Par Louis-Martin Essono  | lm.essono@cursus.edu

La mondialisation en Afrique: un précieux ouvrage sur l’usage des Tic en Afrique

Créé le lundi 2 août 2004  |  Mise à jour le vendredi 12 décembre 2008

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L’ouvrage comporte 322 pages et 13 contributions écrites sous la direction scientifique d’Annie Cheneau-Loquay, par des spécialistes du sud et du nord et appartenant à des champs disciplinaires très varies. En collaboration avec la Msha, les Éditions Karthala publient en cet ensoleillé mois de juillet 2004, un deuxième ouvrage que coordonne la géographe A. Cheneau-Loquay, Directrice de recherche au cnrs , au Cean , à l’université Montesquieu-Bordeaux IV et responsable du très connu programme Africa’nti

L’ouvrage, intitulé Mondialisation et technologies de la communication en Afrique a été commis dans le cadre d’un programme de recherche sur

les dynamiques locales de la mondialisation : les Afriques en perspective

lancé au Centre d’Études d’Afrique Noire, le cean et s’articule autour de la problématique des dynamiques locales africaines relativement au phénomène de mode et pourtant essentiel de la mondialisation.

Cette thématique sur la mondialisation avait déjà été abordée dans trois autres ouvrages, dont

Afrique des réseaux et mondialisation

d’A. Lenoble-Bart présenté par Thot D’un prix fixé à 25€le nouvel ouvrage confirment que les Tic sont réellement entrées en Afrique et y sont effectivement utilisées. Mais, c’est l’analyse de ces utilisations qui intéressent les 15 contributeurs puisque l’examen de l’offre et de la demande en service de la communication, comme le dit la coordinatrice, se conjuguent dans plusieurs articles présentés selon les points de vue privilégiés.

C’est la raison pour laquelle l’ouvrage est subdivisé en deux grandes parties consacrées, la première, l’État, service public et territoire, et la seconde, aux formes et usages d’usages et d’appropriation de ces Tic. La première partie, formée de six textes, se structure autour des problèmes économiques, de culture et de développement par les Tic. Mezouaghi, de l’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain à Tunis se penche sur les Tic et la globalisation en tant qu’ils constituent des enjeux industriels pour les pays en voie de développement, que Lesourd (Université de Rouen) et C. Sylla (Université C Anta Diop de Dakar) abordent le problème des Tic et de la mondialisation au Cap-Vert et que E. Bernard, de l’Institut Panos de Dakar, s’intéresse à l’insertion de l’Afrique de l’Ouest dans la Toile mondiale.

C.Toulabor du Cean, C Lancry, étudiante et Ntambue-Tshimbulu, Chercheur associé au Cean traitent respectivement et bien profondément des Tic au Ghana comme cause de la perte de l’Etat dans le cybercosmos, des systèmes et des réseaux de communication à Sikasso au Mali et enfin de la nécessité de surmonter les contraintes spatiales et politiques du déploiement et de l’appropriation de l’Internet en République Démocratique du Congo.

Tout aussi riche apparaît la deuxième partie qui décrit analytiquement les usages réels des Tic en Afrique A. C. Loquay examine ainsi les formes et les dynamiques des accès publics à l’Internet en Afrique de l’Ouest tandis que T. Guignard, de Lille 3, s’intéresse aux accès publics à l’Internet au Sénégal. Comme Moda Gueye qui appuie son propos sur la dynamique des réseaux et des systèmes de communication des migrants sénégalais, Dulau et Loquay proposent une intéressante réflexion relative aux réseaux de communication mondialisés dans un espace enclavé que pratiquent précisément les commerçants maliens de Kayes.

Les deux derniers articles concernent enfin les aspects culturels qu’induisent les Tic. Il s’agit de la contribution commune et très subtile et bien fine de Lenoble-Bart de l’IUT M. de Montaigne de Bordeaux 3, et du Centre d’Études des Médias et d’A.J. Tudesq bien connu qui passe en revue les effets des Tic relativement aux autres médias et aux coopérations étrangères. L. M. Onguene Essono clôture l’ouvrage par une interrogation sur l’intérêt et la nécessité impérieuse d’introduire les langues africaines sur le net face aux problèmes quotidiens de survie, face aux problème de la disponibilité et de la maîtrise des outils numériques, face aux statuts négligés de ces langues dans de nombreux pays africains. S’il est utile d’introduire les langues africaines dans le Web, il faut surtout veiller à la qualité de la culture à exposer et à la langue qui la véhicule.

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