Par Denis Cristol  | 4cristol@free.fr

Comment identifier avec certitude les compétences numériques d’un intervenant ?

Créé le samedi 3 décembre 2016  |  Mise à jour le mercredi 8 février 2017

Comment identifier avec certitude les compétences numériques d’un intervenant ?

Une question que se pose souvent un responsable de formation est celle de l’adaptation des intervenants au nouveau monde pédagogique numérique. Les intervenants professionnels comme les intervenants occasionnels sont de plus en plus souvent exposés à la nécessité d’hybrider leurs cours et de faire vivre une part de numérique à distance.

La formation est de plus en plus souvent organisée pour partie à distance. Mais comment s’assurer lorsqu’ils se présentent à un organisateur de formation, qu’ils disposent de toutes les compétences pédagogico-numériques 

La question de la compétence pédagogico-numérique

Comme toute appréciation des compétences d’un professionnel, la détention d’un diplôme ou d’années d’expérience est une sureté qui rassure le recruteur. Mais des diplômes parfois anciens ou des situations d’usages pédagogiques nouvelles reposent la question des pratiques à maîtriser.

Dès lors faut-il s’assurer d’une attestation, d’une certification aux usages numériques (B2I ou C2I), d’un diplôme spécifique (l’un des 57 diplômes en science de l’éducation du répertoire national des certifications professionnelles français, l’un des  programmes courts ou diplômes de la TELUQ, ou d’une autre grandes universités canadienne, suisse, belge, etc.), voire de vérifier la certification de connaissance technico-pédagogique ou la fréquentation d’un MOOC et l’obtention d’un badge associé (cf. Ressources MOOC ci-après)?

La deuxième question est celle du niveau attendu. Doit-on se contenter d’un intervenant qui maîtrise les fondamentaux (par exemple projeter une vidéo dans son cours), qui manipule les outils vidéoprojecteurs interactifs ou tableau numérique interactif (par exemple mise en place de groupes collaboratifs, organisation de prise de notes collectives sur Framapad, Google Doc, One drive ou autre), ou bien encore qui soit un expert (exemple : capacité à penser des temps avant – pendant et après les regroupements dans une logique de classe inversée).

Les enjeux d’une reconnaissance de compétence pédagogico-numériques

Il s’agit là d’enjeux de qualité. Y répondre commence par la mise aux normes des supports et des pratiques en phase avec les attendus de qualité graphique, de fluidité et d’interactions fécondes avec les participants. Ces enjeux sont aussi ceux d’un enrichissement des pratiques et des usages en salle ou à distance. Ils favorisent et encouragent  l’utilisation du numérique dans l’animation.

Incidemment c’est toute la relation au savoir et la posture de l’intervenant qui sont transformées, pour la dynamisation des apprentissages et des apprenants.

Quels effets  d’un mécanisme de reconnaissances : certification ou label ?

Les organismes de formation peuvent entreprendre la création de reconnaissance ou s’appuyer sur des reconnaissances existantes par exemple par le moyen de certification de personnes, de certification de formateurs, ou d’accréditation de coachs (SF Coach, International Coach Federation, EMCC) ou plus simplement de labels internes.

De tels labels peuvent provoquer le départ d’intervenants non labélisés, car en difficulté pour s’adapter au numérique. Ils peuvent aussi générer une prise en compte des  apports/effets  d’une distinction et des rivalités ou mise en compétition des intervenants (mais pour partie ils le sont déjà). Il peut y avoir une incidence économique pour celui qui détient un label et celui qui ne le détient pas.

Délivrer un label va nécessiter de vérifier la maîtrise d’actes pédagogiques par exemple via la fréquentation d’une plateforme pour une classe inversée. Il peut être nécessaire de disposer d’outils de délivrance du label (test, référentiel, situations épreuves) et de disposer de labélisateurs formés. Labéliser un formateur aux nouvelles pratiques numériques passe par différentes méthodes comme l’observation en situation, la réponse à des épreuves de labélisation, la réussite à  une formation, la réponse à des QCM en ligne, une réalisation pédagogique à démontrer, un peu à la façon des chefs d’œuvres des compagnons du devoir. Les critères à valoriser sont :

Comment accompagner les nouvelles pratiques préconisées ?

Il ne suffit pas de décréter un label, ou un processus de labélisation d’un formateur, faut-il encore aider les formateurs professionnels ou occasionnels à développer leurs compétences, par la mise à disposition de support numérique, par l’orientation vers des MOOC pertinents, par leurs contraintes à prendre en compte, par la prise en considération de leur investissement pour s’engager dans une labélisation.

Ensuite, il faut faire vivre le label, préciser sa durée de vie, assurer un recyclage pour garder le label tous les ans, tous les deux ans ou selon une périodicité définie et puis de valoriser le label pour le rendre attractif.

A ces conditions une démarche de labélisation peut engager des organismes de formation et des équipes pédagogiques dans une amélioration continue de leurs pratiques et une meilleure intégration du numérique.

Suggestions :

MOOC Pour développer ses compétences pédagogiques

L’innovation pédagogique dont vous êtes le héros  - https://www.fun-mooc.fr/courses/UMONS/88001/session01/about

Ma pédagogie à la sauce web 2.0- http://hub5.ecolearning.eu/course/mpsw-ma-pedagogie-a-la-sauce-web-20/?ecouserid=5519501ec255d7cc72fa06e9

MOOC Scenafor : une formation de formateurs en mode hybride - http://dane.ac-besancon.fr/scenafor/

Enseigner et former avec le numérique : formateur d'adultes - https://www.fun-mooc.fr/courses/ENSCachan/20005/Trimestre_3_2014/about

FOAD MOOC - Agence universitaire de la francophonie - http://www.foad-mooc.auf.org/Programme-et-contenu-1645.html

3 MOOCs pour former les enseignants - http://edupronet.com/3-mooc-pour-former-les-enseignants/

Poster un commentaire

Commentaires

0 commentaire