Par Federica Minichiello  | f.minichiello@cursus.edu

Cerveau, apprentissage et émotions (Actes de colloque)

Créé le mardi 16 mai 2017  |  Mise à jour le jeudi 22 juin 2017

Cerveau, apprentissage et émotions (Actes de colloque)

La faculté de Sherbrooke a organisé en 2016 un colloque pour explorer les liens entre les connaissances actuelles sur le fonctionnement cérébral, les apprentissages (et les troubles) et les sources d’émotion, en particulier la musique.

Des éléments de réflexion très intéressants, présentés dans les actes du colloque publiés récemment.  

Rythme et troubles d’apprentissage

Le terme des « troubles spécifiques d’apprentissage » réunit aujourd’hui toute « la constellation des dys », dans les domaines de lecture, écriture ou calcul. Une anomalie dans l’un de ces domaines détermine la qualification de « trouble », même si les dysfonctionnements sont souvent associés (dyslexie et dyscalculie, dyspraxie et troubles de l’attention, etc.). Selon le document ces troubles (au sens large) pourraient concerner 15-20% des enfants scolarisés.

Lorsqu’on apprend, on arrive à automatiser au fur et à mesure des fonctions (comme lire et écrire, sans plus y réfléchir) ; cela nous libère de l’espace mental, pour explorer d’autres apprentissages. D’où la primordialité, lorsqu’un automatisme s’avère compliqué, d’imaginer des aménagements : par exemple,

« donner un ordinateur à un dysgraphique qui fait des efforts énormes pour écrire une phrase, c'est lui dégager de l'énergie mentale pour lui permettre de faire autre chose qu'écrire ».

Différents travaux en imagérie cérébrale ont montré un lien de causalité entre ces difficultés et des problèmes de connexion entre différentes régions du cerveau.  C’est précisément là que la musique entre en jeu : plusieurs expériences sembleraient démontrer qu’un environnement musical, l’écoute ou la pratique de la musique aident à améliorer la connectivité cérébrale et agissent en tant que « stimulus externe » pour susciter de l’attention, des émotions, enclenchant « mémoire, énergie et capacité de langage ».

Le texte présente une esquisse d’explication particulièrement accessible pour des « non-spécialistes » : on pense aujourd’hui que les neurones fonctionnent par oscillation, dans un rythme synchrone - chaque entité étant liée à l’autre -. Notre cerveau vivrait donc dans une « cohérence de rythmes et de phases, qui rend l’énergie produite plus ou moins harmonieuse ou efficace » : ce qui se traduit dans le fonctionnement (ou le dysfonctionnement).

Très intuitivement, le lien avec la musique prend toute sa cohérence :

« il y a quelque chose de rythmique là-dedans et, peut-être en donnant du rythme, on va aider à cela ».

Quelques expériences évoquées lors du colloque sembleraient aller dans ce sens : des enfants (avec ou sans troubles) exposés à des rythmes réguliers ou à des sessions d’entrainement avec des percussions, qui arrivent plus facilement que d’autres à identifier des phrases syntaxiquement correctes ou démontrent une meilleure conscience des phonèmes.

Les approches sensorielles

Une deuxième partie des actes du colloque aborde les sciences affectives, les relations entre émotion, cognition et comportement. Des stimuli générés -  par exemple -  par des extraits de film ou de musique, des rappels autobiographique (d’un épisode de vie) affectent la motivation et le processus émotif et cognitif. Ou l’exposition aux odeurs, l’homme étant capable de détecter des dizaines de milliers d’odeurs différents - avec une échelle psychométrique dédiée « Geneva Emotion and odour Scale » (GEOS) -.  Une expérience récente de chercheurs suisses et américains aurait montré un renforcement du sentiment d’identité suisse (chez des suisses) par la simple exposition à l’odeur de chocolat ! 

Si le document conclut que le fonctionnement des émotions reste encore un domaine nébuleux à explorer, là encore la musique frôlerait l’efficacité à 100% pour enclencher des changements d’humeur…

Quelques ressources pour aller un peu plus loin :


Référence

Colloque Neurosciences, musique et éducation - Octobre 2016 - Université de Sherbrooke - Actes de colloque - par Matthieu Paré, doctorant en éducation
http://savoirs.usherbrooke.ca/bitstream/handle/11143/10478/Pare_ColloqueNeurosciences_17p_14oct2016.pdf

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