Articles

France : Alphabétiser les immigrés par autremonde

Par Louis-Martin Essono , le 28 juillet 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

L’Afrique est maintenant consciente du danger qui la guette. La fuite des cerveaux inquiète de plus en plus les sociétés actuelles. Mais elles avouent aussi leur impuissance vis-à-vis de cette situation de délabrement pécuniaire dont elles sont pourtant à l’origine. Les salaires sont désespérément bas, la santé est asymptotique et l’éducation en régression. Les appels et les invites subtils de l’Occident qui n’accueille que les

grands

intellectuels et exclut les pauvres désireux, aux aussi du bien-être.

L’actualité de ces derniers jours montre combien les frontières européennes subissent les assauts de la misère malgré d’énergiques mesures dissuasives que prend le Contient de l’espoir pour bloquer l’entrée des pauvres. Quelques uns d’entre eux sont parvenus à franchir ces frontières, apportant avec eux le lot de misères et les déceptions sociales dont ils cherchent à se débarrasser une fois au pays de l’opulence virtuelle.

La désillusion est forte et traumatisante. Dieu merci, il se trouve des associations, des organismes qui tentent de resocialiser les immigrés une fois installés en France par exemple. L’accueil dans les différentes collectivités, les services sociaux, les regroupements aident les nouveaux arrivés à s’établir.

L’un des plus rands obstacles concerne précisément la langue. La langue est l’outil naturel et humain de la communication entre les individus. Elle a des normes dont la transgression permanente brise la communication. Les immigrés l’ont vécu à leurs dépens. Et l’Association autremonde a pris en charge l’alphabétisation de ces personnes comme l’atteste ce récit réalisé au foyer social de La Bellièvre dans le 13ème arrondissement de Paris en France.

Depuis octobre 1994, suite à une opération menée au Rwanda, quelques jeunes décident de faire différemment de l’ humanitaire Cette association est née d’un objectif : faire de l’humanitaire autrement. Elle a ainsi développé une pratique originale de l’action humanitaire. L’originalité repose d’abord sur la forte implication des jeunes bénévoles - actifs de la conception à la réalisation des projets - et sur un esprit de parité avec les bénéficiaires des actions menées. autremonde s’attache enfin à développer des collaborations fructueuses et enrichissantes avec l’ensemble du monde associatif.

Sensibilisé par la déréliction des jeunes immigrés en France dû l’ignorance, à l’impossibilité de ces populations à s’exprimer en français, actions variées, on cherche à favoriser l’insertion des migrants, les cours qui leur sont donnés aident à les rendre autonomes pour s’orienter et communiquer dans un environnement nouveau pour eux, de par sa langue et ses codes sociaux.

On se demandera pourquoi donc les pays d’appartenance laissent leurs ressortissants s’exiler. Certes, la diaspora qu’ils constituent représente aussi une bonne source de revenus comme le montrent les très nombreuses études sur la diaspora africaine en Occident. De vrais problèmes se posent donc sur l’éternel analphabétisme, sur les budgets mineurs alloués à l’Éducation et à la Santé contrairement aux Forces Armées, sur la répartition équitable des richesses réelles des pays, sur l’orientation des aides reçues de l’étranger, sur les bénéfices divers.

Il est temps, pour l’Afrique, de se prendre en charge, d’éduquer ses populations. Il est temps pour l’Afrique de tendre la main. Pour donner. À moins qu’il ne s’agisse d’une bien vielle dette que l’Occident doit payer.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné