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Perspectives pour l’enseignement sur Internet

Par Thot , le 11 juillet 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Quels intérêts peuvent motiver un enseignant à utiliser Internet ?

À la lumière des recherches que j’ai menés, il semble que la motivation première qui pousse actuellement les enseignants à utiliser Internet soit la curiosité. Internet attire les esprits novateurs, parce qu’il s’agit d’une nouvelle technologie, que son impact semble prometteur, même s’il est encore inconnu.

Il est évident que cet effet d’innovation s’essoufflera quand l’usage d’Internet sera dévisagé. En outre, le Web apporte de réels intérêts pour le travail de l’enseignant: bénéficier de nouveaux outils pour faire un travail plus productif (distribution de l’information à tous les étudiants de façon aisée et flexible, délais de communication immédiats), bénéficier de nouvelles possibilités pédagogiques (visualisation, animation, simulation...), soucis de fournir un service mieux adapté aux étudiants (possibilité de travail à domicile, à n’importe quel moment), valorisation du travail de l’enseignant:

les cours mis à disposition sur WWW sont susceptibles de toucher un nombre d’étudiants extrêmement important. Si tout le monde joue le jeu, Internet devrait contenir sous peu une base de donnée de cours sur tous les sujets, dans laquelle les professeurs pourront puiser pour monter un nouveau cours, ou compléter leurs cours.

L’absence de protection des documents mis en accès sur Internet n’est il pas un frein au développement de cours sur le Web ?

Le problème du piratage n’est pas lié à Internet : les photocopies illégales de cours ou de livres sont pratiques courantes. Par contre il faut noter qu’Internet, utilisant des documents numériques, facilite grandement la copie et la diffusion.

Ce n’est pas un frein pour le C.N.E.D. Comme le dit Marc Bouchet, le C.N.E.D. a toujours été piraté, et il sait qu’avec les documents électronique et le WWW le piratage devient un jeu d’enfant. Mais c’est avant tout un organisme publique et donc le piratage n’est pas un soucis, sauf quand c’est pour le profit d’organismes faisant le commerce de la formation.

On peut penser que cette réaction sera celle des professeurs de l’enseignement publique, dont l’objectif est la formation du plus grand nombre, et non l’enrichissement personnel.

Cependant, si un enseignant ne recherche pas l’enrichissement financier direct, il attend en revanche reconnaissance de son travail. Selon Florence Michaud, chargée d’études sur les NTE, un enseignant qui met à disposition ses cours sur le Web risque d’être rapidement démotivé si ceux-ci sont abusivement recopiés. «Nous nous sommes déjà fait recopié le didacticiel que nous avons développé au sein du LAG »

Philippe Marin, enseignant à l’ENSH, conseille de bien distinguer ce qui est confidentiel, de ce qui peut être mis en accès à tous. Il explique : «il est évident qu’il faut bien penser à ce que l’on met sur le réseau internet. Il faut absolument éviter toute information confidentielle. J’ai tout a fait conscience que les informations que je publie sur le Web sont visibles et partageables par tous. Il est bien sur possible d’écrire un "copyright" sur chaque page, mais quel moyen de contrôle a-t-on ? Je m’attends donc à ce que ces informations soient lues, recopiées, mais aussi enrichies par d’autres. Pour ma part, le système de l’intranet me convient lorsqu’il s’agit de garder des informations confidentielles.» L’enseignement sur Internet va-t-il à l’encontre de l’avenir du métier d’enseignant ? Difficile de répondre à priori : il se trouve qu’il y’a peu d’idées sur le comment sera effectivement utilisé Internet dans l’enseignement.

Cependant, Internet n’est qu’un outil pour l’enseignement, il ne remplace pas les enseignants. Si l’usage d’Internet se répand dans les pratiques d’enseignement, il est probable que l’emploi d’enseignant sera modifié, non pas supprimé.

L’enseignement sur Internet peut-il devenir l’objet d’un monopole comme c’est le cas du logiciel de traitement de texte, du tableur, du système d’exploitation des ordinateurs personnels ?

Le Professeur Claude Cossette, directeur du Programme de Communication graphique de l’École des Arts visuels, Université Laval au Québec, expose dans son article "Internet va-t-il remplacer le professeur ? " une vision très noire de ce que pourrait être le "marché de l’enseignement" : «Les marchés visés ne seront plus des marchés régionaux mais des marchés nationaux, voire internationaux. [...] Les cours mis au point sous forme de multimédias devront être aussi intéressants que les shows de vulgarisation de la télévision éducative actuelle; ils devront défier Peter Gabriel avec ses 100 minutes de vidéo, ses 30 minutes de son et ses 100 images statiques, tout ça sur un monde interactif et sur un seul cd-rom.» Le cauchemar continue lorsqu’il dessine "des foires pédagogiques comme il existe un Midem pour l’audiovisuel, ..., de nouveaux moyens d’apprentissage coûteux mais dont l’amortissement sera réparti sur de grands groupes."

Si on parle de contenu éducatif, par contre, la situation est tout autre. Internet est l’outil de diffusion anarchique par excellence. Il a subit plusieurs tentative de prise de contrôle et de censure par les gouvernements (américains ou autres), mais toutes sont restées vaines : il est trop facile pour n’importe qui de créer un serveur et de le connecter à Internet grâce à une simple ligne téléphonique. De plus, la réalisation du contenu des serveurs est presque à la portée de n’importe qui, et ne demande que de faibles investissements. Dans ces conditions, on voit trés bien que l’enseignement via le réseau est accessible à tous, il suffit de vouloir.

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