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Console économique donnant accès au courriel, au Web et à la formation à distance

Par Denys Lamontagne , le 20 décembre 1999 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Pour plus de 3 milliards de personnes qui ne gagnent pas 200 $ par an, l’accès à l’éducation supérieure n’est qu’une faible probabilité. Il y a plus de "chances" pour eux d’attraper la malaria ou le sida qu’un diplôme de fin d’études secondaires.

La formation à distance pourrait être une solution; mais ses coûts sont encore trop dispendieux pour la majorité. Reste la formation en réseau : si la connaissance universelle est virtuellement accessible, il y a beaucoup de chemin à faire pour rendre cet accès réel.

La console de rêve

Produire une console monobloc à courrier électronique et Web, pouvant être utilisée à partir de n’importe quel serveur à accès gratuit, et possédant les caractéristiques suivantes :

  • Cette console coûte moins de 200 $ à produire.
  • Elle jouit d’une autonomie énergétique importante, sera rechargée à manivelle ou fonctionnera à l’énergie solaire.
  • Elle posséde une mémoire suffisante pour les besoins d’un cours de formation normal, par courrier électronique, avec les devoirs, les exercices et les échanges de courrier.

Des pistes

  • Le papier électronique est au point; à 5 cents la page, cela ne fait pas cher pour un écran. D’autant plus que ce «papier» jouit d’une résistance peu commune et ne nécessite aucun rétro-éclairage; on peut le réexposer indéfiniment. On peut également avoir autant d’écrans que l’on veut, on a qu’à changer de feuille.

    Mieux encore, des développements récents rendent la couleur possible et même l’affichage de vidéo tant la vitesse de réponse est rapide.

  • Le numériseur magnétique nécessaire n’est qu’une variation de ceux que l’on trouve dans n’importe quel photocopieur ou fax. Avec cela, plus besoin d’écran cathodique, ni de courant électrique continu. 30 $
  • Les consoles de courrier électronique existent déjà. Par exemple Mailbug est lié à un serveur sur abonnement à 100 $ /an, mais on s’approche de ce qui est recherché. Le principe est là. 30 $
  • La mémoire électronique vive et de stockage (Flash) est de moins en moins dispendieuse à produire et ses coûts par meg continuent de diminuer. Ce ne sera bientôt plus qu’une considération accessoire. 30 $
  • Il est possible de lier tout ça avec un téléphone cellulaire... on en arrive à Internet. Regardez bien l’image sur la page d’accueil de e-ink.
  • La génératrice à manivelle est déjà disponible et est diffusée dans tous les pays, spécialement pour les radios portatives et l’éclairage d’appoint. 40 $

    (L’histoire de la compagnie Baygen est d’ailleurs édifiante : ses produits sont fabriqués en Afrique, pour les besoins réels de la population et par des employés qui ne sont pas tous avantagés par la vie...)

  • On trouve de plus en plus de services d’accès Internet gratuits et tous les pays pourraient en offrir à leurs citoyens, au moins pour le courrier...

Bref, en fabriquant quelques millions d’unités par an, on devrait pouvoir les produire à 200 $ et permettre l’accès aux cours, à l’apprentissage en réseau et au tutorat par courrier électronique à l’échelle du globe.

Le projet Simputer

Le projet SIMPUTER (Simple, Inexpensive, Multilingual, People’s Computer), dont nous vous parlons depuis plusieurs années, est presque complété : au moins deux compagnies le fabriquent, mais encore en petites séries. Son coût est de l’ordre de 200 $.

Le Simputer s’est concentré sur un système accessible économiquement et physiquement aux milliards de personne qui ne savent que peu ou pas écrire. Sonore, il peut être commandé à la voix et fonctionne sous des licences GPL (Open source). En cinq ans le projet est finalement abouti; reste à affronter la production et la mise en marché... un défi au moins aussi difficile que ce qui a précédé.

Il est déjà utilisé dans plusieurs projets d’éducation.

Le financement

Vous avez raison, 200 $ c’est encore trop cher. Mais c’est moins cher que de rester ignorant et sans moyens. C’est ici que les initiatives de micro-crédit et les plans de financement internationaux prennent leur sens. Ces outils peuvent être assumés par les communautés et le financement en partie supporté par des gouvernements. On le fait déjà pour plusieurs équipements.

Toute réalisation commence quelque part,      là où quelqu’un prend une responsabilité.

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