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La recherche d’extase chez les jeunes

L'usage des stupéfiants chez les jeunes adolescents, publié sous la direction de N. Ducournau, J. Lachance, L. Mathiot, M. Sellami

le 22 janvier 2018 | Dernière mise à jour de l'article le 01 février 2018

Artelittera

68 boulevard Port-Royal
75005 PARIS
FRANCE

 

Publié aux Presses de l'Université Laval, ce travail de recherche scientifique intitulé "La recherche d’extase chez les jeunes" s'inscrit dans une approche collaborative impliquant différents points de vue de chercheurs. Si nous considérons la communication de Lionel Pourteau, sous le titre "Les facteurs non psychoactifs de la transe lors des fêtes techno" (de la page 83 à la page 92) on voit bien que l'approche consiste à mettre en lumière des pratiques transgressives, opérées par les jeunes dans des contextes festifs. Il s'agit de cerner le sens à donner à la "transe". C'est ce mot qui est choisi par les jeunes, au Canada ou en France qui sont amateurs de fêtes techno. Par définition, "la transe est un état modifié de la conscience". La définition est assez flou et laisse peu d'indices pour distinguer un état de transe de celui de l'extase.

Selon Lionel Pourteau, "la transe est un moyen, un état d’esprit actif pour atteindre un objectif stable, un état mental de jubilation et de jouissance, l’extase. Le sujet a l’impression de ressentir un plaisir d’une intensité extraordinaire, inouïe, lié au groupe qui le partage avec lui, aux
conditions sensorielles qui l’entourent. C’est donc tant une expérience mentale que corporelle où le sentiment d’individualisation régresse et où celui de faire partie d’un tout progresse. La sensation est de longue durée, habituellement de plusieurs dizaines de minutes à plusieurs heures." (page 83)
 

Il faut considérer deux conduites possibles : l'état de transe est atteint sous l'effet d'une absorption de psychotropes ou il correspond à une situation extreme qui met en lien la musique, le corps, la danse. L'auteur étudie ces manifestations au sein d'une foule, sous l'effet de vibrations sonores intenses, de rythmes musicaux spécifiques, où la collectivisation des émotions aboutit finalement à ce phénomène de transe. 

En ces temps où les adolesecents tentent d'échapper aux points de repères proposés par l'environnement familial ou éducatif, il est bon en tant qu'adulte de chercher à comprendre c qui se passe durant ces moments de grands rassemblements festifs.

L'approche de l'auteur est intéressante car elle met en articulation la foule (nécessaire à la fête) et l'adolescent (le participant à la fête) : "La foule décharge l’individu de sa solitude. Se perdre dans la foule, c’est« la mort de soi permettant de naître à l’autre » (Maffesoli, 1999 : 133)" écrit l'auteur. 

Au terme de cette étude, Lionel Pourteau conclut : "La transe est donc plurifactorielle. Elle s’obtient en perturbant le fonctionnement classique du psychisme dans sa capacité à être sensible aux phénomènes extérieurs. La mise en foule modifie le rapport sujet/groupe, en minorant le premier élément et en majorant la sensation de fusion avec le second. La danse offre les avantages de l’effort physique tout en altérant le rapport habituel au corps. La musique isole le sujet mais de la même façon que tous les autres sujets qui participent à la danse sur le parquet de danse (dance floor). Elle est la muraille qui différencie le groupe de ce qui lui est extérieur. De plus, sa dominante rythmique et la longue durée des concerts techno perturbent le rapport au temps." (page 90)

Cet ouvrage peut être téléchargé au format PDF par chapitres (2€) sur le site Artelittera

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