Par Denys Lamontagne  | direction@cursus.edu

Enseigner la créativité : Oui / Non / Essayons

Créé le lundi 3 juin 2013  |  Mise à jour le jeudi 25 juillet 2013

Recommander cette page à un(e) ami(e)

Enseigner la créativité : Oui / Non / Essayons

Dans un environnement particulièrement compétitif, la créativité revient de nouveau sur la scène en 2013 : «Innovez, innovez encore» semble être à l’agenda de tous les pays.

Dans les années 90, dans plusieurs pays dont le Canada, les arguments en faveur de plus de créativité dans l’enseignement ont mené à différents programmes et expérimentations qui, sans avoir connu d’échecs, ont soit été abandonnés, soit ont été intégrés et ont fait place à d’autres préoccupations.

La créativité est promue comme valeur, comme esprit, mais que fait-on dans les faits en éducation ?

Un politique éducative créative

Avec des taux de chômage record chez les jeunes, il semble que de la créativité nécessite plusieurs conditions pour s’exercer et ici on ne parle pas seulement des individus mais aussi des groupes et de la société entière.

Au niveau des individus, les caractéristiques communes des gens créatifs comprennent :

  • la capacité à se lancer des défis;
  • la capacité à poser des questions nouvelles, l’imagination;
  • la motivation personnelle, intrinsèque;
  • la capacité à évaluer sans complaisance ses propres réalisations et
  • des connaissances.


La capacité de définir son propre questionnement, son propre style est en lien direct avec la motivation personnelle. Atteindre ses propres buts est ce qu’il y a de plus stimulant; on essaie alors de faire de son mieux, sans restriction.

Il semble très possible de transposer ces caractéristiques à l’échelle des groupes, que ce soit une classe, un établissement ou le système éducatif en entier. Un groupe qui se fixe des buts développe sa motivation à les atteindre et il aura tendance à accepter les nouvelles idées pour y parvenir.

Pour une compétence aussi diffuse que la créativité, on comprend que son apprentissage n'est pas qu'une affaire de cours et de techniques.  On encourage les professeurs à être créatifs… pourquoi pas les élèves aussi ?  Quand on a affaire à des programmes bien établis dans la plupart des disciplines, la place qui reste pour la créativité est dans la manière de l'apprendre, ce qui semble tout à fait approprié à la compétence.

La fin du programme stéréotypé : pas annoncée, pas nécessaire

Les programmes stéréotypés comportent plusieurs avantages, dont ceux de la qualité et de la rigueur. De plus ils ont l’immense qualité de permettre l’évaluation équitable et généralisée et de pouvoir comparer et qualifier la réussite. Dans le contexte éducatif ces caractéristiques sont importantes. On imagine mal comment comparer des programmes de chimie ou de français différents d’une région à l’autre et donnant droit à la même reconnaissance.

Comme désavantages, ils sont long à construire et à implanter et ils ne peuvent répondre aux changements rapides ni aux besoins ponctuels. On conçoit très bien que les programmes standards soient réservés aux connaissances bien établies et que les responsabilités des formations plus spécialisées puissent être confiées à un niveau de plus en plus local et même personnel à la mesure de la spécialisation, de la nouveauté du sujet ou de la personnalisation.

Ainsi, si on veut évaluer la créativité dans l’éducation il faudra se pencher sur la qualité de l’environnement éducatif encourageant et pratiquant la créativité et non sur les contenus qui eux sont de nature objective et changeante. L’exemple du «Zombie-Based Learning» donne une idée de jusqu’où on peut être créatif dans l’enseignement des maths, des sciences et de l’anglais.

On s’attend à ce que des gens créatifs soient «capables de renouveler régulièrement leurs connaissances et les utiliser de façon productive dans leur vie sociale et professionnelle.»

Alors c’est bien de la manière d’apprendre dont on parle, c’est ce qu’on apprend le plus à l’école, le plus longtemps et de façon continue.

«dans l’éducation, nous savons très bien ce qui marche, car la recherche est prolifique ; le plus étonnant, c’est que la question aujourd’hui n’est pas de savoir ce qui marche mais pourquoi nous ne mettons pas en oeuvre ce qui, nous le savons, marche dans toutes les écoles pour tous les enfants».  - Karin Chenoveth


Références

Former des constructeurs de savoirs collaboratifs et créatifs : un défi majeur pour l’éducation du 21ème siècle - François Taddei - Centre de Recherches Interdisciplinaires
http://www.cri-paris.org/docs/OCDE-fracois-taddei-FR-fev2009.pdf

Vers une éducation plus innovante et créative  - Veille et analyse - no 70 - janvier 2012
http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA-Veille/70-janvier-2012.pdf

Créativité : et si on apprenait différemment aux enfants ? - Jérémy février 2013
http://www.out-the-box.fr/creativite-et-si-on-apprenait-differemment-aux-enfants/

Inflation des diplômes - Mario Charette - Avril 2013
http://journalmetro.com/opinions/de-bon-conseil/289372/linflation-des-diplomes/

Zombie-Based Learning -- "Braaaaaaains!" par Andrew Miller dans Édutopia - Mai 2013
http://www.edutopia.org/blog/zombie-based-learning-andrew-miller

2009 - Année européenne de la Créativité et de l’Innovation,  http://www.creativite-innovation2009.fr/

Poster un commentaire

Commentaires

0 commentaire