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Technologies innovantes : quelle place pour l’Afrique ?

Par Louis-Martin Essono , le 18 avril 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

On parle aujourd’hui de Tic de par le monde. Ce nouvel outil a révolutionné les nombreux rapports entre les pays et tout se conçoit comparativement et proportionnellement aux nouvelles technologie. Le miracle du XXIème siècle est à la portée de tous les gens de la terre qui peuvent participer intrinsèquement à leur indépendance économique et culturelle. C’est pourquoi, de gré et de force, l’Afrique a été extraite de son immobilisme pour intégrer la civilisation mondiale que sont les technologies de l’Information et de la communication.

Pourtant, nous l’avons souligné à plusieurs reprises dans les colonnes de Thot, depuis Bamako 2000, et sa petite soeur Bamako 2002, ajouté maintenant aux SMSI 2003 de Genève, la très nette impression que l’Afrique suit le pas et respecte le protocole dans l’adoption des Tic s’affirme. La défiscalisation des produits informatiques est devenue une réalité, l’insertion des Tic dans les établissement d’enseignement est concrétisée, l’informatisation des secteur comme la médecine ou le commerce est avérée. La vie des Africains se modèle sur les Tic. Une preuve des plus concrètes de ces outils est le boom que connaît le téléphone portable dans tous les pays africains.

Une telle perception de la réalité est dangereuse. Elle occulte la véritable réalité, celle que vivent les Africains qui résident dans les villes. L’utilisation rationnelle des Tic est à la source de très nombreux problèmes que rencontrent les usagers de ces outils. Si l’anthropologie des Tic en Afrique est devenue obsolète depuis cinq ans, on ne s’intéresse plus en Afrique aux filles qui cherchent mari sur Internet. On se tourne davantage sur le commerce et les banques. Mais l’école demeure le tendon d’Achille de l’insertion des Tic en Afrique.

Le problème de l’accès et de l’accessibilité semble primordial. Les espaces numériques aménagés par les communautés locale sont rares ou inexistants pour initier le peuple des jeunes aux Tic en vue de l’acquisition des connaissance. Les débits sont encore lents bien qu’on entende parler de fibre optique ou de V-Sat. Le contact psychologique entre les Tic et les utilisateurs demeure en permanence conflictuel.

Il ne faut pas non plus réduire les Tic au seul Internet. L’ordianteur suffit à exorciser les problèmes. Les enseignants demandent maintenant aux élèves -avec raison- de ne présenter les devoirs que « saisis sur ordinateur ». Ces élèves, doivent donc déployer des stratégies innovantes pour escroquer les parents-quand ils en ont- afin d’avoir autant d’argent que de devoirs par professeur. La page saisie au kilomètre revenant à 1 Euro. Ce qui est lourd pour des enfants qui n’ont rien à manger toute la journée et qui se mettent à la mode des Tic.

Les enseignants eux-mêmes ne savent plus quelle méthodologie utiliser pour innover leurs enseignements en utilisant les Tic. Il leur faut recopier les cours pris dans des sites parfois obscurs pour les dicter à leurs ouailles. On n’a pas de cours inventés et présents dans le réseau des réseaux qui soientt produits au Sud. Il y en a. Bien sûr. Mais, ils se comptent sur les doigts d’une seule main.

Les concepteurs de cours, les gens compétents, les inventeurs de programmes subissent la loi de la fuite des cerveaux, tant dans les pays africains, la situation matérielle de l’enseignant est minable. Le chapelet des doléances à égrener est si long que la pause s’impose.

On n’oubliera pas que parfois, l’Afrique sert de dépotoir à des machines vieillies et qui causent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. La solution, je crois, viendra de l’Afrique elle-même. Cette solution est la créativité, est l’invention, est l’imagination. Celles des produits fabriqués par eux-mêmes, pour eux-mêmes.

Pourvu, comme d’habitude, qu’ils aient des moyens.

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