Par Christine Vaufrey B  | redaction@cursus.edu

Les cartes mentales en classe. Concrètement, pour quoi faire ?

Créé le lundi 24 janvier 2011  |  Mise à jour le jeudi 19 avril 2012

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Les cartes mentales en classe. Concrètement, pour quoi faire ?

Sur le blogue emapsfree.fr, entièrement dédié aux cartes mentales, on peut lire une entrevue avec Claire Egalon, professeur documentaliste stagiaire, qui expose certaines de ses expérimentaitons du "mindmapping" avec des élèves de primaire dans le cadre de cours d'allemand. Cette entrevue a été reprise sur le site @Brest, dans la rubrique Libres et savoirs publics. 

Claire Egalon a été enseignante vacataire d'allemand avant de passer son CAPES de professeur documentaliste, et dans ce cadre a utilisé les cartes mentales avec des élèves de primaire, dans deux classes de niveaux différents. Elle a noté des résultats très intéressants d'emploi de cette technique dans les deux domaines suivants :

Mémorisation, dans la mesure où la confection d'une carte permet de se concentrer sur les mots les plus importants qui mèneront naturellement à la mémorisation de ce qui n'est pas écrit. Par ailleurs, les élèves ont dessiné eux-mêmes leurs cartes sur leurs cahiers. Ce passage par l'image s'est avéré très efficace, surtout que les élèves pouvaient créer leur carte à leur façon, avec leurs propres images associées.

Repérage des mots-clés, des mots porteurs de sens dans un texte. L'exercice est difficile pour de jeunes élèves. Claire Egalon note qu'il leur était plus facile de repérer les mots-clés en allemand (la langue étrangère) qu'en français, où "le recours à la rédaction de phrases ou tout au mieux au style télégraphique était malheureusement fréquent. C’est un réflexe, on essaye de noter le maximum de peur de l’oublier !". Or, en parvenant à se détacher de la rédaction de phrases, les élèves comprennent que quelques mots seulement leur permettent de retrouver tout le sens d'un texte.

La créativité à l'honneur

Claire Egalon décrit la confection de cartes mentales comme un exercice très créatif, qui rejoint des techniques de mémorisation fort anciennes et peut être réalisé pour des tâches très variées : "De nombreuses activités pédagogiques peuvent être ainsi mises en place : brainstorming en début de séance, ou pour réactiver les connaissances acquises lors de la séance précédente, étude d’une notion, d’un personnage ou d’un lieu (...), mais aussi décortiquer un texte pour mettre en valeur sa structure, ses éléments, son argumentation ; on peut également proposer son plan de séquence, et même des évaluations sous la forme de cartes. C’est vraiment un outil qui peut être utilisé dans toutes les disciplines ! Il ne faudrait surtout pas se laisser déstabiliser : le « Mind-mapping » est un instrument malléable, à chacun de se l’approprier". 

Elle insiste sur le fait que les cartes se réalisent aussi bien avec un crayon et une feuille de papier qu'avec un logiciel et recommande que des logiciels gratuits de mindmapping soient installés sur les postes élèves des établissements, dans les ENT (environnements numériques de travail). L'essentiel est de ne pas brider la créativité de l'élève en matière de confection de cartes, qui reste un exercice intuitif. 

Une carte mentale n'est pas toujours un schéma heuristique !

On comprend donc que la carte mentale telle que l'utilise de différentes façons Claire Egalon avec ses élèves n'est pas uniquement un "schéma heuristique"' dont la production, selon Mila Saint Anne, obéit à un objectif unique qu'elle énonce ainsi dans son billet heuristiquement vôtre : "faire un schéma heuristique en classe c’est obtenir graphiquement, simplement mais de façon complète, le résultat de la recherche d’un élève (...)Et c’est tout. Tout le reste relève à mon avis de « je-ne-sais-pas-quoi-mais-autre-chose » (dans le meilleur des cas), ou bien de la supercherie (au pire), mais le plus souvent d’une mauvaise interprétation du terme heuristique".

Le logiciel de carte mentale parmi les outils recommandés par l'Education Nationale

Le goût de Claire Egalon et de nombreux autres enseignants pour les cartes mentales est en phase avec les nouveaux programmes d'enseignement pour la classe de seconde en France (5e année secondaire), qui prévoient un enseignement d'exploration (optionnel) en "création et innovation technologiques". L'utilisation d'un logiciel de cartes mentales y est recommandé pour que les élèves apprennent à "communiquer (leurs) intentions" , c'est à dire "construire un argumentaire, structurer une analyse, expliquer leurs choix afin de rendre compte en « temps réel » du déroulement d’une réflexion ou d’une activité menée en groupe". C'est un signe manifeste de l'accession lente mais réelle des outils numériques au statut d'outils facilitant la construction des apprentissages.

On voit au travers du témoignage de Claire Egalon que l'outil ne porte pas en lui-même sa fonction, mais qu'il autorise au contraire une multitude d'usages. Une fois encore, c'est l'intention pédagogique de l'enseignant, alliée à une bonne dose de confiance dans la créativité des élèves, qui donne le sens de son utilisation. De plus, et l'on sait gré à Mila Saint Anne d'insister sur ce point, l'utilisation d'outils de visualisation permet à nombre d'élèves qui ne sont pas très à l'aise avec les compétences verbales et le savoir linéaire d'exprimer leur pensée, leur argumentation, leur réflexion sur un objet d'étude.

Interview de Claire Egalon, Emapsfree, blogue de Jean-Pascal Côte, décembre 2010

La petite passerelle, blogue de Claire Egalon

Heuristiquement vôtre. Blogue C'est au pied du mur... de Mila Saint Anne, billet du 11 août 2010

La carte heuristique, un outil pédagogique, dossier proposé par Educnet, recommandé par Mila Saint Anne.

Illustration : Cartes Heuristiques - Marion Charreau - Flickr, licence CC.

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