Support à la performance 

 
La gestion des ressources humaines en éducation n’échappe pas à la tourmente dans laquelle sont plongés les RH partout ailleurs.  

Les nouveaux professeurs comme les étudiants font face à des modes d’opération et d’organisation hérités de l’ère industrielle et dont la valeur leur échappe. Dans un contexte changeant, de quel support ont besoin les professeurs et leurs étudiants ? On discute de «performance» et d’efficacité, mais en ce qui concerne l’apprentissage, ces termes prennent des nuances qualitatives qui n’ont que peu à voir avec la rentabilité ou la quantité.

L’idée de tout prévoir est graduellement remplacée par l’établissement d’orientations générales et de cadres où l’autonomie des acteurs est respectée, où l’on favorise le développement de leurs capacités dans leur contexte et où la signification de ce qui est demandé est manifeste.  Ce qui s’applique aussi bien au personnel éducatif qu’aux étudiants. Ainsi on supporte la «performance» de chacun.


360° 


Dans un environnement virtuel on n'a plus à imaginer, on voit la scène tel que l’auteur l’a conçue. Celui qui est immergé dans une réalité virtuelle jouit d’une autonomie qui la rend d’autant plus réelle, surtout s’il entre en interaction.

On peut montrer la réalité ou la fiction, on peut même montrer le futur ou le passé en interaction, tester des hypothèses, élaborer des solutions, etc., ce qui fait de la réalité virtuelle (RV) un outil de choix en enseignement.

Dans un monde de zapping, le besoin d’établir rapidement un contexte fort est en partie comblé par la RV. Le voyageur se frotte à sa destination avant même de partir, l’ouvrier visite le chantier en devenir, le travailleur s’initie à sa future entreprise et l’étudiant aux concepts généraux et aux contextes de différentes disciplines, le tout rapidement et à volonté.

Bien sur ceci n'est que du texte, vous imaginez la scène. Reste à en faire l'expérience.

Animé 


En animation, il s’agit bien plus que de faire bouger les gens ou de les stimuler; on touche à l’essence de l’activité, pourquoi on la fait.  

L'animateur fait en sorte que les participants s’investissent. La satisfaction est à la mesure de l’implication. On se mouille à divers degré dans nombre d’activités et certaines nous tiennent plus à coeur que d’autres.  Le coeur, voilà le levier principal, mais pour l’atteindre, surtout en groupe, la tâche est délicate.  Le bon animateur laisse son ego à la porte et incite les autres à en faire autant : le groupe vise plus grand que soi et l’animateur comprend que personne n’y arrivera seul.

Animation pédagogique, sociale, politique, de groupes en présence ou à distance, de participants chevronnés ou timides, nous avons besoin d’animateurs compétents dans des groupes où chacun peut assumer un rôle satisfaisant, à sa mesure. Viendrez-vous à la prochaine activité ?

Objectif emploi 


L’école fait ce qu’elle peut pour préparer ses diplômés au «marché du travail», mais ce dernier évolue et se transforme si rapidement que les employeurs n’ont d’autre choix que d’assurer la formation finale de leurs recrues.

L’école n’est pas l’entreprise et le client ne fréquente pas souvent les salles de classes.  Cependant rien n’empêche l’école de s’y frotter. Les initiatives entrepreneuriales et les simulations d’entreprises se développent jusqu’à l’école primaire.

Des perturbations appelées «robotisation» et «intelligence artificielle» viennent troubler les perspectives. Les plus alarmistes oublient l’histoire et la créativité de l’humain.  Une des ressources vitales d’une société prospère est constituée de la volonté de ses gens à travailler et à réaliser leurs ambitions. Tant que cette volonté est entretenue, il n’y a rien à craindre pour les emplois, il y en aura toujours de nouveaux. Dans une société de plus en complexe et inter-reliée, l'apprentissage devient continu. Ainsi nous évoluons avec elle.
 

Passé recomposé 


Nous trimballons notre passé sans trop le savoir. Parfois des réminiscences, parfois des intuitions, parfois de pures inventions.

La remise en question de ce que nous pensons être notre passé, qui souvent s’apparente à une mythologie convenue, devient nécessaire sinon salutaire à la résolution de situations figées.

Parmi nos questions fondamentales, «D’où venons-nous ?» demeure ouverte et passionnante. Tout ce que nous percevons du passé, nous le reconstituons dans notre vision du monde. Plus cette vision est précise et riche, mieux on se situe et meilleures sont nos décisions.

Notre capacité à remonter le passé se développe sur tous les plans et c’est en reconstituant la trame par un répertoire de démarches, pas toutes technologiques, que l’on parvient au portait d’ensemble et obtient des éléments pour aller encore plus loin. Bien sur que les données peuvent être interprétées, mais certaines d’entre elles sont si imposantes qu’elles nous forcent à reconsidérer nos croyances, repousser la superstition et étendre notre compréhension du monde.

Évaluation en cours 


Lorsque, jeune homme, mon grand-père s’est présenté à la «Compagnie», on a mesuré la taille de ses poignets. Puis on l’a affecté à la scierie : il n’avait pas le standard pour être bucheron.

Il est plutôt ridicule d’attendre une sanction finale à la fin de l’année scolaire alors qu’on sait généralement depuis le début qui réussira et qui échouera dans le contexte figé de la plupart des programmes éducatifs, plutôt que de faciliter des apprentissages significatifs pour chacun. Bien des critères d’évaluation actuels comme les capacités de conceptualisation, de verbalisation ou de synthèse sont utilisés de la même façon que «la taille des poignets».

«Est-ce que c’est noté ?» est souvent la donnée essentielle qui déterminera l’effort que l’étudiant investira dans son étude.  Avec pour résultat que le plus souvent il aura tout oublié une fois l’examen passé. Au lieu de provoquer le désengagement des étudiants dans leur propres études, l’évaluation peut se transformer en un processus clé dans l’apprentissage. On parle de responsabilisation : avant tout celle des étudiants. Ce peut même être là la finalité de l’évaluation.

Réalités superposées 


Se plonger dans un livre ou s'immerger dans un univers virtuel requiert des dispositions mentales différentes. La lecture demande un effort de décodage et d’évocation par le lecteur alors que ce travail est marginal pour le nageur virtuel participant directement à l’action.

Coté création, s'il est facile d’écrire, réaliser une oeuvre en 3D se situe à un autre ordre d’investissement. L’écriture conserve l'avantage de la simplicité.

On a connu les rats de bibliothèques, plus ou moins déconnectés de la réalité courante, on aura surement les écureuils de consoles, excités par des entités parallèles ubiquites, et les spectres de sofas, détachés des contingences biologiques et sociales. Des illuminés et des ascètes d’un autre genre, rien de nouveau finalement.

Des réalités qui se superposent, communiquent entre elles et s’influencent; on entre dans une jungle d’interactions où la gestion de notre attention devient une habileté essentielle. Les avantages des réalités augmentées dépassent les pertes; on parle d’un enrichissement du quotidien.

Apprenti-citoyen 

 
Ce n’est pas tant un modèle de citoyen qu’une société tente de suggérer qu’un ensemble de règles de fonctionnement et d’institutions à maintenir pour en arriver à profiter des avantages de vivre ensemble. Chacun peut y prendre un rôle.

Le développement de la pensée critique et la défense de la liberté d’opinion et d’expression semblent être des points consensuels des différents programmes d’éducation citoyenne. Même si on se questionne quant à l’efficacité réelle de ces programmes, le seul fait d’expérimenter le débat et d’entendre différents points de vue constitue l’essentiel de ce qu’il y a à apprendre : que chacun puisse s’exprimer et que l’on puisse jauger la valeur des connaissances et arguments invoqués.

Idéalement, chacun a voix au chapitre et internet nous en donne les moyens.  Reste à trouver comment et l’école est aux premières loges de la démarche.

Compétences vives 


Les compétences se développent, s'entretiennent, se perdent.  Elles ne sont pas absolues mais se définissent par rapport à des attentes dans un environnement physique et social. Si l’environnement change, que les outils ou les valeurs se modifient, certaines compétences se dévaluent alors que d’autres sont appelées à se développer.

On est toujours heureux de progresser vers ce que l’on souhaite et le succès est spontanément associé à la compétence, mais ce qu’on reconnaît moins est que cette compétence s’est construite par nombre d’essais, d’expérimentations, d’échecs et de remises en question. Les personnes véritablement compétentes ne sont pas démontées par les imprévus et les situations inédites.

Savoir étudier pour appliquer est cette compétence de base qui dépasse de loin celle d’être capable de réussir un examen. C’est pourquoi un enseignement construit autour de compétences parait préférable : l’application donne un sens aux savoirs.  Un bouquet de compétences a toujours été nécessaire pour réussir dans ce monde. Cette édition en offre un aperçu.

Illustration : tpsdave - Pixabay

Distance Japon 


Nos parents rêvaient du Japon, nos enfants s’y aventurent. Entre les deux époques, des contacts se sont graduellement établis. Presque tous avons des amis ou des connaissances qui y ont passé des semaines, des mois, voir des années.

Sur plusieurs plans l’influence culturelle du Japon est importante : management, industrie, jeu vidéo, alimentation, éducation, spiritualité, etc. forment un ensemble cohérent dans lequel nous nous immergeons régulièrement. Suffisamment pour que nous apprécions ce pays sans même jamais y être allé.

Internet contribue à ce changement de perspective. De pays fermé et isolationniste le Japon s’est ouvert au monde tout en cultivant sa spécificité.  Ne serait-ce que sur ce point, le Japon nous apprend quelque chose : il a développé sa manière d’intégrer les influences extérieures et nous les retourner avec sa touche.