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«Aurore l’enfant martyre» est l’un des premiers succès du cinéma québécois. Tourné en 1951, en noir & blanc, le film fut projeté avec l’aval du clergé dans tous les cinémas communautaires (salles paroissiales) que le Québec pouvait compter. Un classique, que beaucoup de gens croyait sorti de l’imagination populaire et grandement exagéré.

L’histoire

En 1920, un procès impliquant une belle-mère dans le meurtre d’une enfant de 10 ans, battue et torturée pendant plusieurs mois, jusqu’à l’épuisement physiologique, fait les manchettes. La loi du silence qui régnait dans un petit vilage avait joué jusqu’à l’issue fatale et l’affaire éclatait au grand jour.

La belle-mère fut condamnée à mort, peine qui avait encore cours au Canada (dernière pendaison 1962, abolie 1976). Déjà que l’affaire n’était pas banale, voilà que l’on apprend que la condamnée est enceinte. Le débat public reprend de plus belle, les autorités reportent la condamnation après la naissance de l’enfant.

Croyant être débarassés de l’affaire, nouveau coup de théatre : ce n’est pas un mais deux enfants qui arrivent, des jumeaux ! Nouveau débat, le public proteste, «Ne tuez pas la mère des enfants».

Les autorités cèdent. Deux jours avant la date prévue de la pendaison, la peine sera commuée à la prison à vie. Les enfants sont confiés à un couple de geoliers désireux de les adopter...

L’histoire, tout à fait véridique, a marqué l’esprit populaire, d’où le succès du film. La sortie de la version moderne a lieu ces jours-ci (8 juillet 2005) ( Forum Aurore) et relance une fois de plus le débat sur la maltraitance des enfants.

Le site « les Grands mystères de l’histoire canadienne» nous dévoile avec justesse toute l’histoire, fort bien documentée, puisque les transcriptions du procès et des articles de journaux sont inclus.

L’approche est dynamique, on nous met dans le contexte par différents documents d’époque, on peut même prendre le rôle d’un enquêteur-historien. On peut également consulter les archives, les transcriptions, les résultats d’enquête, etc., les biographies de tous les témoins et protagonistes, analyser les suites et considérer à quel point cet événement a développé la sensibilité de tout un peuple quant au sort des enfants.

Bref, du très beau travail.

Moins d’actualité, mais tout aussi fascinant, l’histoire de «Klatsassin et de la guerre de Chilcotin», relate une rebellion indienne en Colombie-britannique, avec le même souci de justesse et de rigueur. Cet événement, comme celui d’Aurore, a encore des répercussions aujourd’hui.

Grands mystères de l’histoire canadienne

Sujets :
Histoire - Muséo - Paléo - Archéo