Par Sandrine Benard  | sandrine.fle@outlook.fr

Langues et cultures dans Assassin's Creed

Créé le samedi 8 juillet 2017  |  Mise à jour le lundi 21 août 2017

Langues et cultures dans Assassin's Creed

« Rien n’est vrai, tout est permis », tel est le crédo sur lequel se base la série des Assassin’s Creed, célèbre jeu vidéo des studios Ubisoft depuis 2007.

Célèbre pour sa brutalité (assumée), mais aussi et surtout pour la qualité de ses graphismes, son gameplay (la maniabilité de jeu) et sa richesse historique, chaque sortie d’un nouvel opus ne passe pas inaperçu, à tel point qu’un premier film a également vu le jour en 2017 et sera le début d’une longue série.

Que peut faire de ce jeu en classe ? Car oui, même s’il n’appartient pas à la catégorie des serious games, ce jeu a bel et bien le mérite de pouvoir être utilisé de façon pédagogique en classe de langue. Comment ? Pourquoi ? Pour le savoir, entrez dans ce fantastique monde à 360 degrés d’Assassin’s Creed et rejoignez les rangs des Assassins ou des Templiers…

Pourquoi étudier Assassin’s Creed en classe de langue ?

Cette série de jeux est conçue par une équipe internationale, chacun des studios s’occupant d’une partie précise du jeu.

Par exemple, le studio de Québec peut s’occuper d’un épisode en particulier (Syndicate, 2015), pendant que celui de Bucarest (Roumanie) planche sur les parties multijoueurs d’un autre (Unity), que celui de Sofia (Bulgarie) développe la série sur consoles portables et tablettes, appuyé par ceux de Kiev (Ukraine), Singapour et Chengdu (Chine) ou que celui de Montréal se prépare à la sortie du prochain, en octobre 2017 (Origins)… On compte, en 2017, une trentaine de studios à travers le monde. L’aspect multiculturel et linguistique est donc important.

Autre raison imparable : l’ouverture géographique, historique et culturelle des jeux et de leurs mondes virtuels ouverts à 360 degrés. En effet, au fil des différents épisodes, on voyage en Terre Sainte pendant la 3e Croisade (1189-1192, épisode 1), en Italie pendant la Renaissance (XVIe siècle, épisodes 2 à 4, Ezzio Collection : AC II, Brotherhood et Revelations), aux États-Unis pendant la Guerre d’Indépendance (1775-1783, AC III), dans les Caraïbes à l'Âge d'or de la piraterie (XVIIIe siècle, Rogue), à Paris lors de la Révolution Française (1789, Unity), à Londres à l’ère Victorienne, en pleine révolution industrielle (fin du XIXe siècle, Syndicate), en Égypte au temps des Pharaons (Antiquité, Origins), sans oublier les jeux secondaires qui se passent en Inde, Chine et Russie (Chronicles)… Vraiment avec cette série, plus besoin de prendre l’avion, on se retrouve transportés à chaque opus !

Qui dit dépaysement géographique dit également découverte culturelle et linguistique, et là aussi, les développeurs s’en donnent à cœur joie en fouillant méthodiquement la véracité historique en présence. Aussi peut-on entendre du français, de l’anglais, du mandarin, du russe, de l’arabe, de l’hindi ou encore du créole (en Louisiane, pendant l’esclavage, Liberation), tout en s’immergeant dans un contexte historique particulier (la Révolution Française ou la guerre d’Indépendance américaine, par exemple).

Tout cela constitue un excellent fond culturel apte à l’enseignement de ces différentes langues et cela, dans une ambiance ludique, dynamique et stimulante !

Comment étudier Assassin’s Creed en classe de langue ?

Comme nous l’avons vu précédemment, le contexte géographique, historique, culturel et linguistique du jeu est d’une grande richesse. L’enseignant de langue peut donc l’exploiter de différentes manières.

Pour ma part, j’ai développé une petite activité avec mes étudiants autour du jeu Unity, qui se passe à Paris pendant la Révolution Française;

  • Dans un premier temps, je sélectionne des extraits du jeu (sous formes de vidéos pré-enregistrées), qui sont des missions (appelées « récits parisiens ») rappelant des moments pertinents : la Prise de la Bastille, l’assassinat de Marat, les masques de Mme Tussaud, l’Encyclopédie de Diderot, Robespierre guillotiné …
     
  • Je forme des petits groupes de 3 ou 4 étudiants et je leur demande de travailler chacun sur une des vidéos.
     
  • Sur chacune de ces vidéos, il doit chercher des informations sur le moment historique, les lieux, le vocabulaire particulier utilisé, les symboles et autres représentations de la France (les cocardes, les chansons du peuple…) et de sa culture… (à ce sujet, le jeu comporte plusieurs fiches pédagogiques dont peut se servir l’étudiant).
     
  • Enfin, chacun des groupes présente aux autres ses découvertes et permet à chacun d’apprendre sur un sujet différent.
     

Depuis que je propose cette activité, les retours des étudiants ont toujours été très positifs ! Pour eux, rien de mieux qu’apprendre une langue que de s’immerger complètement dans son univers, et ici, quoi de mieux que d’aller à la découverte du français en voyageant dans le temps !

Mon exemple est pour le français, mais cela marche également avec l’anglais, notamment pour l’avant-dernier opus, Syndicate, qui permet de découvrir le Londres de la fin du XIXe siècle et ses expressions linguistiques si particulières ! Sans oublier aussi l’italien avec la collection d’Ezzio (volumes 2 à 4) en Toscane et à Rome.

Finalement

En conclusion, outre le fait que ce jeu soit fondamentalement extraordinaire à mon avis (j’attends impatiemment chaque nouvelle sortie), il se révèle un excellent support pédagogique dans l’enseignement des langues et de la culture linguistique. Bien évidemment, étant donné son contenu quelque peu violent, on ne peut l’utiliser qu’avec un public majeur et averti et surtout ayant déjà une certaine maîtrise de la langue (niveau B1 minimum).

Le principal atout de ce jeu demeure donc son ouverture, tant géographique que culturelle, en passant par tous les aspects linguistiques et historiques que cela laisse supposer…

 

Sources et illustrations

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