Bons cours 

 
Un bon cours transforme celui qui le suit. Au delà des aspects techniques, les éléments d'un cours apprécié accueillent la volonté d’apprendre de ceux qui le suivent. Nous fait-on confiance ? Son accessibilité ouvre la porte à toutes ses autres qualités.

On communique et on apprend par tous nos sens; plus ils sont mobilisés, plus on intègre de données. On s’attarde beaucoup à la forme, au scénario pédagogique et aux contenus des cours, mais il appert que le succès d’un cours auprès des étudiants tient également à des aspects comme sa facilité d’accès technologique ou son découpage temporel.  Un cours se donne dans un environnement personnel et social et le bon cours se donne dans un bon environnement pour celui qui le suit.

Notre environnement change, les bons cours aussi.

Illustration : Aleutie - ShutterStock

Apprentissage du pouvoir 

Le pouvoir dépend de quelques éléments simples : de la force, évidemment mais surtout d’un point d’appui et d’un peu d’intelligence, question d’orienter la force correctement. Les leviers les plus solides du monde ne valent que par ce sur quoi ils s’appuient.

Dans le contexte éducatif, le pouvoir d’un professeur s’appuie sur la solidité de son institution, de celle de ses connaissances, sur l’appui de son administration et de ses pairs et aussi sur le respect qu’il inspire à ses étudiants.

Fournir les bases et l’appui, montrer comment orienter la force avec rationalité et sensibilité, former des êtres capables; l’apprentissage du pouvoir personnel et social est peut-être la plus haute finalité de l’école. Des étudiants capables d’appliquer ce qu’ils ont appris, n’est-ce pas le mandat de toute institution éducative ?

Illustration : Ase - ShutterStock

Grands groupes 


Entre la rentabilité économique d’un grand groupe d’étudiants passifs et l’efficacité pédagogique d’un petit groupe animé, il est parfois déchirant de choisir.  D’un coté on cherche à réduire le nombre d’élèves par classe et de l’autre on les entasse à 600 dans des auditorium.

Maintenir la discipline d'une classe de 30 étudiants exige une relation exclusive avec le professeur; si le nombre d'étudiants passe sous les 20, l’exclusivité de la relation n’est plus autant nécessaire, ce qui ouvre la porte aux technologies de communication dans l’apprentissage.  Le défi des Moocs est de trouver le moyen de créer et animer des milliers de groupes à la fois, des groupes dans lesquels les individus ne se sentiront pas submergés.

Submergés sous les données accumulées, les institutions qui ont fait le saut numérique le sont.  Bienvenue dans le monde des données massives. L’algorithme du bonheur à l’école n’est pas encore trouvé, mais la recherche continue

Illustration : HelgaLin - ShutterStock

L'école savoureuse 

Plusieurs fois par jour nous mangeons. De notre alimentation dépendent en partie notre santé, notre capacité de travail, notre longévité et même notre moral.  

Cependant la préparation de la nourriture occupe de moins en moins de place dans notre quotidien et cela se reflète à l’école comme à la maison. Le préparation traditionnelle de la nourriture prend du temps et c’est précisément là où la nourriture industrielle fait mouche.

Que transmettre à l’école alors ? On semble s’orienter vers le goût de la qualité, de l’expérience sensorielle et culturelle, de la créativité esthétique, de l’importance nutritionnelle, du respect environnemental, de la convivialité…  en éducation, l’alimentation devient le prétexte rassembleur autour duquel on crée des projets et tente de transmettre des valeurs via une activité quotidienne et universelle.

Illustration : SpeedKingz - ShutterStock

Règles, normes et conventions 

Pourquoi se soumettre aux diktats de la standardisation ? Les réponses sont multiples mais leur point commun concerne la communication : les conventions sont établies pour faciliter les rapports.

Un des premiers ensembles de normes est celui des langues.  Sans les conventions langagières, on ne pourrait se comprendre aisément, encore moins aborder des choses complexes. Les normes sont comme des habitudes formalisées. 

Les bonnes conventions sont discutées et remises à jour aussi souvent que nécessaire. Questionner la pertinence d'une norme est plutôt bon signe, particulièrement en éducation où les conventions qui formalisaient les cours sont toutes en train d’être remises en question.  Faudra en discuter, on s’entend déjà sur ça.

Illustration : cvm - ShutterStock

Économie 


La première numérisation fut probablement économique. Pierres ou coquillages rares rappelaient les promesses répétées et les dettes accumulées.  Se transmettre la monnaie de l’un à l’autre était possible et elle gardait sa valeur tant que ses qualités originales étaient préservées. Pour contourner ce problème, on a adopté des monnaies métalliques qui possédaient une valeur en soi : or, argent, cuivre représentent une certaine somme de travail.

Depuis on s’est mis à tout numériser, tout y passe, même nos gênes ou notre attention. Autant dire que l’économie suscite beaucoup d’intérêt et devient un terrain de jeu qui s’apparente parfois à la jungle.

Les tentatives de civiliser l’économie ont été nombreuses mais même le meilleur système économique peut être enrayé par la malversation.  Indépendamment du système, la richesse est associée à la création et la confiance.  Favoriser et développer ces dispositions positives fait partie du rôle de l’éducation.

Illustration : chungking - ShutterStock

Prestige intellectuel 


On admire les héros qui mettent leur force et leur intelligence au service d’un idéal en apparence inatteignable. S’ils l’atteignent en dépit de tout, ils méritent dès lors leur statut.  En dessous du héros, on trouve le génie, qui met sa force et son intelligence à la poursuite d’un but dont il est souvent le seul à en saisir l’importance.

Le prestige intellectuel ne s’acquiert apparemment que par la reconnaissance de ce qui a été énoncé. Sarte, Marx, Einstein, Darwin, Turing, etc…pour chacun, sa renommée s’est corrélée à la popularité de ses idées applicables.

Nous ne sommes pas tous des génies, mais tous nous pouvons obtenir un certain prestige intellectuel dans la mesure où nos idées sont mises en oeuvre et qu’elles fonctionnent. Dans cette édition vous trouverez des exemples et des pratiques pour faire avancer les idées. Le prestige intellectuel, ça se mérite !

Illustration : Fabio Berti - ShutterStock

École ouverte 

L’école a été et demeure toujours un «espace des possibles». On peut y découvrir des réalités dont on ignorait tout avant d’y pénétrer.

Les conditions de base de l’étude ne changent pas mais l’environnement si. Alors on s’organise différemment, comme avec les communautés d’apprentissage professionnelles, avec les mondes virtuels, les laboratoires d’exploration ou avec toutes sortes d’activités connectées que vous découvrirez dans cette édition.

Les technologies ouvrent d'immenses possibilités, on s’en voudrait de ne pas en profiter, autant comme enseignant que comme étudiant. La satisfaction du travail bien fait vaut bien quelques efforts; une école intéressante aussi.

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Encyclopédisme 

Le rêve des encyclopédistes était de rendre toute la connaissance accessible et compréhensible. Exhaustivité et vulgarisation en étaient les principes fondateurs. Personne ne parlait d’objectivité; le projet lui-même était une attaque frontale contre la superstition et ceux dont le pouvoir dépendait de l’ignorance des gens.

Ce rêve est en voie de se réaliser : ce ne sont plus quelques auteurs mais bien des centaines de milliers qui contribuent sans relâche à enrichir la toile de textes, de vidéos et d’explications de toutes sortes.

Et tout professeur deviendra le meilleur guide s’il enseigne à ses élèves comment eux aussi peuvent y contribuer avec d’autres. On peut tous se frotter à la production des connaissances, on y apprend beaucoup.

Illustration : alphaspirit ShutterStock

Grands projets 

L’idée de «penser grand» ne date pas d’hier : la Grande muraille de Chine, les pyramides d’Égypte, la tour de Babel, grandiose projet avorté, ou même la tour Eiffel, il y a plus de 100 ans, ces initiatives jalonnent l’histoire de l’humanité. 

Les grands projets ont la propriété d’unir les populations et les volontés autour d’objectifs clairs. Atteindre la Lune, vision apparemment utopique, fut pourtant réalisé en une décennie.

La construction d’une grande cathédrale revêt assurément un caractère prestigieux, mais l’idée de construire une école ou une ville en collaboration avec ses habitants peut aussi mettre à profit les expertises nombreuses de la population avec pour résultat qu’elle en retire une fierté encore plus grande. Plus on contribue à l’effort, plus on s’en approprie l’honneur. Nous sommes plus nombreux que jamais sur cette terre et plus que jamais nous avons besoin de grands projets sociaux, des défis à nos capacités et à notre imagination.

Illustration : Tithi Luadthong - ShutterStock