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Un premier pas législatif pour officialiser la formation à distance au Cameroun. -

Par Louis-Martin Essono , le 17 mai 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

En mars dernier, les parlementaires camerounais ont passé au peigne fin la loi d’orientation de l’enseignement supérieur dans leur pays. Cette nouvelle loi vise à asseoir sur une base législative le système camerounais de l’enseignement supérieur qui, jusque là, n’était régi que par des disposition réglementaires.

Dans le texte de la loi, l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur -- un homme qui imprime à la vie universitaire un rythme nouveau et dynamique relativement aux défis posés par les nouvelles technologies et leurs rapports avec la formation à distance -- détermine les orientations fondamentales des institutions universitaires et fixe les règles générales d’organisation, de fonctionnement, de gestion, de financement et de contrôle des établissements universitaires publics et privés.

La FAD au service des populations et des citoyensRespectueux des clauses établies avec la Banque Mondiale et le FMI, suivant en cela le rapport de l’UNESCO déjà présenté dans Thot, le gouvernement camerounais assure l’instruction et l’éducation à tous les citoyens; on sait qu’ils sont près de 60 % à n’être pas en mesure d’aller à l’école. Néanmoins, l’article 11 alinéa 1 de la présente loi stipule que

L’État garantit l’égalité des chances d’accès à l’Enseignement Supérieur aux personnes de nationalité camerounaise, remplissant les conditions académiques et/ou professionnelles requises et en fonction de la capacité d’accueil de chaque Institution.

Les conditions de travail dans les structures d’accueil étant insuffisantes et obsolètes comme l’avaient déjà reconnu les autorités du ministère de l’Enseignement supérieur, la loi d’orientation établit clairement que

l’État encourage les Institutions universitaires à prendre des dispositions ou des initiatives appropriées facilitant notamment l’accès des personnes handicapées à l’Enseignement Supérieur.

C’est pourquoi chaque Institution d’enseignement supérieur peut déterminer d’autres conditions d’accès qui lui soient propres, dans le respect des dispositions de l’alinéa 1 cité précédemment et des lois et règlements en vigueur. Pour favoriser l’accès à l’enseignement supérieur en partenariat avec les établissement privés, pour résorber l’analphabétisme et permettre à un plus grand nombre de jeunes d’accéder à l’enseignement universitaire, afin de donner aux travailleurs la possibilité de compléter leurs études universitaires et, enfin, pour réduire les différences entre les établissements supérieurs du pays, la loi prescrit, à l’alinéa 4 de l’article 1, que

L’enseignement à distance est reconnu et encouragé comme un mode alternatif de développement de l’Enseignement Supérieur. Son organisation, son fonctionnement et son contrôle sont régis par des textes particuliers.

Un premier centre de formation à distance universitaire est déjà opérationnel à l’Université de Dschang au sein de la Faculté d’Agriculture. La mise en chantier de ce centre, quoique sujette à quelques problèmes dus à un texte particulier controversé, préfigure de la vaste entreprise à laquelle s’est engagé le ministre de l’Enseignement supérieur. Un défi réel l’attend, celui de donner de la crédibilité à la formation à distance dans le pays, en faisant reconnaître par les ministères de la Fonction Publique, des Finances et du Travail, les diplômes obtenus par la seule formation à distance. Une difficulté plus grande encore se dresse devant le ministre : l’interconnexion annoncée des six universités d’État. Celle-ci implique la modernisation des infrastructures et du parc informatique des universités mais aussi le changement de mentalités des enseignants; la plupart d’entre eux méconnaissent en effet l’importance du télé-enseignement.

Un dernier obstacle, et non le moindre, c’est l’incohérence des actions d’éducation en formation à distance entre le ministère de l’Éducation nationale, chargé de l’enseignement maternel, primaire et secondaire, et le ministère de l’Enseignement supérieur. Les contenus pédagogiques, la formation des experts et la mise en place des infrastructures demeurent encore un voeu; il vaut mieux cependant prendre le temps qu’il faut pour y arriver que de tout bâcler par précipitation.

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