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Côte d’Ivoire : la formation à distance donne des diplômes à 600 impétrants

Par Louis-Martin Essono , le 29 février 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Les choses qui se déroulaient ailleurs commencent à se produire chez nous. Il était en effet difficile de faire comprendre à ses travailleurs, salariés de surcroît, que la formation continue était pour eux nécessaire pour la performance dans leur métier et pour une remise à niveau parfois indispensable.

Il était aussi difficile de voir tant de gens accepter de sacrifier de leur temps, par ces temps de crise et de vaches maigres pour s’adonner aux études et au recyclage. La plus grande rareté concerne la collation des diplômes, qui avait très longtemps disparu, à moins de ne considérer que les attestations de stage sans valeur réelle du point de vue de l’amélioration de la carrière des apprenants.

La Côte d’Ivoire, qu’on avait pratiquement oubliée dans le domaine de l’enseignement à distance, reprend, si l’on peut dire, du poil de la bête, elle qui ne cesse de déverser sur le terrain, des centaines de personnels de tous bords qui ont pris part à une série de stages à distance. Il y a trois ans, en janvier 2001, 33 cadres nationaux formés par vidéo-conférence pour les projets de développement avaient reçu des attestations de formation.

Cette formation, initiée par l’institut de la Banque Mondiale, avait permis aux 33 spécialistes ivoiriens en poste dans les missions de cette institution, d’échanger avec d’autres participants se trouvant au Bénin, au Sénégal, au Mali, au Niger, au Togo et au Tchad par le biais de la vidéo-conférence. Ces cadres étaient issus des secteurs public et privé et de la société civile, avaient reçu une formation sur la mise en place des stratégies de communication efficaces afin d’appuyer les projets élaborés par la Banque mondiale dans leur pays, notamment la santé, l’éducation, le développement du secteur privé et l’environnement.

La dernière cohorte, plus nombreuse, comporte aussi des professionnels qui ont accepté de revenir se former. Ils représentent les secteurs privé et public, des ONG, des clubs services etc. et ont reçu la formation en macro économie, en micro finance, en bonne gouvernance, en santé, en éducation, en protection sociale et dans la lutte contre la pauvreté.

Les cycles de formation durent cinq à dix semaines avec en moyenne trois heures de cours via la vidéo-conférence, par semaine. Ce Centre, créé en octobre 2000, n’a pas de site Internet, a formé 2600 travailleurs et a dispensé 2000 heures de cours ainsi que le révèle le quotidien Le Patriote.

Il n’est pas sûr que, sans l’aide de l’état, le Centre survive, compte tenu de nombreux aléas et des difficultés rencontrées. L’expérience réussie de cet établissement montre également que l’Afrique peut gagner des batailles de développement et d’éducation pour peu qu’elle le veuille elle-même. La démultiplication qu’offrent de telles formations peuvent contibuer à réduire, d’une manière ou d’une autre, la dépendance dont souffre cruellement l’Afrique.

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