Par Christine Vaufrey B  | redaction@cursus.edu

Les Internautes au secours des archives photographiques publiques

Créé le vendredi 17 octobre 2008  |  Mise à jour le dimanche 9 décembre 2012

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Les Internautes au secours des archives photographiques publiques

(article mis à jour en Décembre 2012)

Depuis le début de l’année 2008, Flickr, célèbre site de partage de photographies, s’est ouvert aux Organismes publics qui souhaitent mettre leurs archives photographiques à disposition du grand public.

C’est la Bibliothèque du Congrès de Washington qui a inauguré ce nouveau groupe, et qui propose aujourd’hui près de 15 000 clichés. 55 autres organismes ont depuis lors rejoint le groupe des Organismes publics (The Commons) sur Flickr. Parmi eux, on compte une majorité de musées établis aux USA, en Grande-Bretagne, en Australie, mais aussi en France (bibliothèque de Toulouse) et au Portugal (Biblioteca de Arte – Fundaçao Calouste Goulbekian). Le dernier venu est le Musée du transport de Stockholm. Les pays nordiques sont d’ailleurs bien représentés, avec sept institutions.

Les photos ainsi proposées au public sont, le plus souvent, des photos anciennes, couvrant une période allant de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle. Paysages, intérieurs, visages des villes, personnes au travail… Tout un monde disparu remonte ainsi au grand jour. Le Brooklyn Museum (Etats-Unis) propose par exemple de merveilleux daguerréotypes réalisés en Egypte à la fin du XIXè siècle.

Certaines institutions proposent également des photos récentes. C’est le cas du Brooklyn Museum déjà cité. La Smithsonian Institution (Etats-Unis) pour sa part met en ligne, à côté des photos anciennes, d’exceptionnelles photos d’astronomie et de … poissons tropicaux.

Toutes les images sont librement téléchargeables en haute définition, ce qui autorise une très large gamme d’usages.

Le recours à la foule pour améliorer l'indexation des clichés

 

Pourquoi les organismes publics ont-ils souhaité mettre ainsi leur précieux patrimoine à disposition de tous ?

D’abord, pour le faire connaître. Des millions de photos anciennes dorment dans les classeurs des bibliothèques et musées, presque oubliées, alors qu’elles sont susceptibles d’intéresser un très nombreux public.

Ensuite, pour améliorer leur indexation. En effet, une grande partie de ces photos souffre d’un manque d’informations flagrant quant à leur localisation, à l’identité des personnes représentées ou du photographe. En les plaçant dans un espace à très haute visibilité, les musées et bibliothèques encouragent les visiteurs à « taguer » les photos, à fournir des précisions qui permettront de mieux les référencer. Et, du coup, d’élargir encore leur public, ce qui rejoint le premier objectif.

Mais les organismes publics ne sont pas les seuls à proposer des archives photographiques. L’album Photos Normandie par exemple, contient des milliers de photos de la Bataille de Normandie (fin de la 2e guerre mondiale). Les initiateurs de cette entreprise la décrivent comme un « projet collaboratif d’indexation sociale », visant à améliorer les légendes des photos. L’album reçoit plus de 1000 visites par jour, ce qui témoigne de son succès.

Ces différentes initiatives tirent parti de l’énorme potentiel des réseaux sociaux sur le web pour améliorer la valorisation et la qualité de documents précieux mais sous-utilisés. Il s’agit d’un bel exemple de crowdsourcing, ou « approvisionnement par les foules », qui désigne le principe de micro-contribution de milliers d’utilisateurs à une œuvre globale, qu’aucun n’aurait pu mener seul.

Illustration : Electric trams, Ste. Catherine St., Montreal, QC, 1895. Mc Cord Museum, Québec, Canada. Aucune restriction de copyright connue

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