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Francophonie : éducation, alphabétisme et illettrisme francophones.

Par Louis-Martin Essono , le 05 février 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La présentation de cette dernière édition de l’Etat de la francophonie est particulièrement agéréable. Sa couverture, blanc-bleu, prend le monde dans son giron fond bleu-ciel dans un globe sphérique où semblent égaux tous les partenaires auxquels s’ajoute le reste du monde.

Editée par Larousse sous la direction de Christin Valentin, ce beau livre, intitulé

La francophonie dans le monde 2002/2003

s’articule sur cinq parties. La première, qui compte trois chapitres, livre au monde l’état de la francophonie dans le monde. Les tableaux, les figures et les schémas appuient une argumentation relative à l’état et au statut des langues dans les états membres de l’ OIF, à la situation du français dans les organisations internationales et à la coopération entre les aires linguistiques.

La deuxième partie, riche de six chapitres, est entièrement consacrée à l’enseignement et à la diversité à tavers les apprenants et les enseignants, à l’enseignement bilingue, à l’enseignement des langues nationales, à la mobilité des enseignants en zone francophone, à l’éducation des filles en Afrique subsaharienne, à l’enseignement à distance et l’alphabétisation des adultes.

Une troisième partie, tout aussi riche, est réservée à la culture et à la création. Elle aborde les problèmes de diversité culturelle, des éditions, du cinéma, de la musique et des prix. La communication et la solidarité économique se partagent les deux dernières parties.

Les problèmes d’éducation, évoqués en deuxième partie, retiennent forcément l’attention relativement au succès fou que rencontre la francphonie dans le monde. Si les problèmes de la crise économique sont transversaux, leurs séquelles sont douloureusement ressenties dans les Suds. C’est l’un des mérites de cet ouvrage de présenter à froid et avec pertinence et ferveur, la verdeur et la réalité des situations.

Si l’on regrette cependant le traitement lapidaire de l’enseignement à distance du ou en français, on est rassuré de voir les efforts qui sont effectués par les Etats et les Gouvernements membres de l’OIF en matière de formation à distance. La matière est frugale pour l’Afrique et l’Océan Indien qui comptent ensemble 5 pays où se dispensent des cours de et en français par la formation à distance. Le Cap Vert, la Guinée-Bissau, la Guinée Equatoriale, le Mali et la Mauritanie. Il s’agit probablement des lycées français, et l’on signale encore le défunt Canal Educatif Francophone que Thot avait déjà présenté.

Mais on est ravi d’apprendre qu’au Viet-Nam, 10 007 élèves au primaire et 7 642 au secondaire utilisent, depuis la fin de 2002, le site ressource des classes bilingues dispensées dans le Refer vietnamien . Au niveau supérieur, y lit-on encore, p.129, "une formation des enseignants par télé-enseignement est assurée par l’ Université de Rouen. Le système [email protected], déjà présenté dans Thot semble avoir connu un très grand succès dans les pays francophones. Le dossier, trop bref, se poursuit dans l’action que mènent les Etats non membres de l’OIF.

Le chapitre 7 de ces états concerne l’alphabétisation des adultes et la lutte contre l’illettrisme dans les pays francophones. Une page entière, p.145, livre un clarification des concepts sur l’alphabétisme, l’illettrisme, l’éducation (non) formelle et informelle.

L’ouvrage reconnaît le fossé abyssal qui existe entre les pays industrialisés et les pays en (voie de) développement. Et l’Afrique subsaharienne, sur la foi des sources issues de l’ Unesco et par rapport au 563 millions d’analphabètes du monde entier, s’empare du maillot jaune grâce à ses 142 millions d’analphabètes, juste après l’Asie et ses 429 millions d’analphabètes.

Sont ensuite présentés et analysés, les politiques d’alphabétisation et le rôle des associations. Un classement sur l’alphabétisme dans les pays francophones est présenté en pp.150-151 et propose des taux d’alphabétisation qui datent tout de même de l’an 2000. En Afrique subsaharienne, 2 524 millions d’adultes rrésentent, à cette date, le nombre total d’analphabètes recensés ayant été pris en charge par les stuctures officielles.

Quant à l’illettrisme, qu’il ne faut pas confondre à l’analphabétisme, l’ouvrage avoue explicitement, p.155, qu’il "n’existe pas de programme spécifique" à l’OIF pour lutter contre ce fléau.

La diffusion des documents tels que celui qui vient d’être sommairement présenté pourrait être encouragée afin que les chercheurs, les étudiants et la population soient informés de la situation réelle. Ces ouvrages, sommeillent dans des bibliothèques et demeurent inconnus. On pourrait alors réaliser le voeu d’Abdou Diouf, celui de disposer de données aussi fiables que possible sur la place du français, sur l’enseignement de la langue française, sur le dynamisme des activités culturelles francophone et sur les relations économiques entre les pays membres de l’OIF.

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