Par Sandrine Benard  | sandrine.fle@outlook.fr

Sorosoro, multiculturel et multilingue

Créé le samedi 30 septembre 2017  |  Mise à jour le lundi 9 octobre 2017

Sorosoro, multiculturel et multilingue

7 Milliards d’êtres humains répartis sur 7 continents (ou 6 selon les modèles), qui parlent 7 000 langues en 2017. Non, le sujet du jour ne porte pas sur le célèbre chiffre porte-bonheur, mais bien sur la diversité et le multiculturalisme, plus particulièrement sur son aspect linguistique.

Le multiculturalisme est « la coexistence de cultures sur un même territoire » (Antidote, Druide Éditions) et, en extrapolant un peu, on pourrait dire « la coexistence de langues sur une même planète, parlées par des peuples différents ».

Mais comment se manifeste cette diversité linguistique ? À quoi sert-elle ? Quels sont ses enjeux ? Ce sont les réponses à ces questions que nous offrent le site Sorosoro ! Prêts pour une petite présentation ?

Avant de commencer…

Vous l’aurez compris, nous allons parler ici de diversité linguistique ! Sorosoro, mais que veut bien vouloir ce mot ? Les créateurs du site ont voulu faire un clin d’œil à une langue en voie d’extinction prochaine, l’araki, parlée uniquement par 8 personnes au Vanuatu, en Nouvelle-Calédonie, dans le Pacifique. À noter également que cette zone géographique est celle où se concentre la plus grande densité linguistique au monde, où on dénombre une centaine de langues pour 250.000 habitants !

Le programme Sorosoro

« Pour que vivent les langues du monde », ainsi se présente modestement le site Sorosoro, créé en 2008, qui a pour vocation de préserver, ou du moins d’essayer de le faire, les quelques 7 000 langues parlées de par le monde.

Mais pourquoi un tel site ? Comme le précise sa directrice Rozenn Milin,

« pourquoi devrions-nous penser «monolingue », alors que nous sommes dotés de la faculté d’acquérir la maîtrise de plusieurs langues ? Pourquoi limiter nos esprits à nos propres horizons alors que le reste de la planète a tant à nous apprendre ? Pourquoi nous contenter de la pensée la plus répandue alors que nous gagnerions à nous ouvrir à ce que d’autres ont à nous offrir de différent ? ».

En effet, selon ses dires, l’importance du multiculturel et donc du multilinguisme est primordiale.

Pour découvrir les langues du monde 

Sobre mais dynamique, le site de Sorosoro offre une navigation par thèmes. Sur la page d’accueil, on peut choisir directement de mettre le cap sur un des six continents en particulier : Afrique, Europe, Amérique Latine, Amérique du Nord, Océanie ou Asie.

Dans notre exemple, nous choisissons l’Océanie, pour rendre hommage au nom de baptême (sorosoro) de la langue du peuple autochtone du Vanuatu. La page, bien que courte, commence par une petite vidéo (ici, la fondation des écoles dans une des langues kanak de Nouvelle-Calédonie), suivie par une présentation générale sur la situation des langues en présence. Par la suite, nous pouvons choisir d’approfondir nos connaissances sur les langues d’Océanie en cliquant sur les autres pages disponibles, à savoir « vidéos, familles de langues, textes… ».

La navigation dans les différents continents présente à peu près la même organisation avec vidéos, textes et exemples linguistiques.

À noter que chaque page a sa propre version en langues espagnole et anglaise, simplement en cliquant sur le petit drapeau en haut de l’article, ce qui confirme encore l’aspect multilingue du site !

De plus, le site est actualisé très fréquemment et met à jour les informations sur les langues, une bonne façon de se tenir au courant !

L’importance du multilinguisme dans le multiculturel

Selon Sorosoro, les enjeux de la diversité linguistique sont nombreux, parmi lesquels :

Outre le fait de vouloir sensibiliser le grand public à la diversité culturelle et linguistique, Sorosoro se désigne comme « une passerelle entre le monde universitaire et les non-spécialistes ». En effet, bien que composé d’un éminent conseil scientifique (directeurs de recherche au CNRS, professeurs d’université, linguistes, doctorants et spécialistes divers en langues), le site se veut autant informatif que participatif, le tout dans une ambiance ludique.

  • Informatif, pour la richesse de son contenu : des données texte, des vidéos et des cartes interactives.
  • Participatif, pour l’appel à la contribution des internautes directement sur le site : ceux-ci peuvent donner des compléments d’informations, poster des documents multimédias ou poser des questions aux spécialistes, sans oublier d’être également un lieu d’échanges où chacun peut donner son avis et discuter sur les sujets en présence.
  • Ludique, enfin, pour la possibilité d’y trouver des quizz en ligne, afin de tester ses connaissances sur les langues et les cultures du monde, mais aussi découvrir des anecdotes ou faits intéressants (par exemple, certains mots intraduisibles dans d’autres langues, comme «merci ou bonjour», qui semblent pourtant – pour nous- des plus basiques !).

 

Finalement…

Pour conclure, on peut dire que Sorosoro est le grand frère d’un autre site dont j’ai récemment parlé, l’atlas sonore des langues régionales françaises, car, à la différence de celui-ci, il concerne le monde entier, mais cherche pourtant lui aussi à réunir dans la différence. Nous vivons tous sur la même planète, mais bien que nous ne parlions pas tous la même langue, nous sommes tous voisins ; c’est pourquoi nous devons mettre en commun nos différences linguistiques et culturelles afin de créer une réelle unité et devenir ainsi non pas citoyens de tel ou tel pays, mais bien citoyens de la Terre…

Sources et illustrations

 Sorosoro : http://www.sorosoro.org/

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