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Banque Mondiale : éducation de base, sida et enseignement à distance

Par Louis-Martin Essono , le 15 mars 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La Banque Mondiale a publié, en septembre 2003, un ouvrage très pathétique qui fait le point sur la pandémie du sida dans le monde, mais principalement dans les pays sous-développés. L’objectif de cet ouvrage, qui collectionne des contributions de quelques spécialistes de la planification de l’éducation, vise à montrer que c’est l’éducation de base qui constitue la solution idéale susceptible de réduire la propagation toujours croissante de l’épidémie.

L’éducation de base doit pouvoir permettre, lit-on dans ce collectif, au moyen du programme Éducation Pour Tous, que tous les enfants du monde soient à l’école jusqu’à 2015. Si un enfant est éduqué, il peut acquérir des comportements d’évitement d’infection de la pandémie. Par cette éducation, ils peuvent aider d’autres personnes à modifier "positivement" leur comportement. L’espoir est de voir les enfants aller le plus loin possible et atteindre au moins les niveaux les rendant capables de lire et d’écrire. Vu l’ampleur de la tâche et les coûts induits, la Banque Mondiale suggère aux pays sous-développés d’adopter l’enseignement à distance.

Dans les cinq chapitres qui structurent ce livre impressionnant qui donne l’état du sida en Afrique, la zone de prédilection, rien ne laisse entrevoir que la convocation de la formation à distance revêt une importance très grande en Afrique et dans les lieux où sévit la pandémie. Le premier chapitre évoque la problématique de cette pandémie et ses liens avec l’éducation. Le deuxième chapitre examine l’impact du sida sur cette éducation. Les trois derniers chapitres portent sur les différentes réactions des pays touchés face à la pandémie et sur les stratégies d’action à prendre contre le sida et enfin, le rôle de la Banque Mondiale dans l’élaboration des approches susceptibles, par l’éducation, de prévenir cette catastrophe humanitaire.

Tous les contributeurs s’accordent sur le fait que l’éducation de base doit figurer parmi les priorités des pays pour amener les jeunes à changer de comportements et d’attitudes pour ne pas s’infecter. L’éducation, "qui est une machine importante du développement économique et social, se présente comme un moyen efficace de prévention du sida."

Un des passages de la fin du chapitre 3 relève que "l’enseignement à distance est un moyen innovateur qui aide à contenir les coûts. Le coût par étudiant de l’EAD s’élève de 33 à 66% pour les programmes conventionnels s’il faut former un enseignant et entre 5 et 20% pour certains programmes du secondaire et enfin de 13 à 73% pour le niveau supérieur, à travers les universités libres".

Le document, encore en version anglaise, donne le frisson par ses chiffres traumatisants. En effet, à la fin de 2001, plus de 40 millions de gens vivaient avec le virus. 25 millions en sont morts et 15.6 millions représentent des enfants de moins de 15 ans qui ont perdu un parent et qui ne peuvent plus aller à l’école.

Dans le monde, plus de 113 millions d’enfants en âge scolaire ne vont pas à l’école dans les pays sous-développés. L’impact du sida sur l’éducation et sur la demande pour l’éducation est aussi traumatisant. Les enseignants s’éteignent en un rythme plus grand que l’on en forme.

La solution est de mettre les enfants à l’école où, par le principe de la planification, des stratégies multiples sont appliquées pour qu’ils apprennent comment éviter de s’infecter, pour acquérir la prise de bonnes décisions dans les choix de vie, pour acquérir le réflexe du préservatif et aller plus loin à l’école.

Pour atteindre le plus de jeunes et d’adultes possible, La Banque Mondiale développe des arguments en faveur de l’utilisation de l’enseignement à distance dans les pays sous-développés. Chacun des 5 chapitres le convoque et le célèbre. Les raisons économiques sont évoquées en premier lieu, ensuite la situation relative à la pénurie d’enseignants entraîne presque forcément ce mode d’enseignement.

Les désistements, la cherté de la scolarité, l’éloignement des centres scolaires, la maladie sont autant de raisons que donne la Banque Mondiale pour que les pays sous-développés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud acceptent d’inscrire l’EAD dans les priorités de l’éducation afin que les jeunes soient scolarisés, acquièrent, non seulement l’instruction, mais une éducation de base qui, seule, permet d’éviter des infections au VIH.

L’ouvrage n’est disponible qu’en anglais. Le titre en français pourrait être

L’éducation et le VIH/Sida. Une fenêtre d’espoir

Zone Afrique. Éditions Banque Mondiale et Sherpa. Septembre 2003

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