Libre 

 
Les étudiants ressentent spontanément à quel point la liberté se distingue de l’errance. Quand ils sont libres de choisir, ils peuvent décider de ce qui convient le mieux à leur orientation. Un cours directif ne les dérangera même pas s’ils ont choisi de le suivre !

Personne ne devient véritablement responsable à moins qu’il décide par lui-même d’en prendre la charge.  En développant capacités et habiletés, on acquiert plus de possibilités de réponses et de choix. Parfois on a envie d’exercer de pouvoir : une personne capable n’aime pas que l’on décide de tout à sa place; elle s'en sentira diminuée, même si c’est par une intelligence artificielle. Évoluer au travers de ses succès et erreurs donne l’impression d’avancer, pas celle de tourner en rond ou de perdre son temps. Sans cette liberté de décision, les étudiants demeurent infantilisés. Ce n’est pas ce que nous voulons.

Libre accès, libre choix, libre de rêver, de s’exprimer, de voyager, de ne rien faire, d’entreprendre, de changer, de produire, de rester, de se défendre, d’aimer, d’étudier, d’enseigner…. Libre, on peut évoluer.


Apprendre à nager 

 
Que fait-on avec les étudiants qui ne savent pas vraiment «nager», avec les cailloux qui essaient d'apprendre à flotter dans une mer de concepts ?

Il y a bien quelques domaines où on se sent chacun personnellement un peu «caillou» mais, pour certaines personnes, ces domaines sont plutôt nombreux.  Parfois cela peut s’étendre à tout un groupe : comment amener une organisation comme une école à se transformer quand une partie de son personnel se sent déjà largué par des technologies dont il ne maîtrise pas grand chose ?

Il s’avance avec des plombs aux pieds l’individu qui a déjà peur avant même de commencer… mais comme il le faut, il se lance quand même. Quelle surprise si en débutant il constate que l’eau est peu profonde, qu'elle est plutôt agréable, qu’il peut prendre une veste pour mieux flotter et qu’il y a des nageurs expérimentés pour l’accompagner.  L’idée n'est pas de confirmer les incapacités réelles ou imaginées mais bien d’affirmer les aptitudes déjà présentes et de faire acquérir celles qui manquent.

En tant que maîtres-nageurs de la connaissance, nous prenons la responsabilité et les moyens pour faire en sorte que personne ne se noie et que chacun sache nager et naviguer, y compris dans Internet.
 

Multiculturel 


L’échange d'idées produit normalement un résultat original qui fait évoluer notre culture.  Un apport régulier de nouvelles idées assure une effervescence culturelle appréciée. La société est ouverte.

Seule la communication peut dissoudre les barrières des préjugés et des généralisations abusives.  Communication entre les élèves, entre les professeurs et les élèves, avec leurs parents, entre les parents, etc.. Tous les efforts d’apprentissage des langues sont autant de solvant ajouté. Les activités d’échange sont autant d’occasions de brassage et de discussion qui peuvent mener à la résolution des contradictions.

Les activités de collaboration construisent de nouvelles réalités partagées, une culture. Ainsi une nouvelle pédagogie apparaît; le multiculturel devient cette culture d’intégration, là où la nôtre évolue. Communiquer est dans notre culture et dans nos droits. La meilleure façon de communiquer cette valeur culturelle est de s’en servir.

Matériel scolaire 

Si l’effort fourni et la disposition d’esprit sont des facteurs essentiels dans l’apprentissage, alors une bonne question serait : « Quels sont le matériel et les technologies qui favorisent l’implication des étudiants et leur ouverture ? ».

La course au matériel semble ne jamais vouloir s’arrêter et tout converge vers le numérique que seules de rares écoles peuvent s’offrir dans un tout cohérent.

Le matériel scolaire influence intimement la pédagogie et c’est justement à partir de la pédagogie que les choix technologiques se définissent le mieux. Veut-on expérimenter la classe inversée, l’enseignement personnalisé, l’évaluation continue, une autre approche ? Chacune profitera de technologies différentes, mais il est préférable de d’abord déterminer ce dont on aura besoin pour enseigner comme on le souhaite.  Quant à l’obtenir et l’utiliser, nos rédacteurs vous proposent d’y aller avec imagination et souplesse.

Effort intellectuel 


Celui qui s’absorbe dans son étude au point d’en oublier l’heure a dépassé la notion d’effort. Il en a peut-être fourni pour créer les conditions propices, mais aujourd’hui l’effort ne lui pèse plus.

Pour dépasser l’acceptation des pensées toutes faites il semble que, comme pour l’apprentissage de la lecture, il faille fournir quelques efforts pour automatiser certains réflexes de pensée.  Si les machines peuvent apprendre, il doit bien y avoir des principes de réflexion qui permettent de déterminer la valeur des données.

Quand on bute sur une contradiction, la nier ne la fait pas disparaître pour autant. La résoudre demande parfois des efforts exigeants, dont des difficiles comme changer de point de vue ou abandonner les certitudes qui nous ont mené là.  Ça s’apprend, ça se fait. Étendre sa compréhension devient au moins aussi valorisant que pouvoir courir 10 km ou jouer de la musique. On peut même y arriver en s’amusant.  Nos rédacteurs vous y invitent.

Illustration : HypnoArt - Pixabay

Support à la performance 

 
La gestion des ressources humaines en éducation n’échappe pas à la tourmente dans laquelle sont plongés les RH partout ailleurs.  

Les nouveaux professeurs comme les étudiants font face à des modes d’opération et d’organisation hérités de l’ère industrielle et dont la valeur leur échappe. Dans un contexte changeant, de quel support ont besoin les professeurs et leurs étudiants ? On discute de «performance» et d’efficacité, mais en ce qui concerne l’apprentissage, ces termes prennent des nuances qualitatives qui n’ont que peu à voir avec la rentabilité ou la quantité.

L’idée de tout prévoir est graduellement remplacée par l’établissement d’orientations générales et de cadres où l’autonomie des acteurs est respectée, où l’on favorise le développement de leurs capacités dans leur contexte et où la signification de ce qui est demandé est manifeste.  Ce qui s’applique aussi bien au personnel éducatif qu’aux étudiants. Ainsi on supporte la «performance» de chacun.


360° 


Dans un environnement virtuel on n'a plus à imaginer, on voit la scène tel que l’auteur l’a conçue. Celui qui est immergé dans une réalité virtuelle jouit d’une autonomie qui la rend d’autant plus réelle, surtout s’il entre en interaction.

On peut montrer la réalité ou la fiction, on peut même montrer le futur ou le passé en interaction, tester des hypothèses, élaborer des solutions, etc., ce qui fait de la réalité virtuelle (RV) un outil de choix en enseignement.

Dans un monde de zapping, le besoin d’établir rapidement un contexte fort est en partie comblé par la RV. Le voyageur se frotte à sa destination avant même de partir, l’ouvrier visite le chantier en devenir, le travailleur s’initie à sa future entreprise et l’étudiant aux concepts généraux et aux contextes de différentes disciplines, le tout rapidement et à volonté.

Bien sur ceci n'est que du texte, vous imaginez la scène. Reste à en faire l'expérience.

Animé 


En animation, il s’agit bien plus que de faire bouger les gens ou de les stimuler; on touche à l’essence de l’activité, pourquoi on la fait.  

L'animateur fait en sorte que les participants s’investissent. La satisfaction est à la mesure de l’implication. On se mouille à divers degré dans nombre d’activités et certaines nous tiennent plus à coeur que d’autres.  Le coeur, voilà le levier principal, mais pour l’atteindre, surtout en groupe, la tâche est délicate.  Le bon animateur laisse son ego à la porte et incite les autres à en faire autant : le groupe vise plus grand que soi et l’animateur comprend que personne n’y arrivera seul.

Animation pédagogique, sociale, politique, de groupes en présence ou à distance, de participants chevronnés ou timides, nous avons besoin d’animateurs compétents dans des groupes où chacun peut assumer un rôle satisfaisant, à sa mesure. Viendrez-vous à la prochaine activité ?

Objectif emploi 


L’école fait ce qu’elle peut pour préparer ses diplômés au «marché du travail», mais ce dernier évolue et se transforme si rapidement que les employeurs n’ont d’autre choix que d’assurer la formation finale de leurs recrues.

L’école n’est pas l’entreprise et le client ne fréquente pas souvent les salles de classes.  Cependant rien n’empêche l’école de s’y frotter. Les initiatives entrepreneuriales et les simulations d’entreprises se développent jusqu’à l’école primaire.

Des perturbations appelées «robotisation» et «intelligence artificielle» viennent troubler les perspectives. Les plus alarmistes oublient l’histoire et la créativité de l’humain.  Une des ressources vitales d’une société prospère est constituée de la volonté de ses gens à travailler et à réaliser leurs ambitions. Tant que cette volonté est entretenue, il n’y a rien à craindre pour les emplois, il y en aura toujours de nouveaux. Dans une société de plus en complexe et inter-reliée, l'apprentissage devient continu. Ainsi nous évoluons avec elle.
 

Passé recomposé 


Nous trimballons notre passé sans trop le savoir. Parfois des réminiscences, parfois des intuitions, parfois de pures inventions.

La remise en question de ce que nous pensons être notre passé, qui souvent s’apparente à une mythologie convenue, devient nécessaire sinon salutaire à la résolution de situations figées.

Parmi nos questions fondamentales, «D’où venons-nous ?» demeure ouverte et passionnante. Tout ce que nous percevons du passé, nous le reconstituons dans notre vision du monde. Plus cette vision est précise et riche, mieux on se situe et meilleures sont nos décisions.

Notre capacité à remonter le passé se développe sur tous les plans et c’est en reconstituant la trame par un répertoire de démarches, pas toutes technologiques, que l’on parvient au portait d’ensemble et obtient des éléments pour aller encore plus loin. Bien sur que les données peuvent être interprétées, mais certaines d’entre elles sont si imposantes qu’elles nous forcent à reconsidérer nos croyances, repousser la superstition et étendre notre compréhension du monde.