Télémédecine en Afrique : un réseau chaque jour plus dense

Créé le mardi 28 septembre 2010  |  Mise à jour le mardi 29 mars 2011

Télémédecine en Afrique : un réseau chaque jour plus dense

 L'Afrique, on le répète à loisir, souffre de malnutrtition et de maladies. De multiples projets humanitaires se déploient sur le terrain, non pour éradiquer ces maladies mais pour en atténuer l'intensité.

À cause de la pauvreté qui ruine bien des pratiques préventives et du faible nombre de médecins sur les territoires, des voies alternatives sont ouvertes pour faire profiter l'Afrique des progrès des sciences médicales. C'est pourquoi l'on a commencé à parler de télémédecine en Afrique francophone et de télémédecine en Afrique tout court. Cet outil  permet en effet d'apporter des solutions médicales sans que le malade n'ait à quitter son pays. Le suivi de la santé des populations s'effectue alors grâce aux TIC au point que cette pratique devient une réalité quotidienne vulgarisée même par des praticiens particuliers.

La Télémédecine est une application des TIC pour améliorer l’accessibilité aux soins de santé spécialisés. Elle va des transferts de données (imagerie médicale, enseignement à distance, données sur des patients…) à l’action directe du praticien sur le malade.

La télémédecine se pratique effectivement en Afrique et s'accompagne généralement de la formation à distance comme Thot l'avait montré en 2007 pour le cas du Sénégal. De nombreux projets existent entre l'Afrique et les pays occidentaux comme la France, la Belgique, la Suisse, etc. Une telle coopération prend maintenant de l'ampleur entre les pays du sud et semble facilement prendre racine.

Coopération sud-sud

En effet, depuis cinq ans, la coopération entre l'Inde et les pays africains devient de plus en plus efficace et pratique. De nombreux États, à la faveur du partenariat contracté entre l'Union africaine et le Gouvernement Indien, bénéficient de l'apport et du savoir faire indiens dans la dissémination, par le télé-enseignement, des pratiques médicales à distance. Lancé en Ethiopie, le projet  PanAfrican e-Network est considéré comme le plus grand projet TIC jamais implanté sur le continent africain, offrant des fonctions d’éducation en ligne et de programmes de télémédecine pour étendre les infrastructures des TIC dans les zones rurales mal desservies.

Au Cameroun par exemple, le centre de télémédecine, inauguré le 27 juillet 2010 en même temps que les deux universités virtuelles, est hébergé par le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé. Il est doté à ce jour de micro-ordinateurs, d'un serveur, de caméras, d'imprimantes, hauts parleurs et projecteur, ainsi que d'autres matériels accessoires pour les consultations et la formation à distance.

L'Île de Madagascar vient, elle aussi de s'associer à la communauté scientifique indienne pour la mise en oeuvre de la télémédecine qui  est hébergée par l’Institut Médical de Madagascar choisi par l’Agence Telecom India Consultant Limited, mandataire technique du gouvernement de l’Inde, pour la qualité de ses infrastructures conformes aux normes internationales, et pour la compétence pluridisciplinaire de son personnel médical.

La République du Sénégal, qui abrite le hub de la formation à distance indienne en Afrique vient, il y a quelques jours seulement,  de prendre possession de son  centre de téléenseignement et de télémédecine. La station sénégalaise est significative car elle est reliée à l’Inde par des circuits et une bande passante loués respectivement sur un câble sous marin international à fibre optique pour fournir des services de téléenseignement et de télémédecine. Elle a été mise à la disposition du gouvernement par l’Inde à hauteur de 20 milliards de Fcfa. Ce montant couvre le matériel de connexion et les équipements de télémédecine et téléenseignement, leur installation, leur maintenance pour une période de 5 ans.

L'Afrique se voit ainsi quadrillée de postes de santé pratiques susceptibles de diminuer les dispendieuses  évacuations sanitaires et d'alléger les coûts des soins de haut niveau en même temps que des spécialistes locaux sont formés aux techniques médicales de pointe en coopérant, à distance, avec des confrères éloignés. Le Congo Brazzaville deviendra  bientôt un maillon de cette chaîne et disposera de l’interconnexion des universités et des centres de santé des pays africains avec ceux de l’Inde et des autres pays du monde. Outre le CHU de Brazzaville, d’autres équipements seront installés à l’université Marien Ngouabi pour la télé éducation. En Mauritanie, l'Université de Nouakchot est en train de finaliser ses Masters avec l'Université Indienne de Madras.

La République Démocratique du Congo est entrée elle aussi dans la danse médicale et dans la formation en ligne en partenariat avec l'Inde. Thot avait déjà consacré un article sur la FAD dans ce pays-continent plein d'universités enclavées et parfois sas enseignants. Selon Radio Okapi, la Faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa (Unikin) a acquis mardi 6 juillet dernier près d’une tonne de matériels informatiques, fruit de la coopération indienne.

Un équipement qui permettra des consultations médicales et une transmission des connaissances en ligne dans les divers domaines de la médecine. Les autorités congolaises et l’OMS ont procédé à l’évaluation d’avancement du projet de télémédecine dans les Cliniques universitaires où est installé ce matériel. Un campus numérique sera connecté à 52 autres universités des États africains avec l’Inde et, grâce à la télémédecine et à  l’enseignement à distance, les étudiants de la RDC se connecteront à plusieurs autres universités au niveau international et donc, échangeront en termes d’informations et en termes de pratiques cliniques. Et plus intéressant encore, La RDC pourra faire opérer ses malades grâce à la télémédecine par des chirurgiens qui peuvent être aux Etats-Unis, en Inde ou ailleurs.

Sans doute, le déploiement récent de la fibre optique qui parcourt les côtes africaines, la mise en service de nouveaux satellites de communication permettront une perspective meilleure pour la santé et l'éducation en Afrique. Cela ne dispensera toutefois pas les gouvernements eux-mêmes, cette fois sans la coopération d'aucun autre pays, de réfléchir à leur politique d'accès aux soins.

Photo : Paul Evans, Flickr, licence CC.

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