Amplification sociale 


Le citoyen s’exprime et voit sa portée amplifiée par ses concitoyens dans la mesure où il est apprécié, sans avoir à clamer sa légitimité. Les images parlent d’elles-mêmes.

Mais de légitimité des sources nous avons besoin pour faire des choix, d’autant que les sources se sont multipliées : 2,3 milliards d’inscrits sur les réseaux sociaux, chacun étant potentiellement un média, des centaines de millions de blogues… Sous la pression, nous avons remplacé la légitimité morale par la légitimité rationnelle de ce qui peut se compter; la popularité est presque le seul critère qui s’applique objectivement. Mais pour certains, tous les moyens sont bons pour l'obtenir.

La manipulation des faits ignore les conséquences de l’introduction de faussetés dans les rapports humains. Ce fait menace l’intégrité de la formation acquise par les individus via internet. D’où le rôle stratégique essentiel d’une éducation «classique», c’est à dire, une éducation qui forme au jugement critique et à la qualité de la réflexion.

À nous d’éveiller au monde; au beau aussi bien qu’à ce qui l’est moins, à l’agréable et aussi au difficile.

Illustration :Mario in arte Akeu via Foter.com / CC BY-NC-SA

Style italien 


Un point commun des pays européens et méditerranéens est d’avoir fait partie de l’Empire romain à une époque ou une autre. L’influence de Rome s’y est exercée intensément pendant plus de 500 ans dans plusieurs régions.

Le latin, langue de la culture, du pouvoir, de l’administration, de la religion et du commerce s’est immiscé dans les structures de presque toutes les langues européennes. Son utilisation persiste encore aujourd’hui et connaît même un un regain d’intérêt.

L’Italie continue de profiter de ce capital culturel bien intégré à sa réputation. Nous ne parlons pas Italien mais apprécions la gastronomie italienne, la mode italienne, le cinéma italien et bien d’autres choses dont nous ignorons même l’origine italienne.

Illustration : TreptowerAlex - Pixabay

Critique 


La critique en éducation se présente de deux manières complémentaires : on encourage l’esprit critique, qui ne se laisse pas abuser ou tromper facilement, et on utilise aussi la critique comme régulateur ou rétroaction.

En principe, la critique est orientée vers un but; en éducation elle cherche à établir la valeur d’une information ou à améliorer un résultat chez celui à qui elle s’adresse. Son utilisation est un art délicat qui considère à la fois l’état de réceptivité de l’étudiant, l’amélioration souhaitée et la préservation de sa motivation face à la critique.

Dans ce dossier, nos rédacteurs ont exploré plusieurs aspects de la critique. L’un des plus troublant est que celui qui critique le fait en se basant sur une conception de ce qu’il tient comme vérité. Prétendre la détenir peut être contesté et on ne se gêne plus pour le faire.  Quand la «vérité» sert surtout les intérêts établis, on peut être tenté de jeter le bébé avec l’eau du bain, de ne plus accorder de valeur autre qu’émotive à aucune information alors qu’il s’agit, pour l’essentiel, de discerner là où les raisonnements défaillent. Ce qui demande un effort. On a vraiment besoin de demeurer critique.

Illustration : qimono - Pixabay

Intergénérationnel 


Quand les changements sont tellement radicaux que presque plus rien de «traditionnel» ne trouve d’application pratique, le traditionnel devient alors décoratif, ambiance, souvenir, mais rien qui ne fasse l’objet d’un véritable transfert intergénérationnel.

Un transfert intergénérationnel comprend ce qui est issu de l’expérience mais aussi ce qui est considéré comme digne d’intérêt par les deux générations en relation. L’intérêt de l’un trouve réponse chez l’autre.

Les vieux routiers communiquent leurs savoirs-faire, les jeunes transmettent et proposent de nouvelles pratiques. Là où tous se rejoignent se situe dans le futur : ce qui mérite d’être entretenu, préservé, développé, intégré. Un fil conducteur persiste et finit par s’appeler «tradition» qui nous appartient et à laquelle on s’identifie.

Le transfert intergénérationnel contribue discrètement à définir ce que nous sommes et accentue le plaisir d’être ensemble, de faire «à notre manière», quitte à faire évoluer la tradition.

Illustration : RyanMcGuire - Pixabay


Composition enrichie 


On conçoit la composition comme une activité créative : littérature, musique, photographie, etc. Dans la plupart des arts, dès que l'on maîtrise tant soit peu la technique, on peut commencer à «composer».

Les règles et les principes de la composition peuvent se déduire à partir des milliers d’oeuvres réussies dans chaque domaine; on en arrive ainsi à l’idée de la méta-composition, à la composition de programmes, d’algorithmes et d’entités artificielles capables de composer dans les règles de l’art.

On considère que la création d’oeuvre est l’achèvement de l’apprentissage; si une machine crée des oeuvres  intéressantes, la notion d’Art se déplace à la fois du coté du programmeur et aussi du coté de ceux qui alimentent en oeuvres réellement innovatrices ces entités procréatrices.  Ça n’empêchera jamais un créateur de composer et c’est de lui dont on doit prendre soin.

Illustration : 7854 - Pixabay

Je veux voir ! 

 
Une idée affirme sa valeur en se matérialisant d’une manière ou d’une autre.

« Montre-le moi ! » permet de savoir rapidement si une personne sait de quoi elle parle. Dessiner, schématiser, cartographier comme premier niveau d’illustration; au second, photographier, filmer, animer permettent d’aller plus loin, jusqu’à la démonstration réelle et complète des prétentions.

Bien sur on peut toujours créer des illusions mais, au final, la réalité tangible fini par s’imposer. Les arguments portent toujours un peu plus quand ils sont appuyés pas des images. Plus les gens peuvent faire de liens, meilleure est leur compréhension.  La pédagogie de l’image s’intègre d’ailleurs très bien dans celle de la participation.

Voyez-vous bien ce que je veux dire ?  Voyez-vous bien ce qu’il faut faire ? Montrez-moi comment.
Je veux voir.

Nouvelles pratiques étudiantes 

 
La compréhension est un des effets de la communication : plus on communique, plus on a de chances de s’intéresser, de tester, de connaître.

Si autrefois la communication se faisait principalement du maitre et d’un manuel vers une classe d’ignorants silencieux et isolés, maintenant elle peut se faire d’Internet vers un groupe en interrelation, très loin d’être dépourvu de savoirs et de compétences, même chez des enfants, en autant qu’ils puissent communiquer entre eux.

Pour favoriser les connexions entre les concepts et les gens, l’enseignement n’a d’autre choix que de s’assouplir. Les «nouvelles pratiques» sont simplement des pratiques naturelles libérées de cadres issus d’un monde de rareté. Naturellement. on s’intéresse à ce qui nous entoure, naturellement on est porté à tester, naturellement on est porté à échanger… on a raison de se faire confiance.

Illustration : hackNY - Foter.com / CC BY-SA

J’utilise mon I.A. 


L’intelligence est définie en partie comme étant la capacité de discernement.  Actuellement, si on veut vraiment être intelligent, il nous faut comprendre les implications de l’intelligence artificielle (I.A.) et ses usages. Discerner aussi quand les utiliser et quand les écarter. 

«.. aussi aptes que les robots et les systèmes autonomes puissent devenir, le discernement, la prise de décisions et la compréhension de la situation globale leur fera toujours défaut. ». 

Cette citation définit très bien leurs balises : les I.A. acquièrent leurs données en contexte limité.  Sortons du contexte et elles nous livrent des insanités, à moins qu’elles apprennent à reconnaître quand elles en sortent et qu’elles nous demandent alors conseil.

En éducation, en profitant de l’expérience de milliers de professeurs et des parcours de millions d’étudiants, l’I.A. sera éventuellement en mesure de seconder efficacement les professeurs et les étudiants. C’est une promesse encore à matérialiser, mais elle est énoncée.

Seuls les vivants sont en mesure de donner du sens à cet univers brut. S’il se trouve, c’est encore nous qui programmons les I.A. dans une direction ou une autre, avec nos valeurs. Sachons choisir les bonnes.

Illustration : Fotocitizen - Pixabay

Génie social 

 
Comment reconnaître la valeur de chacun ?
Comment encourager l’entraide et la collaboration ?
Comment orientons-nous nos efforts ?

L’éducation est l’un des meilleurs investissements à tous les niveaux. Elle fait partie du génie mis en oeuvre pour assurer une certaine cohésion sociale. Le développement des connaissances n’est pas neutre : on peut investir dans les outils qui contribuent à la construction de la société ou dans ceux de son atomisation. Ceci se décide en politique et la participation citoyenne y est essentielle.

Pouvons-nous développer de meilleurs moyens de gouvernance et de représentation ? Y a t’il quelque chose de mieux encore que la démocratie ? L’école peut refléter une meilleure représentation et une meilleure écoute des élèves, ce qui serait un premier pas vers d’autres formes d’organisation sociale. Voici quelques pistes.

Illustration : Hans - Pixabay

À jour ! 

 
Dans internet, quasi chaque sujet compte des milliers de passionnés qui chacun l’enrichissent d’un point de vue, d’un lien, ou d’une découverte. Certains sujets débordent d’intérêt au point où de véritables entreprises tentent d’en organiser le flux des informations. 

Dans un tel contexte, l’idée de demeurer «à jour» dépasse rapidement les capacités humaines. Se garder à jour peut signifier bien autre chose que de se tenir au courant de ce qui se passe dans son domaine.

Demeurer à jour n’est pas qu’une question individuelle, une institution fait sensiblement face aux mêmes défis. L’environnement change, notre propre activité le transforme dans une itération continue, alors on en arrive à concevoir l’idée de se garder à jour comme une fonction évidente et normale de tout organisme ou individu en santé qui s’arrange pour le demeurer et pouvoir bien vivre dans son environnement.

Illstration : tpsdave - Pixabay