J’utilise mon I.A. 


L’intelligence est définie en partie comme étant la capacité de discernement.  Actuellement, si on veut vraiment être intelligent, il nous faut comprendre les implications de l’intelligence artificielle (I.A.) et ses usages. Discerner aussi quand les utiliser et quand les écarter. 

«.. aussi aptes que les robots et les systèmes autonomes puissent devenir, le discernement, la prise de décisions et la compréhension de la situation globale leur fera toujours défaut. ». 

Cette citation définit très bien leurs balises : les I.A. acquièrent leurs données en contexte limité.  Sortons du contexte et elles nous livrent des insanités, à moins qu’elles apprennent à reconnaître quand elles en sortent et qu’elles nous demandent alors conseil.

En éducation, en profitant de l’expérience de milliers de professeurs et des parcours de millions d’étudiants, l’I.A. sera éventuellement en mesure de seconder efficacement les professeurs et les étudiants. C’est une promesse encore à matérialiser, mais elle est énoncée.

Seuls les vivants sont en mesure de donner du sens à cet univers brut. S’il se trouve, c’est encore nous qui programmons les I.A. dans une direction ou une autre, avec nos valeurs. Sachons choisir les bonnes.

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Génie social 

 
Comment reconnaître la valeur de chacun ?
Comment encourager l’entraide et la collaboration ?
Comment orientons-nous nos efforts ?

L’éducation est l’un des meilleurs investissements à tous les niveaux. Elle fait partie du génie mis en oeuvre pour assurer une certaine cohésion sociale. Le développement des connaissances n’est pas neutre : on peut investir dans les outils qui contribuent à la construction de la société ou dans ceux de son atomisation. Ceci se décide en politique et la participation citoyenne y est essentielle.

Pouvons-nous développer de meilleurs moyens de gouvernance et de représentation ? Y a t’il quelque chose de mieux encore que la démocratie ? L’école peut refléter une meilleure représentation et une meilleure écoute des élèves, ce qui serait un premier pas vers d’autres formes d’organisation sociale. Voici quelques pistes.

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À jour ! 

 
Dans internet, quasi chaque sujet compte des milliers de passionnés qui chacun l’enrichissent d’un point de vue, d’un lien, ou d’une découverte. Certains sujets débordent d’intérêt au point où de véritables entreprises tentent d’en organiser le flux des informations. 

Dans un tel contexte, l’idée de demeurer «à jour» dépasse rapidement les capacités humaines. Se garder à jour peut signifier bien autre chose que de se tenir au courant de ce qui se passe dans son domaine.

Demeurer à jour n’est pas qu’une question individuelle, une institution fait sensiblement face aux mêmes défis. L’environnement change, notre propre activité le transforme dans une itération continue, alors on en arrive à concevoir l’idée de se garder à jour comme une fonction évidente et normale de tout organisme ou individu en santé qui s’arrange pour le demeurer et pouvoir bien vivre dans son environnement.

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Expérience labo 

 
Le besoin d’expérimenter suit normalement l’apprentissage, il en est le prolongement. Avec ce que l’on a appris, on peut découvrir autre chose en expérimentant.

Après un phase d’apprentissage des technologies et de bouleversements induits par leur utilisation, on se demande vers quoi nous nous dirigeons et nous réclamons intuitivement une reprise de notre contrôle. Nous observons les perturbations engendrées et acquerrons suffisamment de matière pour se questionner et expérimenter. Un organisme social apprend aussi et devient plus compétent.

Les initiatives de laboratoires et d’expérimentation foisonnent. Au delà d’un effet de mode, les laboratoires citoyens répondent à un besoin et on peut être certain que l’école fait partie du mouvement; elle peut même en être un des meilleurs acteurs à terme.  Allons au labo…

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Distraction concentrée 

 
Le cellulaire intempestif, le courriel impertinent, la requête dénuée de contexte, le pokegotchi qui réclame sa dose d'attention, le troll perturbateur, etc., toutes choses qui s'invitent sans aucune considération de ce qui se passe à ce moment... Comment opérer dans ce contexte alter-contrôlé ?

Il s’agit d’apprendre et d’enseigner alors que des sirènes éblouissantes appellent les élèves par leur petit nom. On devra rejouer l’Odyssée en attachant les étudiants qui le veulent au mat du navire de leurs ambitions, et boucher les oreilles des autres.

Abandonner à la première difficulté, se détourner dès que l’ennui apparaît n’est qu’un signe du niveau de réalité et de sens pour celui qui abandonne. Sans contexte, tout se vaut.  Depuis toujours notre propension au moindre effort et aux récompenses faciles est utilisée pour nous éloigner de nos propres intérêts. Dans cette édition, vous découvrirez que de nouvelles pratiques émergent pour faire face à tout ce « hors contexte », au zapping-pong permanent du déficit d’attention.
La bataille de l’intérêt ne fait que commencer.

Formidables formules 

Formule efficace, maxime populaire, recette reconnue, titre évocateur, réplique assassine, dialogue savoureux, refrain accrocheur, théorème limpide, procédure immanquable, mélange explosif... il doit bien y avoir quelque chose à tirer des maîtres de la formule !

Le pouvoir de la simplicité est équivalent à celui d’une graine. La formule germe et nous fait découvrir tout le monde qu'elle permet d’appréhender. Par exemple, les formules de Maxwell ont servi de fondement à tout l’électromagnétisme, même si au départ on n’en mesurait pas toutes les possibilités. Celles de Newton ont expliqué le mouvement des astres et ont permis de se lancer dans l’espace...

Il n’y a pas un seul domaine où on ne peut réussir à comprendre les relations entres les éléments. Le défi est de parvenir à les isoler et à les mesurer. À partir de là, une formule devient utilisable.

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Vendre de l’éducation 

Il existe des écoles où les élèves ne sècheraient leurs cours pour rien au monde et des Moocs qui empêchent leurs étudiants de dormir tellement ils sont stimulants.

Alors, pourquoi faut-il convaincre de profiter d'un service aussi utile et intéressant ? Dans la réalité. il faut «vendre» l’idée de l’éducation, même si elle est gratuite, surtout si elle est gratuite.  Une partie du problème est là : certains s’arrogent le droit de décider ce que nous devrions apprendre sans tenir compte des réalités et sans consulter.

Des cours qui ne mènent à aucune compétence ne se vendent pas à des gens qui ont le choix.  En ligne, ils ont le choix.  Les écoles et les cours qui remportent du succès ne sont pas nécessairement celles et ceux qui ont les plus beaux locaux, les meilleures technologies ni même les meilleurs auteurs, ce sont celles et ceux où les gens apprennent ce dont ils ressentent intimement l’utilité ou l’importance.

Mémoire invasive 


Certains s’inquiètent de l’effet débilitant d’internet sur notre mémoire. D’autres pensent plutôt que l’effort de mémoire se transfère vers une autre forme : on ne retient plus tant des noms et des chiffres que des chemins, des repères, des procédures. On sait que ça existe et comment le retrouver.

Nos sociétés deviennent tellement complexes qu’il paraît impossible en pratique de demander à chacun de se rappeler de tout ce qu’il lui faudrait savoir pour opérer efficacement dans toutes les situations.  Les mémoires artificielles nous permettent d’atteindre ce niveau de complexité. On a affaire à une quantité de données structurantes qui dépasse notre vitesse d’apprentissage.

Nos traces se déversent à un rythme sans précédent dans la mémoire universelle d'Internet.  Il n’y a jamais eu autant d’humains sur la terre et près des 3/4 possèdent un téléphone mobile. Des choses à se rappeler, il n’en manquera pas. C’est leur nature qui change et il y a un risque que l’on oublie l’essentiel : toutes les données n’ont pas la même valeur. Il est si facile de se laisser emporter par la facilité.

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Intégration rapide 


L’arrivée de quelqu'un dans un groupe déjà formé provoque habituellement la curiosité. Des contacts s’en suivent et, dépendant de la réceptivité du groupe et de l'ouverture de l'individu, ce dernier prend sa place et fait ses marques; il apporte lui aussi quelque chose au groupe. Quand ceci est réalisé, l’intégration est réussie.

Il n’y a pas que les migrants qui doivent s’intégrer : les enfants s’intègrent à l’école, les étudiants s’intègrent au monde du travail, les technologies s’intègrent à l’enseignement, le nouvel employé à son équipe, l’handicapé à son milieu.  À défaut de réussir, on se retrouve marginalisé, en dehors de l’activité. Dans tous les cas la communication demeure la clé, d’où l’importance de maîtriser la langue du milieu et de développer des contacts réels. 
Ces données ne devraient pas être trop difficiles à intégrer !

Illustration : Geralt - Pixabay

Transport réel 


Bien sur Internet facilite les relations et permet de multiplier les contacts mais vient un moment où il devient préférable de se rencontrer.

L’inverse est aussi vrai, parfois les rencontres en personne ne sont pas nécessaires et une simple conversation en ligne sera amplement suffisante, alors pas besoin de se déplacer, option qui est maintenant bien plus accessible que par le passé.

Mais pour ce qui est de l’enseignement, on ne remet encore que très peu en question la forme traditionnelle de transmission qui exige la présence physique constante. En attendant que de nouvelles pratiques prennent place et que quelques innovations de rupture s’imposent par leurs avantages, il nous reste à améliorer la performance de nos systèmes de transports.