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Le mythe de «la technologie difficile à apprendre» est dégonflé : 0 support, 100 % de découvertes. -

Par Denys Lamontagne , le 22 novembre 1999 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Adaptation d’un article de Frederick Noronha paru sur le forum du Global Knowledge Partnership, actuellement animé par la Banque mondiale...

Une expérience indienne démontre comment les enfants des bidonvilles s’accaparent rapidement des ordinateurs

Des éducateurs indiens ont entrepris une expérience qui démontre de façon étonnante comment des enfants illettrés du bidonville de Delhi se sont enseignés eux-même les habiletés de base en informatique et ont même réussi à naviguer dans Internet avec le seul accès à un ordinateur sans clavier (seul un «track pad» était fourni), sans aucune instruction de quiquonque, pas même un enseignant. C’est une approche «d’envahissement minimal».

Les résultats obtenus sont qualifiés «d’étranges et merveilleux», au grand plaisir des chercheurs du Cognitive Engineering Research Centre de la firme NIIT.

Le déroulement

L’ordinateur était placé dans un kiosque extérieur pouvant être accédé de tous côtés. Rapidement les enfants du bidonville ont découvert l’objet. La plupart illettrés et aucun ne connaissant l’anglais, ils ont quand même rapidement expérimenté plusieurs des logiciels et ont pu passer d’un site Web à l’autre. Les enfants ont inventé leur propre vocabulaire pour décrire le travail à l’ordinateur. Ils formaient des classes impromptues pour s’enseigner les uns aux autres.

Après quelques jours, ils savaient comment naviguer ou dessiner. En un mois, ils avaient découvert comment créer de nouveaux dossiers, couper coller, prendre des raccourcis, changer les dimensions des fenêtres et utiliser MSWord pour créer de courts messages et ce, sans même un clavier. (Combien d’entre vous seraient capables de le faire?)

Au départ les enfants n’avaient même pas un indice de la raison d’être ou de la fonction de cette machine ou du kiosque. Aussi longtemps que ça ne menaçait pas leur espace, ils ne s’en préoccupaient pas. Certains croyaient que c’était un jeu vidéo mis là gratuitement. Les plus vieux s’inquiétaient de qui prendrait soin de l’ordinateur. Aucune autre réponse ne fut donnée que celles du style «C’est une machine pour s’amuser».

Ce sont d’abord des enfants de 6 à 12 ans qui l’ont découvert et expériementé. Le «touch pad» était amusant et ils ont découvert accidentellement comment cliquer. Ils ont créé les concepts de «canal» pour les sites Web par analogie avec les canaux de télévision, de l’«aiguille» pour le curseur et de «il travaille» pour le symbole «occupé». L’intérêt et l’enthousiasme est resté élevé tout le temps de l’expérimentation, qui était surveillée à distance par des caméras vidéo.

Une semaine après le début de l’expérimentation, les enfants se sont trouvés eux-même un professeur : un étudiant en art qui avait suivi un cours de base sur les ordinateurs. Comme c’était le seul qui connaissait quelque chose aux ordinateurs dans la colonie, on lui vouait un grand respect. En 10 jours, ces enfants illettrés savaient comment fermer l’ordinateur, créer des raccourcis et aller sur les sites de Disney ou de MTVonline, utiliser des logiciels de dessin, la calculatrice, changer les fonds d’écran à partir d’images dans Internet, etc.

Conclusions

Bref, il n’y a pas que les parents des enfants des classes moyennes qui peuvent s’émerveiller de la vitesse à laquelle leurs enfants s’accaparent de l’ordinateur. Tous y arrivent, et plutôt rapidement une fois qu’ils y ont accès.

Très tôt les enfants se sont opposés à ce que le kiosque puisse être enlevé un jour. Les parents, même s’ils sentaient qu’ils ne pourraient assumer l’opération du kiosque ou n’en voyaient pas l’utilité (est-ce que ça donne à manger?), considéraient tout de même cela très bon pour leurs enfants.

L’avenir d’un ordinateur peu coûteux, pouvant être opéré à partir d’un kiosque extérieur avec un lien sans fil à Internet est imaginable.

On peut questionner les appréhensions des académiciens et autres privilégiés sur l’habileté des classes plus pauvres à s’accaparer d’Internet : s’ils ont la chance d’y accéder, ils en sont aussi capables que les autres.

Les gens (des quartiers pauvres) ont beaucoup questionné le développement qui s’appuie sur Internet auquel ils n’auront vraisemblablement pas accès. Le salaire moyen d’un Indien est actuellement de 170 $ par année...

Plusieurs autres expériences de cet ordre ont actuellement lieu...

Pour l’article complet : INDIAN EXPERIMENT SHOWS HOW SLUM-KIDS SPEEDILY TAKE TO COMPUTERS

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