Par Denis Cristol  | 4cristol@free.fr

Les bus pédagogiques : objets roulants non identifiés

Créé le lundi 18 juillet 2016  |  Mise à jour le lundi 19 septembre 2016

Les bus pédagogiques : objets roulants non identifiés

Dans le roman de Paul Féval  « Le bossu »  le personnage chevaleresque de Lagardère avait une devise bien à lui pour ses ennemis « Si tu ne vas pas à Largadère, Lagardère ira à toi ». Cette devise pourrait s’appliquer à la philosophie des bus pédagogiques qui ne cessent d’éclore en France. Chacun de ces bus, qu’il soit un bus réformé d’une régie de transport, un bus ultra moderne ou une camionnette bricolée, vise à apporter des services au plus grand nombre.

On connaissait le phénomène dans le soutien aux politiques de santé pour détecter des cancers du sein (mammobile), ou accélérer la collecte de sang (bus de collecte du sang). On pouvait repérer sur les plages ou sur les places de villages les bus de propagande politique. Les bus-podium chargés de matériel audio avaient bien fait leur apparition pour recruter de nouvelles stars de la chanson ou arroser les champs des technival de décibels de musiques électro, mais l’on voit désormais apparaître des bus à vocation pédagogique.

Bus culture, environnemental...

Ces bus servent généralement la territorialisation des politiques publiques en s’intéressant à des thèmes d’intérêt général qui nécessitent une pénétration dans tous les replis d’une région, même les plus enclavées. Il est possible d’en distinguer plusieurs catégories.

Les bibliobus sont peut être les plus anciennement soutenus par les pouvoirs publics. Ils ont pour vocation d’emmener la lecture partout. Comme la lecture perd du terrain partout, en particulier auprès des plus jeunes, on comprend l’importance des tournées et des prêts de livres gratuits. Certains camion-écoles vont jusque dans des bidonvilles pour faciliter la scolarisation des délaissés et l'apprentissage des savoirs fondamentaux.

Il y a des bus qui assurent la promotion de l’environnement et les économies d’énergie comme en Picardie pour sensibiliser et éduquer au respect de l’environnement, apporter des conseils et des solutions concrètes à la population, aller à la rencontre du grand  public sur l’ensemble de la Picardie ou encore présenter les techniques les plus avancées sur la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables. En France le département de la Vienne a adopté le même principe de bus de promotion de son environnement territorial. Il est même doté de panneaux solaires pour être partiellement autonome.

Le bus de l’eau  est équipé et dédié pour l’éducation et la sensibilisation à l’Eau, aux milieux aquatiques et à l’Environnement. Il permet de réaliser des expérimentations, de mener à bien des expositions, de faire des projections, de faire des découvertes au microscope, d’organiser des débats autour d’un « bar à eau ».

Bus social, politique...

Il y a des Bus qui assurent la prévention des risques routiers et contribuent à l’éducation du plus grand nombre aux bons gestes en diffusant des informations et des mini-formations  (voir La vidéo ).

Le bus néodigital est un concentré  de technologie (scanners, imprimantes 3D, tables tactiles, robotique, drones, réalité augmentée et virtuelle…) qui a pour but d'aider à comprendre les enjeux en terme d’éducation et de culture, d’industrie et de développement économique. Un médiateur numérique accompagne chacun face à cette transition numérique pour faire des apprenants des acteurs du monde digital. Les bus des technologies sont dans la même veine. Il s’agit de s’acculturer aux nouvelles pratiques numériques et de mieux appréhender les possibilités de cette culture.

Les fab-labs itinérants comme le Graou-lab, apportent aussi des dynamiques d'innovation et de coconception sur les territoires.

D’autres bus sont à la limite entre le culturel le récréatif et le pédagogique et peuvent aussi être croisés sur les routes comme le bus Galion, dit Nautiloscope, qui arpente les manifestations comme la semaine de l’environnement, ou celle de l’énergie, ou celle du développement durable, les salons, Foires expositions ou journées de l’eau, fêtes de la Nature ou des Jardins, de la Mer, ou des Salons Nautiques, du nautisme ou des ports, ou participe aux animations centres de loisirs ou de divers festivals...etc. Pour finir le bus pédagogique « John Lennon » soutenu par l’UNESCO est un véritable studio d’enregistrement pour s’initier à la musique.

Nombre de ces projets sont soutenus politiquement, par une municipalité, un conseil départemental ou régional, ou par des agences techniques par exemple  l’ADEME pour l’environnement car la mobilité et la dispersion des publics coûtent cher (un projet de bus peut dépasser les 200 000 euros), mais certainement moins que le manque de compétence de lecture ou de compréhension des phénomènes numériques ou environnementaux.

Les bus pédagogique font voyager les esprits; on peut les prendre quand ils passent.

Illustration : Bus de l'eau - AIx

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