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Au Cameroun, création d’un Centre national des nouvelles technologies -

Par Louis-Martin Essono , le 27 août 2000 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Des outils dépassés

Le Centre de calcul, qui abrite le noeud à partir duquel les six universités du Cameroun sont connectées à Internet, est devenu complètement obsolète et insuffisant pour satisfaire les 1800 enseignants, les chercheurs et les étudiants avancés qui se partagent les douze Pentium 1 équitablement répartis entre enseignants et étudiants.

Pour entrer dans un site de l’Université du Québec, par exemple, il a fallu une attente d’une heure au recteur et au Prof. J.P. Lafrance, Directeur de la Chaire Unesco Bell en communication et développement International.

Les faibles débits, la vétusté des équipements, le nombre impressionnant d’usagers rendent le Centre de calcul de l’ Université de Yaoundé inaccessible, voire inopérant et conduisent les utilisateurs à abandonner la quête d’un développement rapide des connaissances.

En replaçant l’université dans son contexte actuel, le recteur, qui a dirigé autrefois l’ INTIF, a reconnu que

les universités sont confrontées à la dynamique de la globalisation qui impose parfois des adaptations nécessaires et déchirantes. L’abolition des frontières géographiques, le décloisonnement des universités et leur mise en relation développent une société internationale de formation et d’information.

Un tel contexte ne peut s’accompagner que de l’appropriation, par les universitaires, des NTIC à des fins éducatives. Cette appropriation doit donner aux enseignements et aux recherches

plus de densité par l’exploitation des savoirs disponibles sur le Web.

Revalorisation du Centre de calcul

Pour réaliser ce projet, le recteur a proposé de transformer l’actuel Centre de Calcul en un Cybercentre polyvalent doublé d’une Unité d’appui aux activités logistiques de l’université : les bases d’information, les répertoires, les ouvrages et revues à texte intégral, les didacticiels, les bibliothèques numérique et les médiathèques virtuelles. La formation à distance, déjà prônée par les ministres camerounais de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur, y tiendra également une place importante au regard de l’imposant travail de recyclage pédagogique à abattre auprès des enseignants eux-mêmes et des autres publics identifiés.

La mutation fera du Centre de Calcul un Centre universitaire des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

La formation à distance ainsi proposée permettra non seulement de

démocratiser l’accès au Web qui figure, par la mise en réseau des structures, une société internationale de la formation et de l’information, mais aussi de développer une université virtuelle où disparaissent l’espace physique et le synchronisme pour une formation distribuée à distance, à moindre coût et ciblée vers un public extensible à l’infini.

Le recteur reconnaît que l’EAD, qui fera recours aux ressources des NTIC,

est une solution pour maintenir, voire améliorer la qualité de formation malgré l’accroissement des effectifs à condition que la réforme pédagogique soit effective

et que le transfert vertical des connaissances se transforme en un processus centré sur l’apprenant avec un mode de fonctionnement asynchrone.

C’est la première fois qu’un tel engagement est officiellement pris par un universitaire de haut rang. Il est souhaitable de voir ces engagements suivis d’effet. En fait, les enseignants et les chercheurs attendent anxieusement cette réforme qui devra mettre en réseau, outre la bibliothèque universitaire, l’ensemble des établissements de l’Université.

Les organismes internationaux comme le PNUD, l’ AUF et l’Unesco ont apprécié ces innovations et pourront contribuer à la concrétisation de ces voeux.

Encore des voeux?

Mais quand on sait que la plupart des établissements universitaires ne sont pas connectés au réseau Internet, que les textes officiels prévoient, depuis 1988, l’introduction de la formation à distance à l’École normale supérieure à l’intention des candidats externes, et que rien ne se réalise après tant de beaux discours, il est temps d’aider le nouveau recteur à parvenir à la réalisation de son voeu le plus cher : informatiser l’Université et y introduire la formation à distance.

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