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Par Alexandre Roberge | a.roberge@cursus.edu
L’école partout, tout le temps et à portée de main avec le téléphone
Créé le dimanche 18 septembre 2011 | Mise à jour le mercredi 19 octobre 2011
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C'est fait : en matière d' apprentissage mobile (m-learning), les téléphones intelligents ont supplanté les ordinateurs portables. Car le smartphone est à la fois plus courant que l'ordinateur portable dans l'équipement des adolescents, et il est surtout plus... mobile. Il bouge systématiquement avec son propriétaire.
Les chiffres et les observations des usages confortent ces affirmations. Selon de récentes études réalisées aux USA, le pourcentage d'adolescents américains disposant d'un téléphone intelligent a cru de 47 % en un an (2009-2010) et dépasse maintenant la barre des 50 % du nombre total de jeunes disposant d'un téléphone portable. A l'échelle du monde, sur les 5 milliards d'appareils actuellement en service, déjà 1 milliard d'entre eux seraient des smartphones. En 2014, les projections tablent sur près de 2,5 milliards de téléphones autorisant l'accès à Internet via la 3G ou la 4G. Le nombre de possesseurs d'un ordinatur portable branché à Internet reste bien en-deçà. Une donnée que ne peuvent plus ignorer les établissements scolaires.
Partout et en tout temps, voilà la clé de la réussite
L'avantage considérable du téléphone avec accès à internet vis à vis de l'ordinateur portable, c'est évidemment sa taille. Les élèves peuvent lire des livres numériques lors d’un trajet de bus, effectuer un devoir dans la salle d’attente du dentiste ou pendant qu’ils assistent au match de football de leur petit frère. Dans le New Jersey, tous les élèves de cinquième année du district de Tom’s River ont eu accès à des téléphones intelligents avec connexion Internet sur lesquels ils étaient conviés à faire des exercices. Du coup, le taux des garçons et filles ayant fait leurs devoirs était de… 100%. Du jamais vu qui s’explique pourtant par la valeur que les jeunes accordent à cet appareil.
En 2008 déjà, les écoles secondaires publiques de la Caroline du Nord avaient lancé un projet-pilote pour améliorer les résultats des élèves en algèbre. 150 élèves de neuvième année avaient donc reçu un smartphone équipé d'applications d'algèbre. Encouragés à s’en servir autant en classe qu’à l’extérieur de celle-ci, les élèves ont fait augmenter leur moyenne de notes de 30%. Certains, qui pourtant avaient de réels problèmes de compréhension, ont même développé un goût pour les mathématiques et ont ensuite choisi cette discipline en spécialité.
La généralisation en cours des smartphones aux USA et la valeur que lui accordent les jeunes n'expliquent pourtant pas entièrement ces très bons résultats, bien meilleurs en tout cas que ceux qui avaient été obtenus avec les technologies et appareils précédents, pour lesquels les écoles américaines avaient pourtant dépensé des fortunes. Les progrès sont également dus à la façon d'intégrer les activités sur téléphones aux programmes et activités scolaires habituels : au lieu d'être considérées comme des activités complémentaires, des bonus optionnels, les exercices ont été cette fois étroitement intégrés au cours et aux travaux à faire à la maison. Un chercheur américain y voit la manifestation d'un déplacement de la conception de l'apprentissage, de "centré sur l'enseignant" à "centré sur l'élève". Ce déplacement, espéré par tous les tenants des TICE, semble beaucoup plus réalisable par le biais d'un téléphone intelligent que par celui d'un ordinateur portable.
Les obstacles de l’apprentissage mobile sur téléphone
Mais l'usage pédagogique du téléphone intelligent pose encore des questions.
La première tient à l'usage réel de l'outil par les élèves : comment s'assurer qu'ils l'utilisent pour travailler, et pas seulement pour jouer et chatter ? Certains acteurs éducatifs sont partisans d'un bridage des appareils utilisés dans le cadre scolaire et d'une sélection des sites et applications accessibles. D'autres pensent à l'inverse qu'il faut responsabiliser les jeunes et parient sur leur motivation intrinsèque pour utiliser les applications éducatives. Ce deuxième groupe est actuellement majoritaire, d'autant plus que les jeunes ne manquent pas d'idées pour contourner les interdits...
La deuxième tient au niveau déquipement dans la population cible. 50 % de jeunes équipés d'un smartphone, ce n'est que la moitié du groupe à atteindre ! Certains disent qu’il s’agit d’un faux problème puisque selon les experts, d’ici 2016, tous les élèves du secondaire pourraient avoir un tel appareil en leur possession. Mais, peut-on rétorquer, même si le taux global d'équipement atteignait 100%, certains jeunes devraient se contenter de modèles de base alors que d'autres bénéficieraient des appareils les plus sophistiqués, les plus rapides... Doit-on alors prêter ou vendre des appareils d'un modèle identique pour tous ? Faut-il privilégier des applications fonctionnant sur les plus simples des appareils ? Les pistes de solutions à ce problème ne sont pas nombreuses, et surtout aucun consensus ne se dessine sur le choix de l'une ou l'autre.
La troisième question est liée aux limites de l'utilisaiton de ces appareils. Ils ne se prêtent par exemple pas à la rédaction longue d'une dissertation. Nous nous acheminons donc vers une diversification des supports d'apprentissage plutôt qu'au remplacement des uns par les autres.
Enfin, la généralisation de téléphones intelligents utilisés à des fins d'exercices ou de renforcement des apprentissages devra impérativement s'accompagner d'un changement pédagogique, dans le sens d'une plus grande personnalisation des parcours. Si 30 élèves d'une classe réalisent tous le même exercice sur leur smartphone, alors qu'ils ont des besoins différents, l'on se prive d'un avantage important de cet outil, qui est la variété des applications et des niveaux offerts.
Et les acteurs éducatifs ont également constaté que l'utilisation accrue des smartphones dans les écoles devait impérativement être accompagnée. Toujours aux Etats-Unis, dans un district où l’on devait distribuer 1500 téléphones à des élèves de cinquième année, trois personnes furent engagées pour aider les conseillers pédagogiques et les enseignants à intégrer l'usage de l'appareil à leur enseignement et à repérer les tâches réalisables par les élèves en conformité avec les programmes.
L'intégration des technologies mobiles dans les usages courants en éducation demande donc du temps et beaucoup d'efforts, dans le cadre d'une démarche structurée. C'est pour aider les acteurs éducatifs désireux de se lancer dans l'aventure qu'eSchool News a publié au début du mois de septembre 2011 un guide volumineux (en anglais) détaillant les étapes de la conduite d'un tel projet, rendant compte d'expériences réussies et proposant une sélection d'applications intéressantes pour l'enseignement. Soyons patients, un tel guide finira bien par être publié en français.
Mobile learning: Not just laptops any more, eSchool News, 25 février 2011.
Illustration : iPhone, Idea go, freedigitalphotos.
- Mots-clés : mobile , Mobile Learning , Téléphone Portable , Formation Mobile , États-Unis , Culture Mobile , Smartphones
- Sujets : Mobilité , Formation à distance , Enseignement - Didactique - Pédagogie , Autoformation , Technologies en éducation
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1 commentaire
- Philippe STEGER
- 4 février 2012 à 08 h 08
L\'école nomade WapEduc se développe rapidement
« L’Ecole Nomade : J’apprends où je veux, quand je veux » Introduction WapEduc souhaite s’appuyer sur l’exceptionnelle technologie que représente le téléphone portable pour accompagner l’élève, lutter contre l’échec scolaire et contre la fracture numérique. Les besoins des apprenants évoluent, les situations de nomadisme sont fréquentes. WapEduc accompagne l’enseignant et l’élève sur le chemin de la réussite. 1. Le concept d’application pédagogique mobile • Le téléphone portable, objet d’apprentissage. Le mobile des années 2012-2015 est un « nano-ordinateur » qui a plusieurs particularités et atouts pour l’usager : - Il intègre les technologies des ordinateurs - Son grand écran se prête bien à la lecture de documents textuels - Il est toujours disponible et à portée de main - La plupart des lycéens et des étudiants en possèdent un - Les forfaits « Internet de poche » se généralisent - Il peut être relié à Internet dans tous les points d’un territoire - Il bénéficie auprès des élèves et des étudiants du statut « d’objet-culte » - On peut lui conférer l’appellation « d’objet nomade idéal de communication pédagogique entre apprenants et enseignants » (disponibilité constante, taux d’équipement, rapidité d’accès, simplicité d’emploi …) La consultation de WapEduc est envisagée en dehors de l’établissement scolaire (sauf expérimentation en accord avec l’enseignant, comme le podcasting) car l’usage des mobiles y est interdit. La fraude sur mobile ne représente donc pas un risque plus élevé qu’auparavant. On a donc, pour la première fois dans l’histoire de la transmission des connaissances, un objet qui peut permettre aux apprenants de communiquer et de progresser où ils veulent, quand ils le souhaitent. Cette possibilité d’une pratique hors temps scolaire doit être envisagée comme une opportunité souple de consulter un support d’une grande richesse afin d’obtenir une information, un renseignement, une réponse ou un conseil. 2. L’application WapEduc WapEduc, premier portail européen de mobile-learning WapEduc a obtenu le soutien du Rectorat de l'Académie de Montpellier ainsi qu'une distinction en tant que lauréat du E-Learning Awards (parmi 600 projets européens). Depuis cinq ans, 62.000 élèves ont révisé leurs cours sur leurs mobiles et le développement de cette application mobile permet aux élèves et aux enseignants d’établir une relation pédagogique. Une conversation par mail ou par Sms peut s’engager, des questions peuvent être posées, des conseils peuvent être dispensés. Au delà d’une innovation technologique, WapEduc se présente comme un outil de travail collaboratif entre les enseignants et les élèves. Nous sommes entrés dans l’ère du Mobile 2.0, c’est-à-dire une période féconde d’échanges et de partages entre plusieurs membres d’un même réseau par l’intermédiaire d’un mobile et d’applications dites de « rich-media ». L’école nomade WapEduc permet une disponibilité constante de la connaissance, une proximité du savoir et de l’accompagnement pédagogique telles que nous ne les avons jamais connues. Le site www.wapeduc.net Dans les deux ans à venir, on peut imaginer que tous les élèves et les étudiants auront un accès régulier et fréquent à Internet sur mobile. Ils y déposeront leurs propres fiches de révision et leurs recherches personnelles : le concept de portfolio mobile n’a jamais été aussi proche et aussi porteur de progression personnelle. On peut ainsi entrevoir le potentiel du portfolio : au cours de son cursus scolaire, l’élève met régulièrement en ligne ses fiches et synthèses et documents (images, vidéos, cartes, plans, enregistrements sonores). Cette collection s’enrichit et constitue la mémoire de son travail et de son évolution. L’idée de pouvoir retrouver à chaque instant une notion, une synthèse, une formule ou une définition, mise en ligne plusieurs mois ou années auparavant nous semble pédagogiquement valorisante. 3. Les fonctionnalités du premier portail pédagogique de l’élève Les 10 fonctionnalités incontournables - Inscription sur le Web ou sur mobile - Cours et documents partagés (textes, audio, photos, vidéos) - Conseils pédagogiques (orientation, santé) - Evaluation par jeu-tests (Serious Games) - Moteur de recherche interne - Bureau mobile/Espace personnel (cahier de textes, notes, emploi du temps, agenda) - Portfolio mobile (collection et échange de fiches) - News-letter - Accès à de nombreux podcasts (langues, actualités …) De manière plus concrète : (certains modules sont en développement) - L’enseignant ajoute à la bibliothèque existante (plus de 1400 cours) des ressources ciblées à l’aide d’une interface Web. - L’élève peut les consulter sur son téléphone portable en situation nomade, les partager avec ses amis (liaison Bluetooth) et alimenter lui-même cette base par ses propres ressources. - L’élève gère ses propres notes et plusieurs indicateurs sont proposés (gestion des moyennes, de la progression, alertes …) - L’élève reçoit sur son mobile une news-letter l’informant des nouveautés. - Les enseignants et les élèves sont en contact et communiquent. 4. Les apports pédagogiques L’appartenance à sa communauté numérique va permettre à l’élève une veille sur sa propre progression, une nouvelle approche de la synthèse et du résumé de cours. Rien n’est réducteur de sens lorsqu’on parle de synthèses, puisque 87 % des élèves de terminale utilisent des fiches pour les révisions du bac. (Sondage WapEduc mai 2010). L’accès à ses propres synthèses, tout au long de l’année (transports scolaires, attentes diverses, vacances sans ordinateur connecté) va permettre à l’élève la continuité dans son travail. C’est un des conseils le plus souvent rappelés dans les commentaires des enseignants sous la forme « Travaillez plus régulièrement ». Conclusion « L’école en poche » Wapeduc doit s’appréhender sous l’angle de la disponibilité des informations, de la facilité de consultation, de la généralisation du support mobile au sein de la population scolaire et de l’interconnexion entre les apprenants et leurs enseignants. Aux deux référents traditionnels que sont l’enseignant (présentiel) et le livre (distant), on ajoute, à la manière d’un accompagnement pédagogique constamment disponible, le mobile, puissante opportunité de compléter ses connaissances et d’évaluer ses savoirs sous la forme d’une plate-forme d’information et de travail nomade. L’application WapEduc ne peut se suffire à elle-même : elle est le lien qui peut exister après les cours, la pièce manquante à la relation pédagogique continue, le contact vers le monde de l’Ecole proposé en accès immédiat, une aide supplémentaire vers la réussite scolaire. Philippe STEGER Professeur agrégé d’économie Directeur WapEduc Janvier 2012 www.wapeduc.net 06 87 75 48 81 Existe pour IPHONE : « TOOLBAC »
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