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Investir dans les programmes de la petite enfance, littéralement.

Par Denys Lamontagne , le 03 novembre 2003 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Mieux que dans les zones franches, les stades et les usines, l’éducation pré-scolaire pour tous les enfants de familles à bas revenus est le meilleur investissement pour les États.

L’idée n’est pas neuve,mais elle est maintenant appuyée par des poids lourds dont Art Rolnick, chef de la recherche à la Minneapolis Federal Reserve Bank.

Investir de l’argent dans les programmes de la petite enfance est probablement la meilleure forme de développement économique qui existe, avec des taux de rendement qui dépassent les marchés d’actions et peuvent résulter en plus d’économies pour les États que n’importe quel autre programme social. Et de loin mieux que tous les programmes de subventions aux entreprises.

La petite enfance plutôt que l’âge adulte

Les études démontrent par ailleurs qu’il est préférable d’investir dans la petite enfance plutôt que dans les programmes de formation pour les adultes, beaucoup plus coûteux et moins efficaces.

Comparaisons de coûts

Les ratios coûts/bénéfices sont appuyés par deux études récentes étendues depuis 1960; la première portant sur un groupe restreint de 150 jeunes :

  • même si les gains de quotient intellectuel disparaissent à l’école élémentaire, ceux concernant les habiletés sociales et intellectuelles persistent jusqu’à l’âge adulte.
  • à 27 ans, plus du tiers des enfants de l’étude sont propriétaires de leur maison comparé à 7 % pour le groupe de contrôle;
  • 4 fois plus d’étudiants de l’étude gagnent au moins 2 000 $/mois comparés à ceux du groupe de contrôle;
  • deux tiers des enfants de la recherche ont gradué du High School (lycée) normalement (dans les temps), comparé à moins de la moitié pour le groupe de contrôle.
  • Seulement 15 % ont eu besoin de services d’éducation spécialisée comparé à plus du tiers pour le groupe de contrôle;
  • les étudiants de l’étude sont également moins susceptibles de recevoir de l’aide sociale (SMIC ou autre) ou d’être arrêté pour crime et les femmes sont 5 fois plus susceptibles d’être mariées et moins fréquemment mères-célibataires.

Le coût du programme était d’environ 15 000 $ en dollars de 2002. Les bénéfices pour la société sont autour de 145 000 $. En d’autres mots, pour chaque dollar investi, vous en récoltez 9,66 $

À une plus large échelle

Une autre étude étendue à tout un district scolaire de Chicago, impliquant plus de 1 300 étudiants, démontre des résultats similaires : un retour de l’ordre de 7 à 8 $ par dollar investi.

«Aucune autre programme n’a de telles preuves à son appui» affirme Arthur Reynolds, l’auteur de l’étude.

Une troisième étude sur un programme très coûteux d’éducation à la petite enfance démontre la même tendance, mais avec moins de retours sur l’investissement en raison du coût élevé au départ.

En conséquence, divers groupes d’action sociale estiment qu’ils devraient être invités aux tables de négociation gouvernementales quand il est temps de discuter de budget. Ils ont de meilleurs chiffres à présenter que n’importe quel projet de stade de sport professionnel.

Pour l’article complet : ’Invest in kids’ taken literallyEconomists say money put toward early-childhood programs offers great returns and may be the best form of economic development out there.

par MAJA BECKSTROM, Pioneer Press

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