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Alors, on en fait quoi de tous ces outils ?

Par Martine Dubreucq , le 11 octobre 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 13 octobre 2009

Le site Franc-parler a tout simplement interrogé ceux qui sont déjà convaincus et qui utilisent des blogs, des plates formes sociales, des agrégateurs avec leurs classes françaises.

Curieusement, ce ne sont pas les professeurs de langues qui sont les plus représentés sur ce site s'adressant aux professeurs de français langue étrangère en France ou à l'étranger. Le dossier permet cependant de se faire une idée précise des modalités d'intégration des nouveaux outils dans les classes de l'Éducation nationale, au niveau du primaire et du secondaire principalement.


Des outils pour quoi faire ?

Chaque famille d'outil est clairement définie, assortie de son mode d'emploi et accopagnée d'exemples :

  • Ning
  • Twitter
  • Netvibes
  • Blogs

A travers les témoignages, les avantages et les limites de ces outils sont bien explorés. Les exemples d'utilisation de Twitter sont à cet égard très stimulants :

  • Débats entre élèves,
  • Agrégats de recherches,
  • Prises de notes,
  • "Interrogations flash", de petits tests de quelques questions simplissimes pour évaluer l’état de l'attention en cours.

Les limites d'un outil comme Netvibes sont manifestes pour certains enseignants : lourd à charger et par conséquent impossible à utiliser en classe, incompatible avec les ENT, il est un peu complexe pour des collégiens.


- Premier constat : l'investissement professionnel dans les outils du Web 2.0 est individuel.
C'est très manifestement seul que l'on se lance dans des activités un peu pionnières et il assez peu fait mention de groupes de travail, de dispositifs d'aide et d'encadrement . C'est le professeur qui choisit de se lancer dans expérimentations, un peu comme un artiste de cirque bricolerait un numéro.


- Deuxième constat : il n'y a pas de constante et la lecture des témoignages montre bien que chaque professeur est un virtuose du bricolage, qui teste sans cesse, observe les actions et réactions de ses partenaires les élèves, et se régale en le faisant. Car ce qui motive profondément tous ces enseignants, c'est le caractère ludique de ces expériences :

« Soyons fous, et imaginons : et si les élèves avaient la possibilité d’envoyer des tweets pendant le cours, au fur et à mesure qu’une question leur vient, ou pour partager un lien qui illustre ou contredit l’exposé de l’enseignant ? »


- Troisième leçon qui semble être au cœur des problèmes que posent ces nouveaux outils dont la pérennité n'est pas garantie (existeront-ils encore gratuitement l'année suivante, les données seront-elles effacées ?) : il faut éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier. Tout ce qui se fait en ligne doit être sauvegardé en double sur un ordinateur propriétaire ou bien trouver son équivalent sur un autre service. Le travail requis n'est donc pas anodin, comme le laisseraient entendre les discours vendeurs ("votre plate-forme en trois clics !").

Si l'on veut des solutions plus autonomes comme des plates-formes libres, il faut hélas beaucoup plus de compétences en informatique. Ceci implique alors des collaborations plus compliquées à mettre en place, une sorte d'ingénierie de formation plus ambitieuse qui sortirait l'enseignant de cette expérimentation souple et libre.

Les outils du Web 2.0 dans leur multiplicité, leur abondance mais aussi leur côté éphémère semblent épouser les habitudes de certains profils d'enseignants, que l'idée d'avoir à tout reconstruire sans cesse ne rebute pas. Il n'est pas sûr que ce soit le cas de la majorité des enseignants...

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