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La cyberformation dans l’enseignement supérieur - Synthèse de l’OCDE***

Par Denys Lamontagne , le 16 octobre 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 17 novembre 2018

À partir de plusieurs études réalisées par l’OCDE, celle-ci a produit « La cyberformation dans l’enseignement supérieur», un document synthèse sur l’état de la cyberformation dans l’enseignement supérieur.

Les principales conclusions, documentées dans sept recherches étendues de l’OCDE et de ses partenaires entre 2003 et 2005, sont synthétisées dans ce document. Il s’agit donc d’éléments résumés et raffinés, mais aucune des observations citées n’est superficielle. Le portrait est donc assez réaliste et fiable.

Quelques extraits :

- Les activités de cyberformation (dans les universités) concernent pour la plupart des modules, ou des parties, de formation et on constate qu’en pré-licence elles viennent pour l’essentiel compléter les enseignements assurés sur place. Les programmes diplômants comprenant une présence en ligne significative sont plus courants en post-licence, peut-être parce que la formation en ligne convient davantage à l’étudiant d’âge mûr, qui souhaite par exemple conjuguer des études avec une vie familiale ou professionnelle. L’intensité de la formation en ligne varie aussi considérablement d’une discipline à l’autre : l’informatique ainsi que la gestion et le commerce sont les disciplines le plus souvent citées parmi celles qui ont largement recours à certaines activités de cyberformation, en particulier pour les formations mixtes et intégralement en ligne.

- Toutefois, même si la cyberformation s’implante avec lenteur, les établissements ont clairement le sentiment qu’ils doivent la proposer. Les établissements étudiés possèdent quasiment tous une stratégie centralisée de formation en ligne ou sont en train d’en élaborer une. Parmi les 122 établissements du Commonwealth qui ont répondu à l’enquête de l’OBHE, 9 % seulement ne s’étaient pas eux-mêmes dotés d’une stratégie de formation en ligne ou n’avaient pas planifié l’élaboration d’une telle stratégie, contre 18 % en 2002.

- Cela étant, il y a encore un fossé entre l’adoption de ces systèmes - trop souvent assimilés à des activités de cyberformation - et leur utilisation pour la pédagogie : s’il est vrai que parmi les établissements sondés dans le cadre de l’enquête de l’OBHE, 73 % ont fait état de l’adoption d’une telle plate-forme, 76 % ont signalé une présence en ligne faible, négligeable ou inexistante.

- Au nombre de ces difficultés, on peut citer les réticences du corps enseignant à utiliser les matériels développés par des tiers et les préoccupations concernant la réutilisation des matériels et les droits d’auteur. Bien que les établissements s’intéressent de très près aux objets pédagogiques, ils continuent d’estimer que ces outils ne sont pas arrivés à maturité.

- La cyberformation et la mise en commun de l’information qu’elle suppose pourraient en outre être en contradiction dans une certaine mesure avec la culture professionnelle des universitaires, basée sur l’autonomie, et un système de récompense souvent fondé sur la recherche.

- Tout nouveau développement en matière de cyberformation dépend clairement de la création d’un cercle d’adeptes au sein des établissements et entre eux et, d’une façon plus générale, de la mise en place de mécanismes de gestion des connaissances en rapport avec ce type d’activité.

- Les établissements d’enseignement supérieur estiment que l’intérêt de sous-traiter les activités est minimal ou se situe dans le court terme, et ils s’attachent rarement dans leur stratégie à mettre des matériels pédagogiques à la disposition de tiers. Les partenariats et la constitution de réseaux pourraient encore être utilisés plus efficacement pour renforcer l’apprentissage organisationnel au niveau du secteur.

- Le coût n’est cependant pas le seul problème. La cyberformation peut-elle améliorer la qualité de l’enseignement proposé ? L’amélioration globale des parcours d’études grâce aux offres de prestations en ligne donne à penser que c’est le cas, ce qui pourrait être un argument pour accroître l’utilisation de la cyberformation.

 

Pour le rapport complet :

La cyberformation dans l’enseignement supérieurOCDE - Octobre 2005 - Document .pdf

e-Learning in tertiary education

 

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