Ceux qui paient 


… sont ceux qui décident. Mais quand c’est gratuit, qui est celui qui décide ?  Les étudiants en savent quelque chose : tant qu’ils ne paient pas, ils ne décident pas grand chose.   Cette logique s’étend aussi à l’administration de l’éducation.

Dans le quotidien des étudiants les services gratuits pullulent et, en contrepartie, ce qu’ils font et sont devient connu des entreprises qui leur proposent leurs services.  Notre valeur est estimée en fonction de notre potentiel de consommation. Cet écosystème semble plutôt positif tant qu’il est transparent.

Dans la nature, ce qui est gratuit remplit généralement une simple fonction : nous attirer. Mais quand ceux qui offrent dissimulent leurs intentions, on a des raisons de douter.  C’est pourquoi le «libre» prend une importance politique. Il faut bien financer l’éducation mais ce n’est pas une raison pour brader notre valeur au premier venu. Pour ce qui est abondant, comme le savoir, on est beaucoup mieux économiquement et socialement de s’occuper de nos propres affaires. 

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Formule chimique 


Une formule chimique prédit les résultats attendus :  2 H2 + O2  = 2 H2O. Mais pour y arriver, il faut bien isoler, mesurer et doser les éléments du mélange, autrement il y aura des restes ou des sous-produits indésirables.

Le parallèle entre les formules de la chimie et les recettes de la cuisine est presque naturel; il l’est un peu moins entre la chimie et la pédagogie, les langues ou le marketing mais, si on respecte les conditions de base, isolement des paramètres, mesure et dosage, on trouvera les formules qui livreront les produits attendus.

Du coté de l’environnement, la chimie peut être un allié; la compréhension des phénomènes en jeu permet de mobiliser des populations ou encore d’initier des changements de comportements à grande échelle. Ce dossier ne couvre évidemment qu’une infime partie de l’étude des réactions entre les éléments. La chimie est partout, dans les classes aussi. Le sujet est quasi inépuisable…

Bonnes découvertes

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Mouvement social 


Avec l’arrivée des robots, de l’intelligence artificielle, des possibilités de communication et d’échange, les questions du partage des bénéfices de ces innovations se posent avec acuité.  D’où l’évidente recrudescence des débats sociaux. Les professions liées à la politique et à l’animation ont de beaux jours devant elles.

« L’histoire sociale enseigne qu’il n’y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l’imposer. » Pierre Bourdieu

Si nous voulons un monde qui satisfasse la majorité d’entre nous, il faudra s’en occuper.  L’éducation est à la source de plusieurs mouvements sociaux. Depuis Socrate, enseigner à penser agace systématiquement ceux qui préfèrent que justement on ne réfléchisse pas trop.  En assumant pleinement ce rôle, l’éducation libère, protège et renforce chaque citoyen et chaque société.

Bonne animation

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Évaluation continue 


La pédagogie différenciée soulève habituellement beaucoup d’intérêt : chaque individu est différent et il semble tout à fait pertinent que l’enseignement soit adapté à chacun. La mise en pratique de la pédagogie différenciée vient avec une question : comment différencier les étudiants ?

On le fait normalement à partir de leurs résultats. Si on obtient leurs premiers résultats uniquement à la mi-session, la différentiation sera plutôt grossière et tardive. On en arrive rapidement à la conclusion que «Pas de pédagogie différenciée sans évaluation continue.»

On évalue par les connaissances, mais aussi par les données d’activité des étudiants et leur mise en relation avec leurs résultats, pratique ouvrant de nouvelles perspectives pédagogiques car on peut savoir quand et sur quoi intervenir systématiquement.

On en vient même à évaluer en continue la qualité de son environnement, mais quand nous devenons nous-mêmes des objets de mesure, peut-être devrions-nous nous demander «dans l’intérêt de qui ?».  Avec ce critère, on évalue aussi l’évaluation continue.

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Experts disponibles 


Propulsés par Internet, reconnus par leurs pairs et pour leur implication, les nouveaux experts débarquent.

Certains domaines sont plus propices que d’autres au développement de l’expertise et tous les sujets ne demandent pas le même investissement, mais toujours l'expertise apparaît au contact d’une réalité concrète.

Dans notre société ultra-médiatisée vers le spectaculaire et l’insignifiant, des experts n’attendent pas les invitations des médias : ils passent directement sur YouTube ou se servent des réseaux scientifiques dédiés. Ils sont reconnus là où ça compte réellement.

Synthétiser le savoir dans des systèmes-experts qui peuvent ensuite servir de référence dans les formations et les opérations, ne serait-ce pas la formule idéale pour gérer l’accroissement continue des connaissances.  N’y a t’il pas une experte nommée «Siri» qui se promène sur les réseaux ?

L’explosion des connaissances implique nécessairement la spécialisation. La mise en commun des expertises devient par conséquent normale et nécessaire.  L’éducation se dirige vers plus de spécialisation mais aussi plus de collaboration. Nous avons besoin d’être habiles à collaborer pour pouvoir profiter des expertises de chacun.

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Tout savoir 

 
On peut bien prétendre avoir une certaine idée générale sur tout, économie, sciences, littérature, arts, technologies, etc, mais en pratique on se spécialise dans quelques domaines et on se contente du strict minimum fonctionnel pour les autres.

Dans un contexte de connaissances quasi infinies et accessibles, l’éducation fait face à un problème intéressant : «Quoi enseigner en priorité ?». On s’entend sur les bases que sont la communication (la langue) et des méthodes de travail, mais au delà, dès que l’on entre dans les domaines d’influence sociaux, comme l’histoire, l’économie ou même les sciences en général, tous les choix sont teintés d’une philosophie. Choisissez ou non.

On demande à l’école de développer le civisme et le sens éthique des individus.  L’éthique est du ressort de l’individu, de sa responsabilité. Le plus fort message de l’école est celui de la méthode employée, jour après jour. À la fin de leur parcours, tous les élèves savent écouter «le maître», mais savent-ils aussi écouter les autres et juger par eux-mêmes ?

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Percer les codes 

 
Avec la vie en société vient une foule de codes à apprendre. Code de la route, code du travail, codes sociaux, code vestimentaire, la liste est longue, les codes sont nombreux. On les apprend à l'école, à la maison, entre amis, au travail, dans la rue, en voyage. À chaque code son mode d'apprentissage et sa difficulté. Et à chacun ses propres codes, qu'ils soient liés à nos carrières ou à nos convictions personnelles. Ah ! Le fameux code d'honneur ! Celui qui maîtriserait tous les codes serait-t-il le plus heureux et le plus intelligent du monde ? 

Impossible bien sûr. Reste que pour nous, les humains-qui-n'ont-pas-la-science-infuse, il est compliqué d'appartenir à un groupe social dont on ne connait pas les codes. Compliqué de conduire un pays dont on ne connait pas le code de la route. De voyager dans un pays étranger dont on n'aurait pas appris les us et coutumes. De communiquer avec des personnes de générations différentes. De lire les réactions de personnes aux cultures très éloignées de la nôtre. D'écrire une ligne de code dans son site Web à l'improviste...

Dans cette édition, nous avons exploré ces codes qui régissent nos vies, qui régissent le Web, l'école et l'apprentissage. Ils sont plus ou moins souples, malléables et changeants. Ils sont là, omniprésents, cachés ou affichés très clairement, lisibles ou pas vraiment. Mais sans eux, c'est le chaos. 

Cette semaine, venez décoder avec nous et lever le voile. 

 

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Dans l'ambiance 


Quelle est la bonne ambiance pour étudier ? Intérêt, attention, concentration sont des qualités reconnues chez celui qui apprend véritablement.

Associer ces qualités avec le silence serait plutôt réducteur : un bon environnement d’étude se définit mieux par sa richesse de contenu et d’interactions, milieu dans lequel on peut échanger, discuter, être inspiré, auquel on peut se référer et duquel on peut aussi s’isoler au besoin.

Le processus d’apprentissage consiste essentiellement à faire des liens. Les mots du dictionnaire ne prennent de sens que dans leurs relations les uns aux autres. Sans contexte, la théorie devient plutôt aride et ses résultats… stériles. Mettre les choses en contexte, les intégrer dans une histoire, un scénario ou une finalité augmente radicalement l’intérêt.

Aujourd’hui, il n’y a pas que les humains qui apprennent, les machines aussi et elles sont avides de contexte : l’optimisation des résultats de recherche en fait son affaire mais aussi les Facebook et autres curieux de notre vie privée. On a pas fini d'apprendre.

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Affirmation légale 

 
«Oeil pour oeil» nous paraît une forme de justice plutôt élémentaire. Pourtant, à l’époque d’Hammourabi, cette loi était une nette évolution par rapport à la loi de la vendetta qui prévalait jusqu’alors et rendait pratiquement impossible tout gouvernement au delà de l’échelle d’une tribu. «Oeil pour oeil» était aussi ce que cette époque était prête à accepter et qui pouvait mettre fin aux cycles des vengeances tout en étant très dissuasif.

Les lois ont bien évolué depuis; les Droits de l’Homme sont une affirmation géniale qui s’oppose aux plans de ceux qui rêvent de nous soumettre par la force, la finance ou la surveillance. Cela vaut la peine de faire l’éducation des gens à propos de la justice et de se donner les moyens de faire respecter ses droits : droit à la vie, au logement, à la vie privée, à l’éducation, à la citoyenneté, etc.  Nos sociétés sont établies sur les droits civil, criminel, constitutionnel, etc. Cette édition couvre plusieurs aspects de l’éducation à la justice et du droit; on y trouve matière à débat et à action.

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La langue du pays voisin 

 
Le nombre de migrants, volontaires ou non, augmente régulièrement de 2 % par année, avec une tendance pour la migration volontaire, ce qui diversifie l'origine des migrants dans la plupart des pays. En d’autres termes, on a plus de chances que jamais d’être exposés à des langues étrangères.

Bien sur les langues coloniales structurées servent de pont, mais les langues locales fournissent la couleur et la musique.  On en vient naturellement à notre identité : nous sommes des humains, puis des groupes ethniques, avec une nationalité, une langue maternelle, une culture. Celle de la région voisine est différente et plus on s’éloigne plus on trouve de différences… on a beau mélanger tout ça, un enracinement nous définit au delà de langue.

L’hospitalité est une qualité appréciée partout. Nous sommes tous les voisins de quelqu’un.

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