La 3D sous Creative Commons

Des bases de fichiers gratuits à imprimer en 3 dimensions

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La 3D sous Creative Commons

Comme le rappelait récemment Christine Vaufrey, tout s'imprime ou presque désormais grâce aux techniques dites de « fabrication additive » ou « fabrication numérique directe », permettant de confectionner un objet à partir d'un modèle numérique et de l’imprimer par la suite en 3 dimensions à domicile ou via un service d’impression 3D en ligne.

Comme le précise en outre Anne-Sophie Cantreau, avocate au cabinet Alain Bensoussan, « l’impression 3D est donc " à la fois une technique de fabrication et une technologie numérique " . Or, l’objet créé à partir de l’impression 3D peut être une copie d’un objet préexistant protégé par des droits de propriété intellectuelle ». Les risques peuvent se présenter notamment en matière de contrefaçon (protection par le droit des dessins et modèles dans le cadre de la propriété industrielle).

Des modèles sous licence Creative Commons

Comme pour les images, certaines plateformes permettent de réutiliser librement des créations placées sous licence Creative Commons. En 2007, rappelle Guillaume Champeau sur Numerama, Dassault Systèmes lançait 3DVia en se reposant sur les licences Creative Commons : cet entrepôt de modèles 3D propose toujours au téléchargement un certain nombre de fichiers exploitables dans le cadre de ces principes de libre exploitation. Thingiverse s'inscrit dans la même perspective : cette bibliothèque numérique de modèles, propriété du constructeur d’imprimantes 3D MakerBot, est dédiée au partage de fichiers téléversés sous licence libre par la communauté des utilisateurs du site, pour des activités de bricolage et de réparation d'objets. Thingiverse héberge par exemple le Robohand, prothèse gratuite de main mécanique.

Les sites Honda 3D et African Fossils apportent également leurs propres contributions dans leurs domaines respectifs : le constructeur automobile Honda offre en effet sur son site web dédié, les plans de cinq de ses « concept cars » sous licence Creative Commons BY-NC 4.0. Chaque individu disposant d’une imprimante 3D peut donc ainsi réaliser chez lui ses propres modèles réduits à la manière de la Porsche Cayman.

African Fossils, quant à lui, intéressera les passionnés de Préhistoire : ce site est une base de fichiers 3D (Autodesk) disponibles sous licence CC Attribution-NonCommercial-ShareAlike 3.0 Unported, reproduisant des fossiles et autres artefacts retrouvés dans les environs du lac Turkana en Afrique de l’Est.

Dans un cadre beaucoup plus restreint, d'autres plateformes comme Cubify, TurboSquid, GrabCad ou encore cgtrader offrent des fichiers gratuits destinés davantage à un usage personnel et privé.

Sources

CHAMPEAU, Guillaume. « Impression 3D : les Creative Commons font la loi ». Numérama [en ligne]. 23 juillet 2013. [Consulté le 15 février 2014]. Disponible à l’adresse : http://www.numerama.com/magazine/26593-impression-3d-les-creative-commons-font-la-loi.html
 
CANTREAU, Anne-Sophie. « L’impression 3D et la propriété intellectuelle ». IT-expert Magazine [en ligne]. 4 novembre 2013. [Consulté le 15 février 2014]. Disponible à l’adresse : http://www.it-expertise.com/limpression-3d-et-la-propriete-intellectuelle
 
VAUFREY, Chritine. « De la maison à la pizza, tout s’imprime ! ». Thot Cursus [en ligne]. 10 février 2014. [Consulté le 15 février 2014]. Disponible à l’adresse : http://cursus.edu/article/21446/maison-pizza-tout-imprime
 
Illustration : Shutterstock, Giovanni Cancemi, Printer 3d

Sujets :
Travail des matérieux (métal, plastique, bois) Infographie - DAO - Design web Droit de la propriété intellectuelle

Mots-clés :
3D,
imprimante 3D,
droit de la propriété intellectuelle