Biographies 

Une bonne histoire peut nous inspirer autant que nous divertir. Les premiers à réussir quelque chose représentent spontanément un intérêt. Le goût de l’aventure peut se développer tout comme le talent pour partager ses histoires, mais à défaut, on peut aussi demander de l’aide, au moins pour l’écrire; tous en profiteront. Nous sommes les artistes de notre vie, les meilleurs sont surtout occupés à la vivre.  

Grace à Internet, il est plus facile que jamais de partager son histoire et de prendre connaissance de celles des autres. 

Cette édition d’été vous propose des biographies de pédagogues, de scientifiques, d’originaux; des sites de biographies, des aides pour en écrire et même une rencontre avec le créateur d’un outil pour commencer à nous mettre à l’abri des prédateurs de nos histoires personnelles que sont les Google, Facebook et autres intelligences artificielles qui s’en nourrissent.

Échec et réussite scolaire 

L’année scolaire se conclut bientôt. La fébrilité de l’attente des résultats se soldera dans la joie, les larmes ou l’indifférence.

Le diplôme peut ouvrir et fermer les portes. Il ne reconnait que certaines compétences. Heureusement l’école et les lieux d’apprentissage modernes essaient d’aller au delà de ce cadre normalisant. La formation plus personnalisée est en voie de s’imposer et remet en question la notion de réussite scolaire uniforme au delà de certaines compétences de base.

On peut être capable d’apprendre tout ce que l’on veut. La formation à distance utilisée traditionnellement comme solution de rattrapage à connu ses beaux jours.  Face à des Moocs et une offre élargie de formation, l’idée même de «rattrapage» perd son sens. À partir du moment où l’on peut aller à son rythme, il n’y a plus rien à rattraper, uniquement à réussir ce que l’on a entrepris.

On se prend à rêver à des cours de français ou de mathématiques offerts en continu, toute l’année, à la leçon, à la badge et plus jamais d’examen de vie ou de mort. Qui s’en plaindra ?

Illustration : bibiphoto / Shutterstock.com

J’aime mes étudiants et ce que j’enseigne 

Pour des passionnés de l’éducation, maintenir la flamme parait essentiel à leur bonheur, encore plus quand il s’agit de la transmettre.

Au fil des témoignages de cette édition, on comprend que l’autonomie laissée au professeur traverse les pratiques et permet cette personnalisation souhaitée par tous.

L’autonomie laissée quant au choix des approches, au rythme, à la façon d’aborder les sujets et au choix des outils, technologiques y compris, importe. Cette autonomie, que l’on essaie aussi de faire acquérir à l’étudiant, est au coeur des enjeux. Un professeur qui en a peut aussi en donner à ses étudiants. Le contraire est plus difficile.

Par dessus tout, l’amour du métier y est intimement lié.

Illustration : Zurijeta - ShutterStock

Connaissances désuètes, vraiment ? 

L’usage que l’on ne fait plus de quelque chose détermine sa désuétude, «ce qui est sorti des habitudes». Rien ne disparait totalement, y compris le latin ou le télégraphe, mais ils sont bien désuets.  On en retient les principes et les traces.

Changements rapides et technologies accaparantes fragmentent inexorablement le temps d’attention. À l’école, on retient le principe du calcul manuel, mais on se sert surtout d’une calculatrice.

Ceux qui craignent que la numérisation mette en péril la conservation des données à long terme ont sans doute raison, mais d’un autre coté cette numérisation permet une diffusion sans précédent des connaissances. Des connaissances vivantes sont la meilleure garantie de conservation : elles se transmettent.

L’éducation s’occupe de la transmission des connaissances, Internet nous y aide. On peut tout apprendre mais on a pas à apprendre tous les mêmes choses.

Illustration : Carlos Gi - ShutterStock

Connectée au monde, l'école 

 Une école isolée des tribulations de son environnement était peut-être une bonne chose à une époque de rareté mais aujourd’hui l’idée est à peu près inversée : l’école est le lieu où une jeune personne peut obtenir plus de contacts variés que partout ailleurs. L’école connectée s’impose comme une réalité.

À partir de là, pour apprendre une ou plusieurs langues étrangères, monter des projets et acquérir des compétences spécialisées qu’aucun programme n’inclura jamais dans son plan, l’évolution se fait naturellement. Badges, FabLabs, Startups, Moocs synthèses, tous les moyens sont bons pour permettre à chacun de découvrir et de développer ses talents dans des domaines qui demeuraient pratiquement inaccessibles il n’y a pas 20 ans et qui souvent n’existaient même pas il y a 10 ans.

Il restera toujours à fournir l'effort de se rendre à la prise la plus proche.

Illustration : Irina_QQQ- ShutterStock

Traîner, mais pas pour rien 

Ce n’est apparemment jamais sans raison que l’on prend son temps, certaines sont positives, d’autres moins, mais dans tous les cas ce comportement signale que quelque chose de prioritaire s’impose pour la personne qui «traîne».

Dans un monde où notre attention est constamment sollicitée, traîner devient presque un geste politique de reprise de contrôle de son temps et de sa réflexion. L’action sans vision n’est qu’agitation et la réflexion sans action ne prendra jamais de valeur. Les deux sont nécessaires.

Avec l’arrivée des robots doués pour l’action et la réflexion, il nous reste, humains, encore une chose irremplaçable, celle qui nous définit par essence : notre capacité de création. Ce que nous créons ne remplit aucune case programmée; le temps que nous y consacrons sera toujours perçu comme une perte pour l’appareil productif. Mais prendre le temps de rêver, ce n’est pas pour rien.

Illustration : Ditty_about_summer - ShutterStock

Recycleurs de tout 

Sur de longues périodes de temps, on trouvera que la plupart des idées en apparence nouvelles ont déjà été formulées dans le passé, dans des contextes similaires. Puis on les a abandonnées.

À partir du moment où l’on se fige dans une idée, nous cessons de l’adapter au contexte et la dégénérescence commence : ce qui était une solution optimale le devient de moins en moins.

«On ne peut aborder la question pédagogique sans se référer aux conditions sociales de son fonctionnement». Albert Thierry

Cette pensée fournit la formule par excellence du recyclage : adaptation au contexte, quitte à modifier le contexte que nous créons nous-même et qui s’inscrit dans celui d'une planète limitée. Nous adaptons les choses et les idées au contexte que nous désirons voir apparaître et non l’inverse. Ainsi nous demeurons libres et créatifs.

Illustration : majcot - ShutterStock

Dans un monde changeant 

 
Entre les références rassurantes de la tradition et l’attrait de la nouveauté le monde balance. Pourquoi changer ce qui fonctionne bien ? Pourquoi dépérir alors qu’il suffit d’évoluer ?

«Comment améliorer notre sort ?» est une question à la source de la plupart des percées de la civilisation. Mais les freins sont de même nature : «Comment conserver ce qui a été chèrement acquis ?» est brandi par tous les mouvements de résistance.

Ici arrive l’éducation. La plupart des problèmes peuvent être résolus en augmentant les capacités et les compétences des gens plutôt qu'en investissant dans l'immobilisme de la défense de privilèges ou d’une illusoire sécurité. On peut être aussi heureux dans la stabilité que dans le changement, apprécier autant la tradition que le modernité, surtout si elles servent ce qu’il y a de mieux chez l’humain.

Le monde change, l’éducation change, mais certaines valeurs demeurent et méritent d’être défendues, elles sont nos boussoles.

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Parents et éducation : l'équilibre bénéfique 

Le contrat traditionnel qui liait école et parents établissait une cloison assez étanche entre les deux mondes. Il semble aujourd’hui que ce contrat ait besoin d’être renégocié.

La raison n’est pas que les parents, les professeurs ou les enfants ont changé, qu’ils sont plus revendicateurs, capricieux ou anxieux. La véritable raison est qu’avec les outils modernes, une meilleure implication des parents facilite la vie de tout le monde, produit de meilleurs résultats scolaires et apporte plus de satisfactions à tous les niveaux.

Les professeurs et les administrateurs scolaires qui intègrent les technologies font face au défi d’assurer une continuité entre l’école et la maison, presque de façon implicite dans le cas d’une classe inversée.

Une nouvelle façon d’apprendre se développe, de nouvelles pratiques sociales se créent. Il n'est pas nécessaire de restreindre l’apprentissage à seulement certains contextes ou environnements. On peut apprendre partout et avec qui l’on veut bien.  Nous avançons vers de meilleures communications et plus de collaboration.

Illustration : williammpark - ShutterStock

En bonne santé à l’école 

Parmi les conditions de base pour un apprentissage soutenu dans le temps, demeurer en bonne santé figure en priorité.

Si apprendre le ventre creux ou en étant carencé, épuisé ou blessé tient de l’épreuve, ce n’est guère plus facile en étant angoissé, infesté de poux ou avec un mal de dos persistant.

Une fois que les enfants sont parvenus sur les bancs d’école, le défi demeure de les y faire progresser sans qu’ils y soient malades. Vaccins et formations en hygiène figurent parmi les interventions classiques, mais au delà, bien souvent la manifestation d’une maladie cache une situation beaucoup plus complexe, souvent sociale ou même environnementale. Jusqu’où s’étend la responsabilité de l’école ou d’un professeur ? La réponse devient vite politique, une affaire de santé publique et aussi de justice sociale.

L’école est toujours un des plus puissants vecteurs de santé publique et communautaire.

Illustration : Ramon Antinolo - ShutterStock