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Télémédecine : Les Dogons maliens, chez eux, en clinique genevoise*

Par Louis-Martin Essono , le 29 juillet 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Depuis Bamako 2000 , les participants aux assisses consacrées aux passerelles du développements par l’Internet en Afrique avaient été émerveillés et par les possibilités de cet outil universel pour le développement de l’Afrique. A travers le projet des 700 communes à conecter au réseau Mondial, les rapports entre l’ancien président malien Alpa Oumar Konaré et le président helvétique avaient permis de très grandes avancées technologiques en Afrique dans les domaines aussi variés que l’éducation, l’agriculture, la gouvernance et maintenant la médecine.

Dans une édition antérieure,Thot avait publié les efforts fournis par la communauté internationale à expérimenter et à introduire en Afrique le développement de la médecine par Internet. Le Cap vient maintenant d’être favorablement franchi comme nous le révèle notre collègue F. Gbadamassi dans un article où elle rend compte des possibilités actuelles de soigner à distance les malades.

En effet, écrit-elle, à l’hôpital de Dimmbal, situé à quelques 750 km de Bamako, la capitale malienne, les patients ont la possibilité de bénéficier, en direct, de l’avis d’experts...genevois, via le satellite Geolink Acess qui permet à ce petit village de près de 2 000 âmes d’être connecté au Réseau mondial. Ce raccordement satellitaire, seul moyen de relier Dimmbal au reste du monde, hameau qui se situe trouve à 15 km du premier accès téléphonique.

Au plan pratique, il est heureux de constater qu’il ne s’agit pas, dans ce cas, d’un apport ponctuel au développement médical dont ne bénéficierait que les médecins ou les malades locaux. Il s’agit au contraire d’un plan de formation, à long terme, qui vise une formation continuée du personnel et une extension régionale. En réalité, si Dimmbal s’offre

comme un projet pilote du Réseau francophone africain pour le téléenseignement

il doit se comprendre comme le début d’une ambition dont l’objectif est

d’installer au moins deux points d’accès satellitaires, consacrés à la formation, dans 7 autres pays de l’Afrique de l’Ouest et du Nord. À savoir, le Burkina Faso, le Sénégal, le Niger, la Mauritanie, le Maroc, la Tunisie et le Bénin

.

La plate-forme malienne permet actuellement d’assurer bimensuellement, par vidéoconférence et sur une interface dédiée, la formation médicale des Maliens par l’hôpital cantonal universitaire de Genève. L’autoformation du personnel médical s’effectue par des téléconsultations et très souvent,

les cas difficiles sont soumis en direct à des médecins genevois qui, grâce à une caméra, vivent la consultation

.

L’insertion de l’Afrique dans le monde du numérique n’est pas miraculeuse. Les préjugés autrefois avancés tombent tout seuls et prouvent qu’une étude de la société ou de la civilisation à laquelle on apporte de l’aide doit être prise en considération. De nombreux projets, ambitieux dans l’intention et dans les formes, ont lamentablement échoué pour n’avoir pas intégré le système social des potentiels bénéficiaires. La télémédecine, que l’Afrique appelle de tous ses vœux, s’insinue malheureusement, doucement, très doucement dans le continent qui en a bien besoin.

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