Par Denis Cristol  | 4cristol@free.fr

Les écosystèmes d’innovation pédagogique : louer des espaces ou investir dans de l’aménagement ?

Créé le jeudi 24 décembre 2015  |  Mise à jour le lundi 15 février 2016

Les écosystèmes d’innovation pédagogique : louer des espaces ou investir dans de l’aménagement ?

Vous vous souvenez peut-être de la question qui préoccupait les promoteurs d’université d’entreprise au début des années 90. «Faut-il investir dans des universités d’entreprise à demeure près du siège social pour faciliter la présence du dirigeant, dans des locations de châteaux équipés, ou dans des universités mobiles qui se déplacent au grès des projets et des besoins et louent les espaces dont elles ont besoin ?»

Changement d'époque

La question se pose aujourd’hui pour toutes les entreprises, administrations et centres de formation qui se rendent compte qu’ils ne pourront pas fondamentalement changer leurs pratiques pédagogiques s’ils restent ancrés sur les formats architecturaux actuels. Pour que le poussin des nouvelles pédagogies sorte de son œuf, il faut que les coques architecturales se modifient en profondeur. Pour que la pédagogie ne soit pas le sous-produit des architectes et des aménageurs de salles, il s’agit d’être sensible aux besoins jusqu’alors comprimés dans des espaces contraints.

Actuellement cette transformation des espaces accompagne un vaste mouvement d’acculturation de pratiques numériques et collaboratives. Cette transformation se produit au sein de territoires qui s’organisent en « ville ou territoire apprenant », c’est l’exemple de Montréal Ville Apprenante, de Lyon ville entreprenante, mais aussi d’une capitale internationale comme Paris.

Paris !

L’écosystème parisien est particulièrement riche. La carte de toutes les initiatives et espaces numériques relève pour la région capitale plus de 2 200 acteurs engagés (quelques exemples évoqués ci-après). L’écosystème qui bouillonne actuellement sur une région parisienne dense avec plus de 12 millions d’habitants, s’équipe d’une multiplicité de lieux avec des finalités diversifiées :

 
Ces quelques exemples témoignent d’une profusion de lieux qui se mettent en place et offrent de nouveaux services dont le moindre n’est pas le maillage entre des logiques d’acteurs et la possibilité de créer et d’innover. La question demeure : pourquoi investir des lieux mono-usage de formation, quand il est possible :

  • d’accéder à des réseaux d’action dynamiques,
  • de se mailler à des projets innovants,
  • de se décentrer de ses pratiques et de sortir des routines,
  • d’accéder à des experts et professionnels,
  • d’hybrider la vision de ses métiers,
  • de tester des idées nouvelles dans de nouveaux contextes,
  • etc.
     

Ces nouveaux espaces sont peut-être plus chers à louer, à la journée, mais, ils se situent dans des lieux jusqu’alors délaissés qui ont une âme et portent une inspiration (anciens entrepôt, friches industrielles), ou bien ils sont conçus sur mesure (qualité du wifi et respect des nouvelles normes environnementales), ou bien ils sont au cœur de quartiers vivants.

Ce qui les caractérise, c’est la connexion aux hommes, aux différences, aux nouvelles technologies. Donc tout compte fait quand le prix de rénovation et d’aménagement d’un mètre carré dans l’ancien est de l’ordre de 1 000 euros, n’est-il pas plus judicieux de s’insérer dans un tissu qui se maille et de lui apporter les problèmes concrets et les questions des entreprises, sans oublier que le besoin d’espace de travail peut diminuer avec les possibilités de télétravail dans de nombreux métiers.

Illustration : GaudiLab - ShutterStock

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