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Unesco : Institutionnaliser la formation à distance

Par Louis-Martin Essono , le 27 janvier 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 02 octobre 2013

Dans un entretien avec la presse africaine en 2002, le deuxième patron de l’Organisation pour l’Education et la Culture, John Daniel, a déclaré que dans les dix prochaines années, le monde aura besoin de dix à quinze millions d’enseignants. C’est la raison pour laquelle l’UNESCO va davantage mettre l’accent sur la formation à distance. Ce mode d’enseignement, révèle-t-il au correspondant de allafrica.com, peut effectivement servir au recyclage et à la formation d’enseignants et de personnels d’éducation. J. Daniel a émis ces points de vue la semaine dernière à Dakar dans le cadre de la réunion du groupe de contact pour la mise en place d’un Forum Africain des Parlementaires pour l’Éducation (FAPED).

Un groupe de trente parlementaires issus du Cameroun, du Cap Vert, du Sénagal, du Soudan, du Maroc, du Nigéria, de Maurice et de Namibie s’est réuni le 16 janvier à Dakar pour lancer la première réunion du Faped dont la mission essentielle est de favoriser la création d’un cadre d’échange entre parlementaires en vue d’apporter une contribution pertinente aux efforts déployés par la communauté internationale dans sa volonté d’atteindre les objectifs de l’éducation pour tous.

À ses yeux, la formation à distance, s’est révélée être un outil qu’il faut intelligemment utiliser, car ce type de formation a radicalement ouvert les universités. On sait que plusieurs organismes travaillent à la vulgarisation de l’enseignement à distance dans le monde et dans les pays sous développés. L’Afrique, qui en a grandement besoin, mais qui piétine pour mettre en oeuvre des politiques nationales de formation, dispose aujourd’hui de nombreux partenaires dont la Banque Mondiale, la Francophonie, l’Unesco. Il importe que les actions éducatives sur laquelle se penchent les parlementaires deviennent une préoccupation dans le but d’apporter au monde un équilibre relativement stable.

C’est pourquoi, lors de l’entretien avec la presse, J. Daniel a réaffirmé cette priorité majeure de l’UNESCO à l’Éducation Pour Tous (EPT). M. Daniel a d’ailleurs positivement apprécié l’engagement des parlementaires pour les questions d’éducation. Il a indiqué que les pays développés s’aperçoivent qu’il faut passer par l’éducation pour réduire l’écart. De ce point de vue, l’éducation demeure, plus que jamais un droit pour tous.

L’Unesco accorde près de 35 % de son budget à l’éducation, surtout pour l’éducation primaire, même si les autres ordres d’enseignement ne sont pas négligés. De même recherche-t-il l’équilibre entre les garçons et les filles, équilibre difficile à atteindre d’ici à 2005, car, explique-t-il, dans un pays comme l’Afghanistan, " 6 % des filles sont à l’école. Donc, atteindre l’équilibre filles-garçons en 2005 pourrait être difficile rien que dans le cas de ce pays". Tout compte fait, le rôle de l’UNESCO est, signale le sous-directeur général, de démontrer aux bailleurs de fonds que l’éducation forme un tout. "L’attitude des bailleurs de fonds évolue avec le temps. Mais il est clair que les bailleurs bilatéraux sont prêts à appuyer les objectifs d’éducation pour tous".

Au sujet de l’Université du Futur Africain (UFA), J. Daniel a estimé qu’elle reflète toute la pensée sur la réforme universitaire en tant que projet "intéressant, conforme au développement". L’UNESCO veut rester tout aussi actif dans le domaine de l’enseignement non formel surtout dans un contexte où de nombreux pays africains portent l’essentiel de leurs efforts sur le système traditionnel. Déjà, une section travaille à cela au siège de l’institution spécialisée. Aussi, a-t-il précisé "des progrès sont réalisés dans le domaine de l’alphabétisation. Les exemples sont nombreux à travers le monde. Il y a une application efficace et je crois que l’informel peut jouer un rôle important dans les systèmes éducatifs africains".

Les crédits horaires restent, quant à eux, insuffisants dans les systèmes éducatifs de certains pays africains a-t-il souligné, à cause des grèves et même de certains événements qui en sont les principaux facteurs. John Daniel a été nommé depuis le 2 avril 2001. Il est titulaire de plusieurs diplômes académiques obtenus comme étudiant à temps partiel, ou grâce à l’enseignement à distance. Il est recteur de l’université ouverte du Royaume-Uni, avec plus de 250.000 étudiants à travers le monde et une bonne réputation dans la pratique de l’apprentissage électronique.

La réunion de Dakar devra se distinguer de toutes les autres par la mise en oeuvre réelle des recommandations et des propositions effectives pour l’Education pour tous. Sur le terrain, on a vu les actions de l’UVA limitées à quelques pays, celle de l’Adéa devra s’étendre avec les différents groupes de travail. Le voeu est de faciliter les actions pour un véritable résultat.

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