuite le mélange écriture-dessin favorise les échanges, y compris avec ceux qui ont une certaine aversion pour l’écriture. Enfin, croiser chaque jour des informations fixée au mur permet de les mémoriser à long terme.

Une autre manière de communiquer

La facilitation graphique n’est donc pas de l’art : il s’agit avant tout de communiquer avec les autres pour construire le cadre dans lequel le groupe va travailler, échanger, avancer…  Chaque élément inscrit peut être renforcé, modifié, complété ou relié à un autre dans un seul objectif : proposer une vision claire de quelques informations.

Ajouter des dessins et symboles permet aussi aux dys de communiquer sous une autre forme que celle qui peut les mettre en déséquilibre. Ils seront ainsi en mesure de s’exprimer sans crainte de ne pas être compris, autonomie qui n’est pas sans effet sur l’apprentissage au quotidien. Communiquer par le graphisme est aussi une agréable manière de combler les lacunes de langage ou les différences de langue maternelle.  

La différence majeure face aux outils numériques 

Evidemment, de nombreux enseignants utilisent déjà une forme de facilitation grâce à PowerPoint. Toutefois, l’effet produit par un dessin à la main est davantage libérateur pour les apprenants qui constatent d’une part que c’est un outil à leur portée, et d’autre part que c’est un outil d’apprentissage qui peut s’adapter à leur propre fonctionnement.

Au lieu d’apprendre par cœur un déroulé linéaire, il est important d’extraire et synthétiser les informations pour réaliser la modélisation. Celle réalisée par l’enseignant est donc un modèle, mais l’intérêt majeur est de proposer aux apprenants de créer eux-mêmes les supports graphiques afin de vérifier qu’ils en ont bien compris la dynamique tout autant que le contenu lui-même.

Sur un support fixé à l’avance, plus de diapositive couverte de phrases aussi longues qu’inutiles, de présentation aussi ennuyeuse qu'incompréhensible (Mort par PowerPoint). Même le Pentagone en est convaincu nous rapporte le New York Times : la synthèse nécessite une réflexion plus poussée qui facilite l’apprentissage.  

 

La facilitation graphique est un excellent moyen de simplifier les informations, qu'il s'agisse de les proposer à d'autres ou bien tout simplement pour mieux les comprendre soi-même.

Inutile d'être dessinateur ou artiste, un bon esprit de synthèse et d'analyse suffiront pour mettre en scène de façon efficace symboles et mots clefs pour transcrire la dynamique des données. Un dictionnaire de symboles ayant un sens précis pour son domaine permet de transmettre une idée, de l'enrichir ou de mettre à jour un défaut de compréhension. Griffonné sur un coin de carnet ou sur une surface étendue, la modélisation favorise la compréhension pour tous, y compris lorsque la langue ou le langage ne sont pas maîtrisés. 

 

Références

Facilitation Graphique Communauté de Praticiens : http://www.fgcp.net/la-facilitation-graphique/

Simplixi : http://www.simplixi.fr/facilitation-graphique-scribing/

Une carte mentale poru enseigner en classe : http://www.mindmanagement.org/une-carte-mentale-pour-enseigner-les-regles-en-classe

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Commentaires

1 commentaire

Icône - Visage inconnu
  • Olivier Dutel
  • 25 mars 2015 à 15 h 03

la carte mentale, mais pas seulement

en tant qu'adepte et formateur au mind mapping, mais aussi en tant que facilitateur graphique, j'adhère à votre billet en tout point. En revanche, je distingue bien le vocabulaire graphique de sa grammaire. En effet, la carte mentale n'est qu'un modèle parmis d.autres de représentation visuelle d'un temps collectif, voire d'un processus, d'une ideation. Je ne m'en contente pas exclusivement en tant que modèle, en facilitation graphique, la liberté de représentation est immense et doit être adaptée au contexte

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