Les apprenants, tous différents

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Comment assurer un enseignement de masse, tout en respectant les méthodes et aspirations de chacun ? La réponse se trouve dans la pédagogie différenciée et la pédagogie individualisée. La pédagogie différenciée est appliquée à tous, car tous les styles d'apprentissage sont immanquablement représentés dans un gorupe classe; alors que la pédagogie individualisée s'adresse à des personnes en nombre limité, parfois sur le temps de cours, le plus souvent en s'appuyant sur des dispositifs périphériques aux heures de cours.

Ces approches pédagogiques prenant en compte les particularités des apprenants ne sont pas encore généralisées. Pourtant, les expériences réussies abondent. 

La plupart des projets sont portés par des équipes éducatives dont les membres se soutiennent et échangent leurs bonnes pratiques. Le collectif est en effet d'une aide inestimable au moment de changer ses habitudes. Néanmoins, certains enseignants se lancent en solo, y compris à l'université, devant de grands groupes.  

En formation professionnelle, l'autonomie de l'apprenant et donc, la prise en compte de ses propres stratégies d'apprentissage, est assez répandue, sans doute à cause du postulat de maturité effectué à propos des apprenants. De nombreux outils aident à la mise en place d'une démarche de formation professionnelle individualisée. 

L'apprentissage uniforme n'est plus à l'ordre du jour. Place désormais à la reconnaissance des stratégies diversifiées. Cette semaine, Thot Cursus explore les pratiques et les fondements théoriques de la différenciation pédagogique. 

Traduire

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La part des sites en anglais décroît réguièrement. Dans quelques années, il y aura plus de sites en chinois que de sites en anglais. Une bonne raison d'apprendre cette langue, même si l'anglais demeure encore longtemps, sous une forme simplifiée, une langue de communication irremplaçable. 

Comment accéder au contenu des sites écrits dans une langue que l'on ne comprend pas ? En utilisant un traducteur automatique. L'ogre Google nous propose aimablement de traduire les pages web dans de très nombreuses langues. Mais hélas, les performances de cette application, bien que supérieures à celles des concurrents, restent en-deçà de ce que nous espérons.

La vidéo est reine sur Internet. Mais là encore, la barrière de la langue limite le partage des vidéos sur la toile. Heureusement, des applications de sous-titrage, ergonomiques et gratuites, apparaissent. Tous ceux d'entre nous qui parlent une langue étrangère ont donc la possibilité de sous-titrer des vidéos dans leur langue maternelle, afin de favoriser leur circulation.

Néanmoins, il ne faut pas croire que quelques outils technologiques nous transforment tous en traducteurs. Car la traduction exige certes un solide bagage linguistique, mais aussi une excellente culture générale, de manière à adapter le texte à son auditoire sans trahir la pensée de son auteur. Les traducteurs voient leur métier évoluer avec les TIC, mais ces dernières ne sont pas prêtes à les remplacer.

A côté des traducteurs professionnels, il existe d'importantes communautés de traducteurs amateurs, qui mettent leurs compétences à disposition des internautes pour diffuser des informations au plus près des lecteurs. Thot Cursus cette semaine salue le travail effectué par la communauté de blogueurs et de traducteurs de Global Voice. Tous ces bénévoles nous aident grandement à comprendre le monde. 

 

Faites-le vous-même !

La philosophie du "faites-le vous-même" gagne du terrain. Elle nous invite à fabriquer ou réparer nos propres objets plutôt que de les remplacer par des versions plus nouvelles. Elle nous fait réaliser la valeur du travail manuel ou technique bien fait. Elle nous fait prendre conscience du fait que notre liberté ne se résume pas à choisir parmi une multitude de produits prêts à l'emploi, mais nous autorise également à ne pas les utiliser.

Les outils numériques nous permettent de déléguer à la machine des opérations astreignantes et peu valorisantes pour ceux qui les réalisaient auparavant; ils nous permettent aussi d'entrer dans le ventre des machines programmables, de rejoindre des communautés d'experts, de fabriquer les pièces qui viendront remplacer celles qui sont usées dans notre lave-linge ou notre imprimante. Les imprimantes 3D qui produisent des objets dans des matériaux divers, extrêmement chères actuellement, vont probablement se généraliser et devenir accessibles à un plus grand nombre de gens. 

On peut voir fonctionner des imprimantes 3D dans les "fablabs". Ces ateliers qui accueillent tous les bricoleurs et inventeurs s'ouvrent un peu partout. 

Allons-nous retrouver le goût de l'artisanat grâce au numérique ? C'est possible. D'autant plus que la "société de la connaissance" ne tient pas ses promesses de démocratisation de l'accès au savoir et aux activités créatives. Celles-ci restent cantonnées à un petit nombre de personnes, les "dirigeants" et "décideurs" en tous genres. les autres, nous tous, n'avons que des miettes ou des simulacres d'activités créatives à nous mettre sous la dent. 

Alors, plutôt que de s'imaginer en roi du monde bâtissant sa fortune sur une invention changeant la vie de millions de personnes, peut-être vaut-il mieux commencer par apprendre à réparer son vélo, à débloquer son imprimante programmée pour s'arrêter après un certain nombre de copies, à cultiver son jardin.

photo : Thomas R. Stegelmann via photo pin cc

Outils de visualisation

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Nos stratégies d'apprentissage s'élaborent en interaction permanente avec notre environnement. Et celui-ci, surtout si l'on considère sa composante numérique, est actuellement saturé d'images. Images que l'on regarde, image que l'on fabrique, avec des outils de plus en plus variés et performants.

Aucun domaine n'échappe à la vogue de la visualisation des données. Nous en examinerons trois. 

Tout d'abord, l'enseignement et de la formation. Les cartes heuristiques et conceptuelles y sont désormais reconnues comme de puissantes aides à la structuration de la pensée. On assiste par ailleurs au développement d'outils de gestion et d'organisation visuelle des données bibliographiques. 

La gestion de projet en contexte professionnel ensuite. Diagrammes, work flows, schémas... permettent de visualiser des processus complexes de distribution des tâches, de fabrication ou de commercialisation. Depuis quelques temps, la cartographie de l'information trouve de nouvelles applications dans le champ de l'aide à la décision, la justesse de cette dernière étant conditionnée par la prise en compte d'une multitude de paramètres et de leurs inter-relations.

L'activité en ligne, enfin. La vitesse et la densité des connexions sont inconcevables sans l'aide d'outils de représentation. Les réseaux formels et informels se créent et évoluent constamment. Des applications logicielles ont donc été créées pour traiter et visualiser ce considérable ensemble de données, notamment afin de prendre la mesure du développement de tel ou tel service, de la localisation géographique de ses usagers, des liens que ces derniers entetiennent entre eux. 

Ce dossier ne serait pas complet s'il ne s'intéressait aussi à l'infographie. Le risque de fascination pour cette représentation flatteuse est réel, qui nous conduirait à accorder une confiance aveugle à ce qui nous est si joliment montré. Nous devons donc apprendre à lire ces nouvelles représentations, à les analyser comme nous avons appris à analyser l'information textuelle disponible sur la toile.

 

Formation professionnelle

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Ces 25 dernières années, la formation professionnelle a du affronter un défi de taille : former des professionnels de plus en plus adaptables, de plus en plus autonomes, capables de s'intégrer dans des environnements de plus en plus complexes et surtout changeants.

Ce discours est largement porté par les économistes de l'emploi, qui ont érigé la mobilité en sésame de l'employabilité. Les ressources en ligne pour se former sont nombreuses, si nombreuses que l'on peut s'y perdre. Des guides existent pour s'y retrouver.

On peut se demander ce que valent les spécialisations et certifications métiers. Pourquoi, alors que nous sommes tous susceptibles de changer plusieurs fois de métier au cours de notre vie active, devrions-nous nous spécialiser en amont de l'emploi ? Ne faut-il pas plutôt viser l'acquisition de compétences transversales, et acquérir une spécialisation sur le poste de travail ? 

Les métiers pourtant ne disparaissent pas derrière les fonctions. L'industrie de la métallurgie par exemple cherche désespérément des chaudronniers, soudeurs, métalliers... et drague ouvertement les jeunes sur la toile, avec la complicité active des centres de formation. On sera frappé, au vu des vidéos de promotion de ces métiers, par la volonté d'en renouveler l'image, d'en montrer les meilleurs aspects.

On comprend surtout que l'emploi dans cette branche, c'est du lourd, du palpable, du concret. Avoir un boulot qui donne la satisfaction de pouvoir regarder chaque soir ce que l'on a fait, beaucoup en rêvent. Savoir faire quelque chose, grâce à la connexion de son esprit avec sa main, permet de gagner sa vie, dans tous les sens du terme.

Bande dessinée

Le succès actuel de la bande dessinée doit beaucoup au manga d'une part, à de nouveaux genres récemment apparus d'autre part.

Venu du Japon, le manga représente actuellement une part considérable du marché de la BD, notamment en France, première terre d'exportation de ce genre particulier. Le manga a parfaitement réussi sa migration sur le web. Au grand dam des éditeurs qui, comme leurs collègues de la musique ou du cinéma, craignent de voir fondre leurs profits à cause du téléchargement illégal; mais au grand plaisir des lecteurs qui assouvissent leur passion sur de multiples plateformes, encouragés par certains mangakas qui rivalisent d'imagination pour intégrer la lecture en ligne et le téléchargement aux pratiques légales.

La BD reportage fait quant à elle partie des genres nouveaux qui remportent un vif succès. Sans doute parce qu'elle nous transporte à hauteur d'homme dans les régions tourmentées du monde et de l'histoire.

Les nouveaux modes de publication jouent aussi un rôle important dans la découverte des jeunes talents et le renouvellement de l'imagination des auteurs : cases géantes, réalité augmentée, interaction avec le lecteur sont déjà parmi nous.  

Il aurait été étonnant que le monde éducatif se prive d'un support aussi populaire que la bande dessinée. Avec des outils faciles à prendre en main, les enseignants apprennent à élaborer leurs propres planches, avant d'y inviter leurs élèves. Les bandes dessinées éducatives se comptent par centaines, partout dans le monde, et voilà que la formation en ligne elle aussi succombe à l'attrait de la BD. Mais attention : le scénario doit être à la hauteur de l'habileté graphique.

Alors que se déroule actuellement le Festival de bande dessinée francophone de Québec, Thot Cursus se penche sur le 9e art.

photo : Dhammika Heenpella / Images of Sri Lanka via photopin cc

 

Encyclopédies et dictionnaires

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L'auteur de cette photo, enfant dans les années 60, la commente ainsi : "c'était mon internet, ma source de connaissance. Avec la Britannica qu'il y avait à l'école, elle m'a procuré beaucoup, beaucoup d'heures de recherche et de lecture guidées par la curiosité". 

On ne considèrera pas Internet comme notre nouvelle encyclopédie. Les informations n'y sont ni hiérarchisées, ni ordonnées. Néanmoins, Internet procure encore plus d'heures de découverte et d'émerveillement que l'encyclopédie du petit garçon des années 60. 

Internet a brutalement dégradé les encyclopédies de papier au rang d'objets encombrants et inutiles. Au point que de nombreux enfants aujourd'hui ne savent plus chercher dans un tel ensemble de volumes, ni même dans un dictionnaire. Google est devenu leur seul index. 

Mais Internet regorge également d'encyclopédies et de dictionnaires, bien plus que les bibliothèques des plus grandes institutions éducatives. Les encyclopédies en ligne ne sont pas les copies de leurs ancêtres de papier. Elles offrent une plus grande place au lecteur. La plus célèbre d'entre elles, Wikipedia, a même supprimé la hiérarchie entre ceux qui consultent et ceux qui sont autorisés à écrire : les seconds sont tirés des rangs des premiers. En autorisant chacun à écrire dans sa langue et sur le sujet de son choix, elle a ouvert le chemin des savoirs livresques à ceux qui jusque là en étaient privés, ou qui devaient emprunter une autre langue pour y accéder. 

Des institutions toujours plus nombreuses alimentent la toile en collections et réserves contenant des merveilles. Là encore, c'est l'indexation soigneuse qui permet l'accès aux oeuvres de son choix.

Cette semaine, Thot Cursus plonge dans les collections, encyclopédies, dictionnaires et autres glossaires rigoureusement ordonnés.

Les étudiants et les Tice

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Dans un établissement éducatif, le prof reste le prof et l'étudiant reste l'étudiant. Sous cette formule un peu provocatrice se cache une réalité : même pour ce qui touche aux technologies de l'information et de la communication, les enseignants doivent apprendre aux étudiants à utiliser les outils. Bien sûr, personne n'apprendra à un jeune insolent de 19 ans à peine la manière d'utiliser son réseau social favori. Mais quand il s'agit d'utiliser un forum, un wiki, de rédiger des contenus pertinents et réguliers, alors...

Les étudiants sont par ailleurs attachés aux formes traditionnelles de l'enseignement, quand elles leur donnent ce qu'ils attendent : une interaction avec un enseignant et, éventuellement, avec des pairs. Voilà de quoi conforter la position de tous ceux qui croient qu'on construit les savoirs et sa pensée en échangeant bien plus qu'en avalant des pages de textes. D'où l'importance des forums animés dans les cours en ligne. 

Et quand les étudiants s'intéressent vraiment aux TIC, qu'ils mettent les mains dans le code, cela donne parfois des résultats spectaculaires : certaines applications désormais fort connues sont nées de projets étudiants. D'autres ne demandent qu'à trouver des financeurs pour prendre leur envol.

Cette semaine Thot Cursus arpente les couloirs des établissements d'enseignement supérieur à la rencontre des étudiants.

 

Orientation

Chaque année revient le temps de l'orientation. Les forums en ligne bruissent de toutes les questions et inquiétudes des jeunes qui doivent, alors qu'on ne leur a guère jusqu'alors demandé ce qu'ils voulaient faire en classe, décider de leurs études à venir. Beaucoup ont le sentiment de ne pas être capables de prendre de telles décisions, tant leur avenir leur apparaît flou et tant ils ont conscience de ne pas disposer des éléments suffisants pour faire un choix judicieux.

Ce n'est pas qu'ils manquent d'information, sûrement pas. Les écoles, universités, centres de formation et professionnels de l'orientation rivalisent d'ingéniosité pour attirer l'attention des jeunes. Le ton général du discours est triomphant : à condition d'être malin et de contacter les bonnes personnes, l'orientation juste est à portée de main. Comme il semble facile, aux yeux des adultes, de ne pas se tromper!

Pourtant, ce discours est trompeur. Le « métier pour lequel vous êtes fait » ne vous attend nulle part. L'orientation sans risque d'erreur est une supercherie. Et surtout, l'erreur n'est pas catastrophique. Peut-on d'ailleurs considérer une année d'études sans suite comme une erreur ? N'y accumule t-on pas de l'expérience, des enseignements utiles sur ses propres capacités et la réalité d'une filière dont nous avions une vision sans doute idéale ?

Le temps de l'orientation, c'est le temps du projet à construire, pas celui de la formation et du métier à consommer. Cette semaine, Thot Cursus tente d'aller au-delà des discours stéréotypés sur l'orientation scolaire et universitaire, valorise l'apprentissage et les chemins de traverse.

 

photo : Earl - What I Saw 2.0 via photopin cc

Mathématiques

Les maths et les TIC s'entendent bien. Pour programmer, il faut être bon en maths. Pour construire des modèles de gestion des risques financiers et passer des ordres à la vitesse de la lumière, aussi. De nombreux environnements de travail numériques dédiés aux maths sont disponibles, souvent gratuitement. Les matheux se voient proposer de multiples concours et rallyes mathématiques en ligne. 

Pourtant, en dépit de leurs connexions étroites avec des métiers de pointe, les maths souffrent d'une image dégradée. Leur rôle excessif dans la sélection des élèves susceptibles d'accéder aux meilleures études supérieures y est pour beaucoup. De plus, les maths et leur haut degré d'abstraction rebutent les amateurs d'apprentissages concrets et pratiques. Pourtant, les maths sont utiles dans tous les aspects de la vie quotidienne.

Ceux qui s'intéressent d'avantage à l'art qu'à la froide réalité des chiffres seront sans doute touchés par la dimension esthétique des maths. Du cinéma aux arts plastiques contemporains, les représentations créatives des maths abondent.

Cette semaine, Thot Cursus explore donc le monde des chiffres et des équations, guidé par des mathématiciens désireux de faire partager leur passion.

photo : widdowquinn via photopin cc