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Société droguée

Par Thot , le 21 juin 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Stigmatiser et punir les utilisateurs de drogues ne mène nulle part, sinon qu’à une illusion d’avoir fait quelque chose qui ne résout rien. C’est d’ailleurs une approche qu’évitent de plus en plus les gouvernements, dont celui de la France. Sauf que le problème demeure : malgré tous les efforts, la consommation mondiale de drogues croît systématiquement, partout. Certains pays sont même reconnus pour leurs drogues : Colombie-Cocaïne, Maroc-Hashish, Afganistan-Opium, Éthiopie-Khat, France-Vin, et bien d’autres régions. C’est que devant l’effondrement des prix de la plupart des cultures d’exportation, comme le café, et l’importation d’aliments subventionnés, la seule voie de survie des agriculteurs et souvent des économies de ces pays devient la culture de substances «toxicomanogènes». Mais ce n’est pas tout, les miracles de la biochimie font en sorte qu’il est de plus en plus facile d’induire ou de contrer n’importe quel état mental ou physique : se calmer, se désangoisser, améliorer sa performance, dormir, se tenir éveillé, se détendre, se concentrer, s’amuser, même s’exciter, se faire pousser des muscles, se fertiliser, empêcher la conception ou rajeunir. Ce qui nous mène directement vers un vieux rêve de l’humain : s’affranchir des limites du corps. Mais s’affranchir des limites physiques par une solution chimique risque de nous mener directement vers un cul-de-sac, tout aussi physique. Cette frénésie de la performance, du toujours plus, mieux et à moins cher encourage production et consommation de drogues. Ajoutez-y la promotion de l’alcool, du viagra, du ritalin, des antidépresseurs, des anxiolytiques, des stéroïdes, du botox, etc. et l’attrait de profits de plus en plus intéressants et nous arrivons à déceler des motivations de certaines compagnies qui n’ont plus rien à voir avec le bien public. Ces dernières recherchent le contrôle des sources de financement (fixation des prix, plans d’assurance, assurances-médicament collectives ou étatiques), des sources de production (contrôle des solutions alternatives comme l’interdiction de la vente libre de plantes médicinales et même, sommet du ridicule, des vitamines), toujours sous le prétexte de la protection de la santé publique, qui rime plus avec protection des profits. Pour un cas de problème avec le mille-pertuis, on en trouve 1 000 d’intoxications diverses aux médicaments. N’importe quelle salle d’urgence en est remplie. Vieux, jeunes, adultes, étudiants, tous sont ciblés comme «marché» par ces compagnies. Le rapport avec l’éducation ? Le budget mondial consacré aux drogues illégales dépasse celui de l’éducation. Celui consacré aux drogues légales presqu’autant. Avec quels résultats ? Toujours plus de drogues. Et ceci sans compter les budgets consacrés à la lutte contre les drogues et aux problèmes connexes associés : criminalité, accidents, pauvreté, maladie, marasme économique, etc. Les gouvernements ne s’y trompent pas : les drogues décomposent le tissu social. Cependant, la solution appelle un changement de priorités sociales et une solidarité qui dépasse les frontières, à commencer par des règles de commerce équitable et l’arrêt des subventions agricoles. Devant les quelques cours à distance et sites de références en rapport aux drogues, on constate la pauvreté de nos réponses collectives. Le débat n’est pas très populaire. Nous croyons que l’éducation a un rôle majeur à jouer; on ne peut laisser seuls la police et les politiciens faire face au problème; ils ne sont pas assez forts et n’ont pas de réponses efficaces. De notre côté, l’éducation aux drogues n’a peu de résultats tangibles à afficher, mais l’éducation au bonheur, à la solidarité, aux valeurs sociales, aux compétences a, elle, bien plus d’effets. Créons et rendons plus de cours accessibles, dans tous les domaines ! Heureusement, on n’attend pas... plusieurs trouvailles intéressantes de l’équipe cette semaine : cours, programmes, plans et idées d’action, de formation et d’information sur les drogues; les aspects pédagogiques de l’apprentissage individualisé et géré par l’apprenant; les citoyen(ne)s créateurs de savoir et l’incidence sur la formation à distance; l’art du marketing pour une école en ligne publique; les ressources de références pour rédiger une thèse; un cours à distance sur la langue des signes et des millions de résultats du Bac et brevet en ligne. Bonnes découvertes, Denys Lamontagne Martine Jaudeau

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