Par Federica Minichiello  | f.minichiello@cursus.edu

Études supérieures et valeurs (thèse) - Devenir ce que l'on étudie ?

Créé le dimanche 17 septembre 2017  |  Mise à jour le mercredi 25 octobre 2017

Études supérieures et valeurs (thèse) - Devenir ce que l'on étudie ?
Une thèse récente s’intéresse au passage par les études supérieures, plus particulièrement à l’impact du choix de cursus par un étudiantsur son système personnel de valeurs; le mot « impact » est chargé d’une signification forte : «l'effet d'une socialisation transformant les manières de voir le monde ».

Les profils étudiants, déjà hétérogènes au départ, seraient modelés par l’avancée dans les études. Une influence que les déterminants sociaux traditionnels ne suffisent pas à justifier.

L’enquête  

L’analyse est structurée en trois parties :
  1. le rapport que les étudiants ont à leurs études et à leur avenir professionnel;
  2. leurs valeurs par rapport à des thématiques d’ordre social et moral, comme le rapport à autrui (« Qui n'aimeriez-vous pas avoir comme voisin? »), la sensibilité écologique, le rapport à  la famille etc.;
  3. l’observation de leurs goûts et pratiques culturelles.

    Plusieurs sources sont à la base de cette enquête :
     lEuropean Values Survey, les Enquêtes sur les pratiques culturelles des Français et l’Observatoire de la Vie Etudiante. 
     
À travers 11 filières universitaires et des niveaux variant du premier au troisième cycle, l’hypothèse d’une socialisation liée à la discipline ressort comme plausible. Cette thèse offre surtout des angles de vue très intéressants sur la population étudiante et son évolution entre « première et dernière année »  : une posture utilitariste , orientée vers l’insertion professionnelle, caractériserait des études de droit, d’économie et de gestion, contrairement à la médecine, l’histoire etc. axées davantage sur une recherche d’épanouissement personnel

Un certain hédonisme qui faiblirait dans le temps, à l’approche du monde du travail .... Tout comme, par exemple, l’importance accordée à la musique! 
La
crainte d'un emploi « qui ne passionne pas» concernerait un peu moins d'un étudiant sur deux (avec, toutefois, des disparités selon les filières).  

Les résultats  

Les publics étudiants tendent déjà à se différencier selon leurs choix d’orientation (l’effet dit d'« allocation ») mais un effet de socialisation semblerait agir en parallèle tout au long des études.

Par exemple, par le développement d’attitudes particulières, comme une majeure propension à accepter l’utilisation de cobayes dans les disciplines qui utilisent ces pratiques. Ou une politisation accrue dans des filières plus axées sur des questions sociétales 

Effet allocation, socialisation



On est loin d’une règle reproductible et, comme l’auteur le rappelle, un individu ne se 
résumera jamais à une agrégation d’indicateurs. Néanmoins ce travail offre de la matière à réflexion à propos des pratiques d’orientation (et de sélection) dans les études supérieures. 

L’effet de socialisation semble s’atténuer en cas de pluralité de parcours proposés au sein d’une filière : l’entre-soi ou l’effet de pairs cèdent alors le pas à un regard plus ouvert, à la fois sur l’avenir professionnel et sur le monde qui nous entoure.

Référence

O. Florian. L'impact des études supérieures sur les valeurs des étudiants. Sociologie. EHESS, 2017.  https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01561097 

(Dernière consultation : septembre 2017) 

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