Anxiété / Apaisement 


Pour peu que nous soyons connectés au réseau, nous sommes mis «sous tension», alertés à tout propos et à différents niveaux.

Avant même de partir à l’école les enfants sont «sensibilisés» aux prédateurs, chauffards, terroristes, arnaqueurs, harceleurs. Ils devront aussi affronter des facteurs environnementaux hostiles, des menaces à leur santé et même à leur identitié. Et si ce n’est pas suffisant, zombies, fantômes et vampires menacent. Et avec ça on leur demande de réussir, d’être performants et de demeurer détendus malgré des exigences scolaires «capitales» de leur cheminement.

L'anxiété, avec l’ennui, est l'une des deux balises entre lesquelles l’apprentissage peut se réaliser. Il appert que l’anxiété est devenue un problème dans plusieurs institutions éducatives. La seule réponse efficace connue et générique contre l’anxiété est d’augmenter les aptitudes à répondre au facteur d’angoisse. Des aptitudes sociales, physiques, intellectuelles, émotives, techniques, financières... , peuvent être développées pour en arriver à un environnement apaisé, où l’on pourra apprendre à l’aise et viser des buts inspirants, bien au delà de la survie.

Illustration :  Bessi - Pixabay

Tic pour enseignants 


En principe, les technologies dans les écoles sont destinées à faciliter l’apprentissage. Dans les faits, qu’elles le facilitent ou pas a relativement peu d’importance : on les y introduit et il faudra faire avec.

Même si dans bien des milieux la passivité et la résistance à leur égard est manifeste, on ne peut outrepasser leur existence et faire comme si les technologies ne s’étaient pas imposées partout ailleurs. De toutes façons, enseigner à les utiliser et à bien les utiliser est du rôle de l’école.

Les professeurs surestiment systématiquement les compétences technos de leurs élèves dans leur ensemble. Même à l’université, la plupart des étudiants ne connaissent que les fonctions de base de leurs outils. Pour aller plus loin avec les technologies, il faut en intégrer l’apprentissage dans l'enseignement même. Les arguments pour et contre les technologies ne manquent pas. Leur effet général en éducation, sur les façons de penser et de travailler, est pour le moins mitigé, mais il est évident que l’on ne reviendra pas en arrière.  C’est bien à nous d’en tirer le meilleur et personne ne le fera à notre place.
 

Micro-learning 

Dans un monde complexe, on doit pouvoir comprendre rapidement beaucoup de choses sans avoir à s’astreindre à de longues formations peu spécifiques.

Plus qu’une nouvelle mode, le micro-learning permet à plus de gens d’opérer avec succès dans des systèmes complexes et changeants.

Dans une ère de flux continus, opérationnels 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, on apprend rapidement et fréquemment à appliquer ce qui est nécessaire, à comprendre ce qui vient de changer, à répondre à la situation qui ne se présente pas souvent, le tout sans quitter son poste de travail et en mettant à profit une disponibilité aléatoire. Même à l’école la souplesse du micro-learning est appréciée car elle permet à des groupes disparates de s’harmoniser sur des points essentiels ou à des individus de combler leurs lacunes identifiées.

Vraiment, l’air du temps est au micro-learning

Littératie numérique 


En dehors de nos pratiques professionnelles et régulières, nous pataugeons le plus souvent dans un bain technologique dont nous ne maitrisons que les rudiments tant on trouve de variété et de disparités. Du téléphone à la télécommande, de FB à Slack, du contrôle du chauffage à celui du micro-onde, du projecteur à l’imprimante, la simplicité n’est pas tout à fait au rendez-vous.

Devant une opération irrégulière à effectuer, nous nous en sortons le plus souvent en faisant appel à une ressource externe, à un spécialiste du bidule qui nous nargue ou un expert du décryptage de la logique cachée. En ce sens, nous sommes devenus des experts du réseau ou des dépendants du numérique, selon le point de vue.

Le numérique impose un changement systémique qui dépasse actuellement notre vitesse d’adaptation sociale.  Dans les compétences à développer en littératie numérique, on trouve heureusement celles de l’entraide et de la collaboration; celles-ci permettent de récupérer les laissés-pour-compte que nous devenons tous à un moment ou un autre. Voici un comportement ancestral approprié devant un défi commun.

Illustration : dcondrey - Pixabay

International ! 


Beaucoup d’écoles et la plupart des universités ressemblent aujourd'hui à des assemblées de l’ONU. Dans certaines disciplines, l’international est même un passage nécessaire et souvent attrayant.

Mais il n’y a pas que le prestige et le dépaysement qui sont associés à l’international; les conditions y sont souvent moins faciles que chez soi. Avec peu de repères, dans des contextes exigeants, plusieurs se rendent compte que le séjour professionnel dans un autre pays n’a rien à voir avec le tourisme d’agrément. Pour le réussir, l’effort doit être au rendez-vous.

Si l’excitation d’un séjour à l’étranger est toujours présente chez ceux qui s’apprêtent à partir, ceux qui reçoivent régulièrement des visiteurs ne sont pas tout à fait dans le même état d’esprit.  Il est de moins en moins accepté d’envoyer des candidats non-préparés à l’étranger tout comme il est moins apprécié de se faire recevoir par une administration tatillonne. On vient pour autre chose.

Bien des activités ne peuvent se concevoir qu’à une échelle internationale.  On ne se passerait plus de ces échanges qui nous enrichissent mutuellement...

Aimer apprendre 


Qui n’a jamais connu l’exaltation d’avoir appris quelque chose et d’en tirer un résultat, ne serait-ce que d’avoir lu tout seul une première bande dessinée ou d’avoir programmé sa première page web ?

La capacité de démontrer son savoir est la seule certitude qu’on peut obtenir.  À ce moment on peut commencer à avoir confiance : confiance en soi, confiance en ce que l’on a appris, confiance en ceux qui nous l’enseignent.

Comment entretenir cet esprit d’ouverture et de plaisir ?  Si notre façon d’enseigner agit comme un éteignoir, c’est qu’elle ne convient pas à notre audience.  Il ne s’agit pas de prendre la responsabilité de l’apprentissage de l’étudiant mais au contraire de la lui redonner, de créer les conditions dans lesquelles il puisse prendre cette responsabilité.  Ce qu’on aime apprendre nous sert…

Illustration : markusspiske - Pixabay

Apports externes 

L'un des rôles de l’école est de préparer les étudiants à oeuvrer dans leur milieu. Face au caractère brut du monde extérieur, l’école aborde sa complexité par segment; elle démontre l’intérêt et le sens de chacune de ses parties pour éventuellement en développer une vue d’ensemble, selon différents points de vue.

Mais tant qu’on reste à l’école, on sait que ce qu’on apprend n’est pas la réalité dans toute sa complexité et son dynamisme. Les apports du monde extérieur sont nécessaires pour pouvoir qualifier les importances et les priorités dans ce que l’on apprend. 

Mais le monde extérieur se suffit à lui-même; ce qui de lui s’invite à l’école le fait généralement par intérêt. C’est ce que l’école invite ou auquel elle rend visite qui représente une réelle valeur éducative : l’intérêt s’inscrit dans la démarche d’apprentissage. Classiques sorties culturelles ou industrielles ou activités participatives ? L’imagination ne manque pas quand il s’agit de ce qui nous intéresse.

Illustration : DarlaEbbets - Pixabay

Données d’apprentissage 


Jusqu’à récemment, ce qui restait de notre passage à l’école se résumait à quelques bulletins, quelques travaux finaux, parfois un album de finissants ou une photo de classe.

Considéré comme encombrant et de peu de valeur, le reste était systématiquement envoyé à la poubelle.

Avec le numérique, on peut conserver et classer l’activité de chaque étudiant. L’exploitation de ces données peut aboutir à des améliorations éducatives de grande valeur mais aussi à un profilage des élèves et à des canaux de guidage contraignants.  Le potentiel des données d’apprentissage (learning analytics) appelle de nouvelles responsabilités des institutions, autant au niveau de la sécurité des données que de leur exploitation. D’où l’importance de technologies comme le BlockChain pour en contrôler la diffusion. Le droit à la vie privée devient un enjeu social important.  On ne tient pas à ce que chacune de nos difficultés ou tentatives maladroites devienne de notoriété publique à tout propos.

La réputation d’intégrité des institutions éducatives est mise au défi. On espère de bonnes politiques pour aider à la préserver.

Amplification sociale 


Le citoyen s’exprime et voit sa portée amplifiée par ses concitoyens dans la mesure où il est apprécié, sans avoir à clamer sa légitimité. Les images parlent d’elles-mêmes.

Mais de légitimité des sources nous avons besoin pour faire des choix, d’autant que les sources se sont multipliées : 2,3 milliards d’inscrits sur les réseaux sociaux, chacun étant potentiellement un média, des centaines de millions de blogues… Sous la pression, nous avons remplacé la légitimité morale par la légitimité rationnelle de ce qui peut se compter; la popularité est presque le seul critère qui s’applique objectivement. Mais pour certains, tous les moyens sont bons pour l'obtenir.

La manipulation des faits ignore les conséquences de l’introduction de faussetés dans les rapports humains. Ce fait menace l’intégrité de la formation acquise par les individus via internet. D’où le rôle stratégique essentiel d’une éducation «classique», c’est à dire, une éducation qui forme au jugement critique et à la qualité de la réflexion.

À nous d’éveiller au monde; au beau aussi bien qu’à ce qui l’est moins, à l’agréable et aussi au difficile.

Illustration :Mario in arte Akeu via Foter.com / CC BY-NC-SA

Style italien 


Un point commun des pays européens et méditerranéens est d’avoir fait partie de l’Empire romain à une époque ou une autre. L’influence de Rome s’y est exercée intensément pendant plus de 500 ans dans plusieurs régions.

Le latin, langue de la culture, du pouvoir, de l’administration, de la religion et du commerce s’est immiscé dans les structures de presque toutes les langues européennes. Son utilisation persiste encore aujourd’hui et connaît même un un regain d’intérêt.

L’Italie continue de profiter de ce capital culturel bien intégré à sa réputation. Nous ne parlons pas Italien mais apprécions la gastronomie italienne, la mode italienne, le cinéma italien et bien d’autres choses dont nous ignorons même l’origine italienne.

Illustration : TreptowerAlex - Pixabay