Commencer 

Facile de commencer… ! L’attention, la curiosité, l’ouverture initiale sont présentes chez la plupart des individus.  On profite de l’attrait de la nouveauté et de la «chance au coureur» qu’on nous accorde et qu’on s’accorde.  On a droit à quelques maladresses et à des occasions de s’ajuster.

Mais si on ne réussit pas rapidement, notre jugement s’impose: soit ce n’est pas bon pour soi, soit on est pas bon pour ça. Certains arrivent avec ce genre d’idée négative avant même de commencer. D’où la nécessité de créer l’ouverture et les bonnes dispositions dès l’accueil.

Car on se projette inévitablement dans le futur, on se situe dans le nouveau contexte, avec de nouvelles personnes. Chacun arrive avec son bagage et ses attentes et entre en relation avec ce qui débute. Une démarche réussie en tient compte : on découvre les antécédents de chacun et ses ambitions. On les crée au besoin.

Illustration : Fudowakira

Engagement sporadique 

Mobilité, juste-à-temps, gestion agile, personnalisation…  nous avons adopté et intégré plusieurs nouvelles pratiques tout en en appréciant les avantages immédiats.

Toujours connectés, notre disponibilité est maintenant fragmentée. Dans l’abondance et l’intensité, nous sommes devenus moins tolérants aux manquements, aux délais, à l’ennui. On trouve mieux et tout de suite ailleurs. Dans un tel contexte, l’engagement devient conditionnel et il faudra une bonne dose d’avantages perçus et de défis renouvelés pour qu’un engagement persiste.

Autant pour les enseignants que les étudiants, plus de communication amène plus de compréhension, de participation et d’engagement avec, en prime, de meilleurs résultats académiques.

Illustration : Peggy_Marco

Déviation poétique 


Quand tout est achevé
Que la volonté finit de se consumer,
brûlée au feu des jugements
On peut reprendre tous nos droits.

Civiliser les spéculateurs
Inerver les coeurs de pierre,
Séduire les insectes
On se déplace jusqu'à ce qu'un accord
rappelle l'acceptable
Aussi loin que la fantaisie peut nous porter.

Le réflexe poétique peut se passer de toute justification
Même celle d'être apprécié
L'asservissement ordinaire ne résiste pas à l'acide poétique
Sa structure opérationnelle hackée vers la vie

Cette édition d'été pour nous rappeler que la poésie est à notre portée, tout le temps.

Illustration : Faizal Sugi

Transition 


Dans un monde en transformation rapide, notre capacité d’adaptation devient une «compétence transversale» nécessaire.  Soit on s’adapte plus ou moins facilement aux changements, soit on s’en exclut.  Devant le menu des possibilités chacun doit trouver celles qui lui conviendront le mieux.

En éducation, le poids des traditions devient presque tangible quand vient le temps de changer les pratiques pédagogiques. Mais heureusement cette inertie disparait pratiquement quand on permet aux gens de prendre le contrôle du changement et que l‘on augmente leurs connaissances et leurs compétences. On influe sur son environnement autant que notre environnement nous influence; on évolue avec et on participe à cette évolution.

Pour les étudiants, les transitions obéissent aux mêmes règles : même si on perd plusieurs repères d’un coup, certains acquis demeurent, surtout ceux que l’on transporte avec soi-même. Face au changement, la formation et la participation sont apparemment les meilleures réponses.

Je nous montre 


La fin de session est le moment de montrer ce que l'on a fait, ce que l'on sait, ce que l'on peut, ce que l'on vaut.

C'est surtout ce que les étudiants produisent qui  les enthousiasment et non pas l’éventualité des vacances. Pourquoi y mettre tant d’efforts ?  Parce que l’activité de diffusion publique en elle-même est formatrice et mobilisante; souvent des mois de préparation y sont investis.

Cette édition montre comment les traditions de fin d’année s’adaptent aux nouvelles réalités technologiques et sociales. Les professeurs proposent des défis aux étudiants; celui de fin d’année est souvent le plus important. Rideau !
 

Effets musicaux 


Nous apprécions la musique pour ses effets aussi bien affectifs que physiologiques ou intellectuels.  

De là à l’utiliser pour favoriser l’apprentissage ou la créativité, il n’y a qu’un pas facile à franchir et avec quels résultats !  Les usages de la musique en éducation ne sont apparemment limités que par notre imagination. Même son apprentissage technique peut servir de prétexte et de stimulant dans la plupart des matières enseignées, des langues aux sciences, de l’architecture à la philosophie…

La musique rejoint aussi notre coté émotionnel, intuitif. créatif; on lui reconnait des effets apaisants, stimulants ou thérapeutiques. Avec le développement des technologies, tous peuvent faire de la musique pour le plaisir sans pour autant s’astreindre à une discipline stricte pendant des années.  La musique nous transforme et nous transformons la musique.

Êtes-vous prêt à écouter ? à jouer ? à danser ? à composer ? à apprendre ?

Agriculture augmentée 


L’agriculture, secteur d’emploi d’avenir ? Les agriculteurs ne pensent plus tant «charrue» et «tracteur» que «robot», «positionnement» et «données». Nourrir plus de gens, avec des aliments de meilleure qualité en consommant moins d’énergie tout en préservant le sol et l’environnement demande l’acquisition, l’intégration et l’analyse de beaucoup de données.

Et il y a plus : les taches pénibles et répétitives sont en train d’être confiées à des robots increvables dont on peut changer les pièces au besoin.

Les compétences pour exploiter ces nouvelles possibilités s’acquièrent dans un va et vient fréquent entre les centres de développement et d’apprentissage et les champs. Programmer est une chose, programmer avec de bonnes données en vue d’un résultat positif est autre chose.  La scène agricole cultive des surprises; cette édition nous y amène prendre l’air.

Communication comprise 


Curieusement, mieux on se comprend, moins on a besoin de mots. La communication devient alors plus subtile, plus créative, plus directe.

En enseignement, la communication se situe à la base de toute l’opération : il s’agit non seulement de communiquer des données, mais aussi un intérêt, une attitude, une affinité et récolter des rétroactions. Le message doit se rendre malgré de nombreux obstacles. Réceptivité, contexte, vocabulaire et bien d’autres éléments entrent en jeu. Chacun doit être au rendez-vous pour que la communication soit finalement comprise. Les professeurs en sont conscients, mais rares sont les formations des maîtres qui s’en préoccupent.

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Nicolas Boileau-Despréaux dans «L’Art poétique».

Cette maxime indique bien le rapport entre la compréhension et la communication; elle porte son message dans sa structure même. Cette édition aborde différents aspects de la communication, de celle qui fait que l’on se comprend mieux.

Miniaturisation diffuse 

On concentre, on enrichit, on compresse, on condense toujours plus d’éléments et de signification dans de moins en moins d’espace et de temps. On ne parle pas seulement de transistors ni de pixels par centimètre carré ou de megabits par seconde, mais aussi de passagers à l’heure, d’habitants au km2, de protéines par ml, de scènes vidéo par minute, etc.

Quand on pense avoir atteint la limite utile, on passe au seuil suivant, pour finalement se buter à ce qui établit la limite de la viabilité : à quelle fin cela servira ? Qui en voudra ?

En éducation, on peut concentrer tout le parcours scolaire et bien plus sur une seule tablette. Déjà l’enseignement se préoccupe moins de transmission que de ce que l’on peut faire avec tout ce savoir; grâce à des simulations et des activités concentrées, on parvient à garder vif l’intérêt des étudiants à se l’approprier et à le développer.

Cette édition pénètre le monde miniature dans lequel l’imagination se déploie.

Illustration : Brett Hondow

Amis virtuels 


Participer à un univers virtuel avec des amis du bout du monde fait partie du menu des activités numériques. On peut y vivre avec eux des émotions aussi réelles que dans un rêve, parfois plus.

Les liens virtuels supportent des phénomènes sociaux bien réels. L’éducation n’est pas en reste; équipes distantes, classes virtuelles, simulations, expérimentations simultanées, massives, étendues, nous amènent des contacts en quantité et qualité.  Notre participation est sollicitée de partout et notre personnalité s’étale à tout vent.

Pour peu que l’on ait quelques amis sur les réseaux, le flux de leur quotidien nous devient familier. Espaces de liberté, de création, d’expression, les mondes virtuels s’ouvrent à nous et nous commençons à y prendre racine.  Les rapports sociaux se transforment sous notre propre action dans les mondes virtuels.