La langue du pays voisin 

 
Le nombre de migrants, volontaires ou non, augmente régulièrement de 2 % par année, avec une tendance pour la migration volontaire, ce qui diversifie l'origine des migrants dans la plupart des pays. En d’autres termes, on a plus de chances que jamais d’être exposés à des langues étrangères.

Bien sur les langues coloniales structurées servent de pont, mais les langues locales fournissent la couleur et la musique.  On en vient naturellement à notre identité : nous sommes des humains, puis des groupes ethniques, avec une nationalité, une langue maternelle, une culture. Celle de la région voisine est différente et plus on s’éloigne plus on trouve de différences… on a beau mélanger tout ça, un enracinement nous définit au delà de langue.

L’hospitalité est une qualité appréciée partout. Nous sommes tous les voisins de quelqu’un.

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Rédaction en continu 

 
Narcisse mourut de ne pouvoir assouvir la passion qu’il éprouvait pour lui-même. On lui avait prophétisé qu’il vivrait à un âge avancé s’il s’ignorait. Le rédacteur qui commence à s’intéresser à la rédaction, à sa rédaction, commence à regarder son reflet, à l’analyser. Là se trouve le piège narcissique.

C’est le lecteur que le rédacteur regarde dans ses écrits s’il veut «vivre longtemps». Il peut alors communiquer véritablement. Ce point est si fondamental qu’il passe devant tous les trucs des «optimiseurs de référencement».  Le sens représente la valeur essentielle du message.

Si le temps passé en classe pour apprendre les règles de l’écriture a diminué, celui consacré à l’écriture a explosé. Les jeunes écrivent plus qu’ils ne l’ont jamais fait aux époques précédentes. Le fait d’écrire publiquement est le plus grand stimulant à la rigueur. Personne n’aime faire pitoyable. Avec la pratique et le souci du lecteur, le rédacteur s’améliore, il s’intéresse aux règles de la langue car elles ont une importance concrète. 

Si les technologies incitent à lire et à écrire et si les réseaux font en sorte d’être lu, alors ils ont leur place dans les écoles, pour ces bonnes raisons.

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Si proche, si loin 


En mètres, la distance se mesure assez bien, mais la distance sociale, culturelle, économique ou idéologique s’exprime plutôt par des termes comme «fossé», «seuil» ou «niveau». Que dire de la distance technologique ou pédagogique ? Certains milieux éducatifs en sont au socio-constructivisme et à l'«adaptative learning» alors que d’autres ne vivent que par l’apprentissage par coeur. Parcourir la distance qui les sépare prendra des années.

En éducation, beaucoup plus souvent qu’avant, des étudiants disent se sentir proches de leurs enseignants. La distance semble mieux définie par la qualité et la fréquence de nos rapports. En ayant plus d’échanges, celle-ci s’amenuise.  Les expériences immersives nous rapprochent de ce qui nous apparaissait au départ quasi inaccessible et la facilité de communication ouvre les accès.

Il ne reste qu’à nous rendre disponibles.

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Sursaut énergétique 

 
Avec de l’énergie on peut, entre autres, se brancher à Internet. En ce qui concerne l’éducation, elle permet aussi de s’éclairer pour étudier le soir. Cela parait si fondamental que la plupart d’entre nous n’y pensons même pas. 

Il reste plus de 4 millards de personnes pour qui Internet n’est qu’un sujet de conversation qui vient bien après les nécessités courantes et éventuellement la recharge du téléphone. Mais on y vient.

On est maintenant devant le choix des formes d’énergies : fossiles, renouvelables, atomiques. On aura encore des énergies fossiles pour longtemps. On ne peut pas consommer plus vite que le «renouvelable», c’est son désavantage. Quant à l’énergie atomique, on peut la démarrer mais on ne sait pas encore comment l’arrêter.  Avec des demi-vies radioactives qui se mesurent en milliers et millions d’années, on tempère nos ardeurs. Pendant que l’on se réchauffe inexorablement…

L’énergie demeure un bon sujet éducatif, autant technique que social, et il y aura du travail, même pour les grands-mères !

Photo : DL - Lac Potrerillos - Argentine

Se réinventer 

 
Au bout de plusieurs années, quelques décennies ou parfois, bien plus rapidement, un professionnel peut vouloir changer de métier. Tout comme l’étudiant qui se réoriente au bout d’un an de fac, il n’y a finalement pas d’âge pour changer le cours de sa vie. Faire le grand saut dans l’inconnu et repartir à zéro.

Peut-être que l’on rêve de faire un autre métier depuis toujours sans avoir jamais cru qu’on pourrait. Peut-être que notre situation sociale nous oblige à faire preuve de créativité pour nous sortir d’une crise. Peut-être que l’ennui a eu raison de nous. Peut-être que notre passion aussi. En un rien de temps, la vie peut nous faire dévier de nos plans de départ, pour le meilleur et pour le pire.

Toutefois, quand on fait le choix osé de bouleverser son quotidien, de prendre des risques, de repousser ses limites et finalement, de se donner les moyens d’apprendre encore, c’est la preuve d’un certain courage qu’il faut célébrer. Dans une société aussi mouvante que celle d’aujourd’hui, il est de bon ton d’avoir de la ressource et d’être capable de se réinventer.

Comment s’y prendre? C’est tout l’objet de ce dossier. Pour cette dernière édition de l’année, nous vous proposons de prendre le temps des vacances pour méditer sur votre éventuelle reconversion, avec l’aide d’une série d’articles et de ressources qui sauront réveiller ou renforcer votre projet. 2016 sera-t-elle une année de changement ? Nous l'espérons.


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Chantall / Shutterstock.com

L'oreille de la direction 


Qui veut être directeur d’école ?  Les directeurs d’écoles, recteurs, chefs de département et autres chefs d’équipes méritent un certain respect : la tâche est complexe.

Il s’agit de diriger une équipe, souvent une très grosse équipe, et l’orienter vers un idéal. Le directeur n'y arrivera pas tout seul. Savoir susciter l’adhésion des autres est l’une des qualités de base des bons directeurs et leur capacité d'écoute devient essentielle pour comprendre les véritables situations.

Qui veut être professeur ?  À peu près le même genre de défis remplis d’imprévus l’attendent. Savoir susciter l’intérêt et la motivation est l'une des qualités de base des bons professeurs. Ceux qui savent regarder et écouter y arrivent plus facilement. Ceci s'enseigne aussi aux élèves.

Dans tous les cas, avec de bonnes informations il est plus facile de diriger et de faire comprendre les raisons des orientations prises. Les contraintes sont plus supportables et les changements plus faciles à faire accepter avec des explications claires. La communication est un bon lubrifiant.

Illustration: US Department of Education / VisualHunt / CC BY

Vitesse 

 
Vitesse et lenteur ont chacune leurs qualités et leurs limites. Loin de s’en plaindre, nous associons naturellement la vitesse à de nombreuses qualités. La vie active et animée a tout d’un idéal et la mort lente n’intéresse personne. Mais dans le monde de la vitesse, plus on va vite, moins on a de marge d’erreur. il faut savoir doser.

Spontanément on se sert de la vitesse comme critère d’évaluation : si tous peuvent réussir en 10 minutes, voyons combien pourront en cinq, en trois, en deux, jusqu’à ce qu’une discrimination apparaisse.

Mais en ce qui concerne l’apprentissage, apprendre plus vite ne semble avoir que peu rapport avec apprendre mieux; les pratiques répétitives prennent du temps mais ce sont elles qui finalement créent les réponses automatiques qui font de nous des lecteurs rapides, des techniciens compétents, des artistes doués.  Acquérir du vocabulaire demande le temps d"en situer le sens, de le comprendre, de l’accorder… on n’y coupe pas.  Apprendre une langue prend le temps de vivre... de préférence intensément.

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Mieux apprendre en ligne 


Qui prendrait le temps de nous montrer un savoir-faire ponctuel au moment et au lieu où nous en avons besoin ?  Comment apprendre quelque chose de nécessaire comme la contraception ou de personnel comme un art, sans risquer la désapprobation ou la censure de son entourage ?

Des professeurs qui se débattent pour satisfaire les intérêts et les besoins de toute une classe aimeraient bien profiter de l’abondance des ressources en ligne, mais ils n’ont pas le temps de les sélectionner ou de les produire, de se familiariser avec et de les intégrer dans une démarche cohérente. Elles sont là et restent là, la plupart inutilisées. On peut faire mieux, assurément.

Mieux apprendre en ligne est un chantier collectif en évolution permanente. Cette édition propose quelques pistes pour profiter de l’abondance offerte.

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Moyen-Âge, ce qu'il en reste 


Le «moyen» dans «Moyen-Âge» fait référence à la période «entre» deux âges, soit entre la fin de l’Empire romain et la Renaissance.

Au Moyen-Âge, les mathématiques commençaient à être enseignées avec des chiffres arabes, ce qui en facilitait la compréhension. Ajoutez-y l’établissement systématique des écoles (Charlemagne, an 789), la création des premières universités au XII ième siècle, la diffusion de l’approche logique des phénomènes d’Aristote au XIII ième et vous aurez placé les assises de la révolution scientifique. Gutenberg vers 1450, signera presque la fin du Moyen-Âge avec l’imprimerie, qui industrialisera littéralement la diffusion de la connaissance.

L’éducation n’est qu’un exemple parmi d’autres : architecture, musique, administration, ingénierie, etc., connaissent tous des développements fondamentaux durant cette ère.  La marche de la civilisation progresse sans cesse et plus elle a du succès, plus les superstitions reculent, non sans résister. Au Moyen-Âge, nous sommes partis à la découverte de l’univers et de notre propre nature.  Le Moyen-Âge effervescent nous inspire encore.

Enseigner avec Internet 


Pour bien des chercheurs universitaires, l’enseignement est une activité parfois stimulante, parfois corvée.  Si on leur demande «Quelle utilisation faites-vous des technologies dans l’enseignement ?»  On rencontre le plus souvent une grande perplexité…  la question est en dehors de leurs préoccupations disciplinaires.

Dans les écoles, le défi est bien différent mais les difficultés sont semblables. Un professeur, aussi bien intentionné qu’il puisse être, ne peut efficacement utiliser les technologies pour améliorer sa pratique sans un support technique et pédagogique, ni sans partage avec ses collègues. Une décision politique de son institution est à la base de l’action. Il ne s’agit pas que d’acheter des appareils et de produire des ressources en ligne.

Même si les technologies sont omniprésentes dans nos vies, leur intégration en éducation n’est pas innée ni spontanée. Si on veut réellement tirer bénéfice des merveilles du web, toutes les parties doivent le décider et s’y commettre.

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