Tout savoir 

 
On peut bien prétendre avoir une certaine idée générale sur tout, économie, sciences, littérature, arts, technologies, etc, mais en pratique on se spécialise dans quelques domaines et on se contente du strict minimum fonctionnel pour les autres.

Dans un contexte de connaissances quasi infinies et accessibles, l’éducation fait face à un problème intéressant : «Quoi enseigner en priorité ?». On s’entend sur les bases que sont la communication (la langue) et des méthodes de travail, mais au delà, dès que l’on entre dans les domaines d’influence sociaux, comme l’histoire, l’économie ou même les sciences en général, tous les choix sont teintés d’une philosophie. Choisissez ou non.

On demande à l’école de développer le civisme et le sens éthique des individus.  L’éthique est du ressort de l’individu, de sa responsabilité. Le plus fort message de l’école est celui de la méthode employée, jour après jour. À la fin de leur parcours, tous les élèves savent écouter «le maître», mais savent-ils aussi écouter les autres et juger par eux-mêmes ?

Illustration : nuvolanevicata - ShutterStock

Percer les codes 

 
Avec la vie en société vient une foule de codes à apprendre. Code de la route, code du travail, codes sociaux, code vestimentaire, la liste est longue, les codes sont nombreux. On les apprend à l'école, à la maison, entre amis, au travail, dans la rue, en voyage. À chaque code son mode d'apprentissage et sa difficulté. Et à chacun ses propres codes, qu'ils soient liés à nos carrières ou à nos convictions personnelles. Ah ! Le fameux code d'honneur ! Celui qui maîtriserait tous les codes serait-t-il le plus heureux et le plus intelligent du monde ? 

Impossible bien sûr. Reste que pour nous, les humains-qui-n'ont-pas-la-science-infuse, il est compliqué d'appartenir à un groupe social dont on ne connait pas les codes. Compliqué de conduire un pays dont on ne connait pas le code de la route. De voyager dans un pays étranger dont on n'aurait pas appris les us et coutumes. De communiquer avec des personnes de générations différentes. De lire les réactions de personnes aux cultures très éloignées de la nôtre. D'écrire une ligne de code dans son site Web à l'improviste...

Dans cette édition, nous avons exploré ces codes qui régissent nos vies, qui régissent le Web, l'école et l'apprentissage. Ils sont plus ou moins souples, malléables et changeants. Ils sont là, omniprésents, cachés ou affichés très clairement, lisibles ou pas vraiment. Mais sans eux, c'est le chaos. 

Cette semaine, venez décoder avec nous et lever le voile. 

 

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Dans l'ambiance 


Quelle est la bonne ambiance pour étudier ? Intérêt, attention, concentration sont des qualités reconnues chez celui qui apprend véritablement.

Associer ces qualités avec le silence serait plutôt réducteur : un bon environnement d’étude se définit mieux par sa richesse de contenu et d’interactions, milieu dans lequel on peut échanger, discuter, être inspiré, auquel on peut se référer et duquel on peut aussi s’isoler au besoin.

Le processus d’apprentissage consiste essentiellement à faire des liens. Les mots du dictionnaire ne prennent de sens que dans leurs relations les uns aux autres. Sans contexte, la théorie devient plutôt aride et ses résultats… stériles. Mettre les choses en contexte, les intégrer dans une histoire, un scénario ou une finalité augmente radicalement l’intérêt.

Aujourd’hui, il n’y a pas que les humains qui apprennent, les machines aussi et elles sont avides de contexte : l’optimisation des résultats de recherche en fait son affaire mais aussi les Facebook et autres curieux de notre vie privée. On a pas fini d'apprendre.

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Affirmation légale 

 
«Oeil pour oeil» nous paraît une forme de justice plutôt élémentaire. Pourtant, à l’époque d’Hammourabi, cette loi était une nette évolution par rapport à la loi de la vendetta qui prévalait jusqu’alors et rendait pratiquement impossible tout gouvernement au delà de l’échelle d’une tribu. «Oeil pour oeil» était aussi ce que cette époque était prête à accepter et qui pouvait mettre fin aux cycles des vengeances tout en étant très dissuasif.

Les lois ont bien évolué depuis; les Droits de l’Homme sont une affirmation géniale qui s’oppose aux plans de ceux qui rêvent de nous soumettre par la force, la finance ou la surveillance. Cela vaut la peine de faire l’éducation des gens à propos de la justice et de se donner les moyens de faire respecter ses droits : droit à la vie, au logement, à la vie privée, à l’éducation, à la citoyenneté, etc.  Nos sociétés sont établies sur les droits civil, criminel, constitutionnel, etc. Cette édition couvre plusieurs aspects de l’éducation à la justice et du droit; on y trouve matière à débat et à action.

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La langue du pays voisin 

 
Le nombre de migrants, volontaires ou non, augmente régulièrement de 2 % par année, avec une tendance pour la migration volontaire, ce qui diversifie l'origine des migrants dans la plupart des pays. En d’autres termes, on a plus de chances que jamais d’être exposés à des langues étrangères.

Bien sur les langues coloniales structurées servent de pont, mais les langues locales fournissent la couleur et la musique.  On en vient naturellement à notre identité : nous sommes des humains, puis des groupes ethniques, avec une nationalité, une langue maternelle, une culture. Celle de la région voisine est différente et plus on s’éloigne plus on trouve de différences… on a beau mélanger tout ça, un enracinement nous définit au delà de langue.

L’hospitalité est une qualité appréciée partout. Nous sommes tous les voisins de quelqu’un.

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Rédaction en continu 

 
Narcisse mourut de ne pouvoir assouvir la passion qu’il éprouvait pour lui-même. On lui avait prophétisé qu’il vivrait à un âge avancé s’il s’ignorait. Le rédacteur qui commence à s’intéresser à la rédaction, à sa rédaction, commence à regarder son reflet, à l’analyser. Là se trouve le piège narcissique.

C’est le lecteur que le rédacteur regarde dans ses écrits s’il veut «vivre longtemps». Il peut alors communiquer véritablement. Ce point est si fondamental qu’il passe devant tous les trucs des «optimiseurs de référencement».  Le sens représente la valeur essentielle du message.

Si le temps passé en classe pour apprendre les règles de l’écriture a diminué, celui consacré à l’écriture a explosé. Les jeunes écrivent plus qu’ils ne l’ont jamais fait aux époques précédentes. Le fait d’écrire publiquement est le plus grand stimulant à la rigueur. Personne n’aime faire pitoyable. Avec la pratique et le souci du lecteur, le rédacteur s’améliore, il s’intéresse aux règles de la langue car elles ont une importance concrète. 

Si les technologies incitent à lire et à écrire et si les réseaux font en sorte d’être lu, alors ils ont leur place dans les écoles, pour ces bonnes raisons.

Illustration : Jag_cz - ShutterStock

Si proche, si loin 


En mètres, la distance se mesure assez bien, mais la distance sociale, culturelle, économique ou idéologique s’exprime plutôt par des termes comme «fossé», «seuil» ou «niveau». Que dire de la distance technologique ou pédagogique ? Certains milieux éducatifs en sont au socio-constructivisme et à l'«adaptative learning» alors que d’autres ne vivent que par l’apprentissage par coeur. Parcourir la distance qui les sépare prendra des années.

En éducation, beaucoup plus souvent qu’avant, des étudiants disent se sentir proches de leurs enseignants. La distance semble mieux définie par la qualité et la fréquence de nos rapports. En ayant plus d’échanges, celle-ci s’amenuise.  Les expériences immersives nous rapprochent de ce qui nous apparaissait au départ quasi inaccessible et la facilité de communication ouvre les accès.

Il ne reste qu’à nous rendre disponibles.

Illustration : Ivankov - ShutterStock

Sursaut énergétique 

 
Avec de l’énergie on peut, entre autres, se brancher à Internet. En ce qui concerne l’éducation, elle permet aussi de s’éclairer pour étudier le soir. Cela parait si fondamental que la plupart d’entre nous n’y pensons même pas. 

Il reste plus de 4 millards de personnes pour qui Internet n’est qu’un sujet de conversation qui vient bien après les nécessités courantes et éventuellement la recharge du téléphone. Mais on y vient.

On est maintenant devant le choix des formes d’énergies : fossiles, renouvelables, atomiques. On aura encore des énergies fossiles pour longtemps. On ne peut pas consommer plus vite que le «renouvelable», c’est son désavantage. Quant à l’énergie atomique, on peut la démarrer mais on ne sait pas encore comment l’arrêter.  Avec des demi-vies radioactives qui se mesurent en milliers et millions d’années, on tempère nos ardeurs. Pendant que l’on se réchauffe inexorablement…

L’énergie demeure un bon sujet éducatif, autant technique que social, et il y aura du travail, même pour les grands-mères !

Photo : DL - Lac Potrerillos - Argentine

Se réinventer 

 
Au bout de plusieurs années, quelques décennies ou parfois, bien plus rapidement, un professionnel peut vouloir changer de métier. Tout comme l’étudiant qui se réoriente au bout d’un an de fac, il n’y a finalement pas d’âge pour changer le cours de sa vie. Faire le grand saut dans l’inconnu et repartir à zéro.

Peut-être que l’on rêve de faire un autre métier depuis toujours sans avoir jamais cru qu’on pourrait. Peut-être que notre situation sociale nous oblige à faire preuve de créativité pour nous sortir d’une crise. Peut-être que l’ennui a eu raison de nous. Peut-être que notre passion aussi. En un rien de temps, la vie peut nous faire dévier de nos plans de départ, pour le meilleur et pour le pire.

Toutefois, quand on fait le choix osé de bouleverser son quotidien, de prendre des risques, de repousser ses limites et finalement, de se donner les moyens d’apprendre encore, c’est la preuve d’un certain courage qu’il faut célébrer. Dans une société aussi mouvante que celle d’aujourd’hui, il est de bon ton d’avoir de la ressource et d’être capable de se réinventer.

Comment s’y prendre? C’est tout l’objet de ce dossier. Pour cette dernière édition de l’année, nous vous proposons de prendre le temps des vacances pour méditer sur votre éventuelle reconversion, avec l’aide d’une série d’articles et de ressources qui sauront réveiller ou renforcer votre projet. 2016 sera-t-elle une année de changement ? Nous l'espérons.


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Chantall / Shutterstock.com

L'oreille de la direction 


Qui veut être directeur d’école ?  Les directeurs d’écoles, recteurs, chefs de département et autres chefs d’équipes méritent un certain respect : la tâche est complexe.

Il s’agit de diriger une équipe, souvent une très grosse équipe, et l’orienter vers un idéal. Le directeur n'y arrivera pas tout seul. Savoir susciter l’adhésion des autres est l’une des qualités de base des bons directeurs et leur capacité d'écoute devient essentielle pour comprendre les véritables situations.

Qui veut être professeur ?  À peu près le même genre de défis remplis d’imprévus l’attendent. Savoir susciter l’intérêt et la motivation est l'une des qualités de base des bons professeurs. Ceux qui savent regarder et écouter y arrivent plus facilement. Ceci s'enseigne aussi aux élèves.

Dans tous les cas, avec de bonnes informations il est plus facile de diriger et de faire comprendre les raisons des orientations prises. Les contraintes sont plus supportables et les changements plus faciles à faire accepter avec des explications claires. La communication est un bon lubrifiant.

Illustration: US Department of Education / VisualHunt / CC BY